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70 ans de Grands Prix moto
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70 ans de Grands Prix moto

1949 et années 1950 : Graham, Duke et Surtees, l'heure des pionniers

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1949 et années 1950 : Graham, Duke et Surtees, l'heure des pionniers
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13 juin 2019 à 12:00

À l'occasion des 70 ans du Championnat du monde moto, dont la première course fut disputée le 13 juin 1949, Motorsport.com vous propose de revivre décennie après décennie l'Histoire de la discipline. Focus aujourd'hui sur les prémices, avec l'année 1949 et les années 1950.

Il y aurait peu de sens de parler des jeunes années du Championnat du monde de vitesse moto, créé en 1949, sans revenir aux temps des pionniers, remontant à la première partie du XXe siècle. Si le Championnat existe depuis 70 ans, l'usage du mot Grand Prix remonte quant à lui à plus d'un siècle. Le terme fut en effet utilisé pour la première fois en 1904, à l'occasion de la Coupe Internationale des Motocyclettes, qui se tint à Paris.

Il n'allait pas falloir attendre longtemps pour que la Fédération Internationale des Clubs Motocyclistes (FCIM), soit créée, le jour suivant l'épreuve précisément, dans les jardins des Champs-Élysées. Cette instance allait dès lors régir les compétitions européennes pendant plus de 40 ans, jusqu'à l'apparition du Championnat du monde en tant que tel.

Voir aussi :

L'entre-deux-guerres : une période de gestation

Comme ce fut le cas pour l'automobile, les premiers pays à se distinguer lors des prémices furent aussi ceux qui étaient alors les plus avancés dans l'industrie du deux roues, notamment le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie. Au fil des années, les pilotes commencèrent ainsi à se rassembler, chaque printemps, pour une tournée de courses sur le Vieux Continent qui finira par prendre le nom de Continental Circus.

Néanmoins, les compétitions internationales revêtirent différentes formes durant l'entre-deux-guerres. L'un de ses premiers avatars, le Grand Prix européen, ne comprit lors de ses deux premières éditions, en 1922 et 1923, qu'une seule course, sur le circuit de Monza. Ce n'est qu'en 1939 qu'on passa à un véritable Championnat européen, proposant trois catégories, à savoir le 250cc, le 350cc et le 500cc. La première manche fut alors remportée par Stanley Woods, lors du Tourist Trophy sur l'Île de Man. Mais cette première édition n'arriva jamais à son terme en raison du début du second conflit mondial, au mois de septembre de la même année, avec l'invasion de la Pologne par l'Allemagne. 

 

La Seconde Guerre mondiale imposa de facto un hiatus dans le développement de la compétition, qui n'allait reprendre ses droits qu'en 1946. Le Championnat du monde en tant que tel allait pour sa part être créé trois ans plus tard, en 1949, (en même temps que la Fédération internationale de motocyclisme, remplaçante de la FICM) avec un premier calendrier comprenant six épreuves : le Tourist Trophy, le Dutch TT (le circuit d'Assen est ainsi le seul à encore perdurer aujourd'hui dans le Championnat du monde depuis 1949), le GP de Suisse, le GP de Belgique, le GP d'Ulster (situé dans la province nord-irlandaise du même nom) et le GP des Nations, en Italie. Pas moins de cinq catégories furent d'entrée au programme : les 125cc, 250cc, 350cc et 500cc, sans oublier les sidecars en 600cc.

Les forces en présence étaient alors similaires à ce qu'elles avaient été durant l'entre-deux-guerres, avec la Grande-Bretagne et l'Italie qui dominèrent les débats durant cette première décennie d'existence du Championnat du monde. Les Allemands, réintégrés à la compétition en 1950, soufrèrent quant à eux de l'interdiction par le règlement technique des compresseurs, qui avaient mené les BMW et les DKW à la gloire durant les années 30.

Le premier titre pour Graham

Le tout premier titre de la catégorie reine fut attribué en 1949 à Leslie Graham, un ancien pilote de la Royal Air Force, qui apportait ainsi ce qui allait rester le seul titre à la marque britannique AJS. Le pilote anglais tira profit du barème de points en vigueur au cours de cette première saison, et qui ne récompensait que les cinq concurrents les mieux classés selon la clé de répartition suivante : 10-8-7-6-5, avec un point de bonus pour l'auteur du meilleur tour en course. En fin de saison, seuls les trois meilleurs résultats étaient alors pris en considération sur le plan comptable pour déterminer le classement.

