Interview
MotoGP GP de France

L'exemple dont le MotoGP veut s'inspirer après le GP de France

Si la France reste boudée par la F1, elle fait office de rendez-vous le plus populaire en MotoGP. Un Grand Prix qui n'a de cesse de battre des records et de s'attirer les louanges du public comme des commerciaux, au point d'être aujourd'hui l'exemple dont il faut s'inspirer.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

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Le MotoGP a connu en France un week-end sans précédent dans l'ère moderne des Grands Prix. Près de 300 000 entrées ont été comptabilisées, un chiffre que l'on retiendra ainsi arrondi pour la postérité et qui recense les spectateurs présents le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche.

Dans le détail, ce qui frappe c'est à la fois le fait que le circuit ait compté 119 145 entrées individuelles au plus fort du week-end, le dimanche, et que le public ait plus volontiers étendu sa présence sur plusieurs jours (le samedi a fait un bond de 56% pour dépasser les 92 000 personnes) alors que les statistiques montrent que 70% des fans européens de sports mécaniques n'assistent aux Grands Prix que le dimanche. "Nous devons nous battre pour changer cette tendance", affirme à Motorsport.com Claude Michy, promoteur du GP de France, qui a donc bel et bien fait un pas en avant marquant sur ce point cette année.

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Ce succès n'est pas étonnant vu de France, tant on connaît la passion investie par Claude Michy et ses équipes tout autant que les recettes intelligentes qu'ils ont mises en place et qu'ils s'évertuent à peaufiner d'année en année.

Passé par le football, cet Auvergnat a été président du Clermont Foot Auvergne 63 pendant 14 ans. Ses idées quant à la manière de procéder pour réussir, il les a appliquées à la moto quand il a pris les rênes de ce Grand Prix, il y a 31 ans, "sans circuit, sans moto, sans rien d'autre". Lui, ce qu'il aime, ce sont les idées et les gens. Pas question de se perdre dans les écrans, il n'a pas d'ordinateur et confie tous les aspects technologiques essentiels à ses équipes, emmenées par ses enfants, tandis qu'il se focalise sur l'humain.

Claude Michy

Claude Michy, promoteur à succès du GP de France MotoGP.

Photo de : Marc Fleury

La finalité ? Contenter les dizaines de milliers de personnes qui, chaque année, convergent vers Le Mans. "Je travaille dur pour m'assurer qu'il y ait un partenaire pour chaque service que nous offrons. Dans mon esprit, il ne s'agit pas seulement d'une course, mais d'un grand festival, d'un rêve réalisé sur le circuit et en dehors."

Au Mans, au prix du billet s'ajoutent un ensemble de services complémentaires allant de la gratuité des autoroutes et des parkings à des consignes de casques, des écouteurs pour suivre la radio officielle et les nombreuses et spectaculaires animations qui couvrent le week-end. Sans oublier ce qui est peut-être l'élément le plus important pour installer ce succès dans le temps : "C'est gratuit pour les moins de 16 ans. Il s'agit de cultiver les générations futures et les familles qui viennent au circuit pour passer un bon moment. En retour, les investissements proviennent d'autres sources, à travers la collaboration des parties prenantes et des collaborateurs."

Le patron de PHA n'en démord pas, ce qui est essentiel c'est de placer le public au cœur du dispositif, de penser à lui à chaque recoin du circuit et de miser sur l'émotion qui lui est offerte à travers l'ensemble de son expérience sur place. "L'émotion et la satisfaction des gens qui viennent sur les courses sont ce que nous nous efforçons de cultiver", explique Claude Michy. "Ce n'est pas le prix du billet qui compte, mais les avantages et les services qu'il offre."

En suivant cette vision des choses, le GP de France tient bon. Même lorsque d'autres épreuves peinent à remplir leurs tribunes, ébranlées par les suites de la crise sanitaire ou une situation économique instable dans le monde, Le Mans ne faillit pas. Alors, à la Dorna, on suit attentivement ce que réalise Claude Michy, l'un de ceux que consulte volontiers Carmelo Ezpeleta. "Carmelo Ezpeleta est un homme avec qui il est très agréable de travailler. Chaque fois que j'ai une nouvelle idée, il nous motive à la mettre en œuvre", souligne d'ailleurs le Français.