Au-delà du titre de Graham, les pilotes britanniques survolèrent par la suite la catégorie 500cc, les deux sacres d'Umberto Masetti en 1950 et 1952, et celui de Libero Liberati en 1957, faisant office d'exceptions. Dans les faits, le Royaume-Uni et l'Italie allaient se répartir les catégories avec une mainmise transalpine sur le 125cc et le 250cc, alors que les Britanniques faisaient des catégories 350cc et 500cc leurs chasses gardées. Cela n'allait pas durer éternellement, à mesure que l'industrie de la moto se renforçait en Italie, avec l'apparition de multiples marques qui allaient se révéler d'excellents outsiders, voire un peu plus, tels que MV Agusta ou Gilera.

 

C'est d'ailleurs avec cette dernière marque que Geoff Duke devint le premier pilote à instaurer une véritable période de domination sur le 500cc. Après un premier sacre obtenu en 1951 au guidon d'une Norton, l'Anglais allait remporter par la suite trois autres titres consécutifs, de 1953 à 1955, sur une machine confectionnée par la marque italienne.

Duke, la première star du Championnat du monde

Geoff Duke représente probablement la première véritable star du Championnat du monde moto. Avec pas moins de six titres acquis, deux en 350cc et quatre en 500cc, l'Anglais a en effet laissé une marque indélébile dans ces deux catégories. Arrivé en 1950 en Grand Prix pour le compte de Norton, il se montra d'emblée très performant et promis à un avenir prometteur, en terminant vice-Champion du monde en 350cc et 500cc. Dans la catégorie reine, seuls des problèmes de pneus, qui allaient le contraindre à l'abandon en Belgique et considérablement le ralentir aux Pays-Bas, le privèrent d'un sacre qui revint finalement à l'Italien Umberto Masetti.

Un passage de Dunlop à Avon en fin de saison allait néanmoins changer la donne, et lui permettre de s'imposer en Ulster ainsi qu'en Italie, et augurer d'une tout autre issue pour l'année suivante. Duke s'imposa ainsi en 350cc et 500cc en 1951, point de départ d'une période de domination qui n'allait être que brièvement interrompue en 1952 en 500cc (le titre en 350cc lui revint tout de même), toujours par Masetti. Il faut dire que ce dernier, qui évoluait sur une Gilera, bénéficiait d'un atout de taille avec un moteur quatre cylindres développant 69ch contre 55 à la Norton. Après une proposition de contrat de Gilera, et le refus de Norton de relancer son propre projet de bloc quatre cylindres, Duke quitta le navire pour rejoindre la marque transalpine à compter de 1953.

Avec un formidable succès, puisqu'il enchaîna sur trois titres consécutifs, de 1953 à 1955. Resté très proche des intérêts des pilotes en dépit de son statut de vedette, il soutint cette même année la grève visant à réclamer des primes de départ plus élevées pour les engagés privés. Une implication que l'Anglais paya cher durant l'hiver suivant, la Commission Sportive Internationale de la FIM le suspendant de toute compétition pour les six premiers mois de l'année 1956. De retour dans le circuit à l'occasion de la fin de saison, il fut alors la cible d'une succession de problèmes techniques, avec la casse d'un piston en Belgique, des problèmes électriques en Allemagne, ainsi qu'un énième abandon en Ulster.

Umberto Masetti, Gilera

Umberto Masetti, Gilera

Les choses ne s'arrangèrent guère l'année suivante, avec une blessure contractée à Imola, qui le mit sur la touche les deux tiers de la saison. Revenu sur la grille pour les deux dernières manches, il eut à subir par la suite le retrait des marques italiennes, et notamment Gilera. D'abord sans moto pour 1958, il se ravisa alors sur une Norton, dont le niveau de compétitivité n'avait rien à voir avec les MV Agusta désormais ultra-dominatrices. Une double victoire survint tout de même, comme un adieu avec panache, lors du GP de Suède en catégories 350 et 500cc, sur une épreuve où les machines transalpines n'étaient pas inscrites, avant que Duke ne tire sa révérence en fin d'année.