Les rencontres avec les pilotes, un des moments forts du week-end au Mans.

Les rencontres avec les pilotes, un des moments forts du week-end au Mans.

Photo de : Gold and Goose / Motorsport Images

Son modèle, singulier mais couronné d'un succès impressionnant, a également tapé dans l'œil de Dan Rossomondo, arrivé il y a un an au poste de directeur commercial. Cet ancien de la NBA apprécie particulièrement la manière dont le GP de France place ses spectateurs au centre de tout.

"Il s'agit de travailler plus étroitement avec les promoteurs afin d'améliorer l'expérience de la course et d'être vraiment centré sur le fan", observe l'Américain. "Claude est un excellent exemple de la manière dont on peut prendre notre produit de piste, inégalé, et l'associer à l'engagement des fans tout au long du week-end. Il a également fait un travail formidable pour encourager la prochaine génération de fans en leur offrant un accès, ce qui est imité par d'autres circuits."

"Nous sommes le seul promoteur privé du calendrier", souligne Claude Michy, "ce qui nous oblige à investir beaucoup, à prendre des risques et à essayer de satisfaire les attentes de nombreux fans." Et lui-même reconnaît que chaque pays a sa propre culture et ses spécificités, si bien qu'il n'est pas garanti que ce modèle puisse se reproduire à l'identique pour d'autres Grands Prix.

Mais à l'heure où le calendrier MotoGP lorgne sur de nouvelles destinations pouvant faire vaciller la place d'épreuves européennes, à l'heure aussi où Liberty Media entend booster la popularité du championnat pour le faire entrer dans une nouvelle ère, le modèle sinon à copier, tout du moins à étudier pour s'en inspirer pourrait bien être celui de cette alliance réussie entre Auvergne et Sarthe.

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Les plus belles photos du GP de France MotoGP

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team
Johann Zarco, LCR Honda Team
Francesco Bagnaia, équipe Ducati
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Fans
Jorge Martin, Pramac Racing
Francesco Bagnaia, équipe Ducati
Miguel Oliveira, Trackhouse Racing Team
Pedro Acosta, Red Bull GASGAS Tech3
Raul Fernandez, Trackhouse Racing Team
Maverick Vinales, Aprilia Racing Team
Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Marc Marquez, Gresini Racing
Fabio Di Giannantonio, VR46 Racing Team
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Francesco Bagnaia, équipe Ducati
Joan Mir, équipe Repsol Honda
Raul Fernandez, Trackhouse Racing Team
Raul Fernandez, Trackhouse Racing Team
Francesco Bagnaia, équipe Ducati
Marc Marquez, Gresini Racing
Miguel Oliveira, Trackhouse Racing Team
Fabio Quartararo, chute Yamaha Factory Racing
Fabio Quartararo, chute Yamaha Factory Racing
Fabio Quartararo, chute Yamaha Factory Racing
Fabio Quartararo, chute Yamaha Factory Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Francesco Bagnaia, équipe Ducati
Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing
Maverick Vinales, Aprilia Racing Team
Franco Morbidelli, Pramac Racing
Marc Marquez, Gresini Racing
Marc Marquez, Gresini Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Johann Zarco, LCR Honda Team
Marc Marquez, Gresini Racing
Johann Zarco, Team LCR Honda, Miguel Oliveira, Trackhouse Racing Team, Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing, Alex Marquez, Gresini Racing
Pedro Acosta, Red Bull GASGAS Tech3
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Marc Marquez, Gresini Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
Aleix Espargaro, Aprilia Racing
Bibendum et Francesco Bagnaia, mascotte de l'équipe Ducati
Maverick Vinales, Aprilia Racing
Francesco Bagnaia, équipe Ducati
Maverick Vinales, Aprilia Racing
Fabio Di Giannantonio, VR46 Racing Team
Marc Marquez, Gresini Racing, Jorge Martin, Pramac Racing, Francesco Bagnaia, Ducati Team
Francesco Bagnaia, Ducati Team, Marc Marquez, Gresini Racing
Aleix Espargaro, Aprilia Racing
Augusto Fernandez, Tech3 GASGAS Factory Racing
Jorge Martin, Pramac Racing
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