Surtees, aussi bien à l'aise sur deux que sur quatre roues

Un autre Anglais allait bientôt s'illustrer, et non des moindres : John Surtees. Ce dernier obtint lui aussi quatre titres dans la catégorie reine, le premier en 1956 avant d'en décrocher trois autres d'affilée de 1958 à 1960, et de voguer ensuite vers d'autres cieux, ceux de la Formule 1, où il allait également s'adjuger une couronne, en 1964 avec Ferrari, devenant ainsi le seul pilote à avoir été titré, encore à ce jour, à la fois sur deux et quatre roues.

Surtees connut en effet une carrière des plus prolifiques avant de passer en compétition automobile, avec pas moins de sept titres décrochés (trois en 350cc de 1958 à 1960, et quatre en 500cc en 1956 et de 1958 à 1960) au faîte de sa carrière sur deux roues, alors qu'il n'était âgé que de 26 ans…

John Surtees, Ferrari 330P3

John Surtees

Après de premiers pas avec Norton en Grand Prix, il quitta la marque britannique, alors dans une situation financière difficile et qui n'était pas certain de vouloir rester en compétition. Il rejoint donc pour 1956 les rangs du constructeur italien, et allait profiter à plein de la suspension de Duke pour six mois suite au soutien de ce dernier à la grève des pilotes indépendants de la fin 1955.

Surtees remporta d'emblée son premier titre en 500cc cette année-là, malgré une chute lors du GP d'Allemagne durant laquelle il se fractura le bras. Mais son nombre de points amassés jusque-là fut suffisant pour contrer tout retour de Duke sur la fin de saison. Par la suite, les retraits de Gilera et autres Moto Guzzi facilitèrent la tâche de l'Anglais dans sa quête de succès, et celui-ci survola littéralement les deux plus grosses catégories, les 350 et 500cc, avec trois titres consécutifs dans chacune d'entre elles de 1958 à 1960, avant de rejoindre la F1, d'abord chez Lotus, puis chez Ferrari.

Phil Read, John Surtees et Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

Phil Read, John Surtees et Valentino Rossi, lors du festival de Goodwood 2015

MV Agusta profite du retrait de ses compatriotes

Si MV Agusta effectua une percée dans la catégorie reine, on ne peut pas en dire autant des autres marques italiennes, qui allaient quitter la compétition, à l'instar de Moto Guzzi, Gilera ou bien encore Mondial, au cours de ce qui fut appelé "le pacte d'abstention" en 1957. Les motifs de ces retraits renvoyaient à la hausse des coûts et le déclin dans le même temps des ventes de la série. C'est ainsi qu'un boulevard s'ouvrait devant MV Agusta, qui avait dès lors les coudées franches pour entamer une période de domination à partir de 1958, justement avec Surtees.

Le constructeur aéronautique, dont la partie moto n'était alors qu'une subdivision, allait dès lors se montrer intraitable, remportant l'intégralité des titres chez les pilotes et constructeurs, et ce dans les quatre catégories en 1958 (Surtees en 500cc et 350cc, Tarquinio Provini en 250cc et Carlo Ubbiali en 125cc).

Honda, éclaireur des constructeurs Japonais

Il fallut attendre l'année suivante pour voir l'emprise de la marque italienne mise à mal par l'arrivée de Honda, tout du moins dans les plus petites catégories. Le constructeur japonais s'avança dans un premier temps à pas feutrés en 1959 en 125cc, avec une seule participation sur le Tourist Trophy, à valeur d'observation. Le premier engagement à temps plein n'eut lieu qu'en 1960.

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La marque à l'aile dorée se concentra donc tout d'abord sur les catégories 125cc et 250cc, qui avaient été délaissées par MV Agusta, qui souhaitait alors se recentrer sur les plus grosses cylindrées. C'est ainsi qu'un certain Mike Hailwood décrocha le sacre en 250cc en 1961, de même que Tom Phillis en 125cc. Honda allait monter d'un échelon l'année suivante avec Jim Redman, titré en 350cc, enclenchant ainsi une période d'hégémonie pour le constructeur nippon qui allait accumuler les couronnes dans cette catégorie jusqu'en 1967 (quatre titres pour Redman de 1962 à 1965, et deux pour Hailwood en 1966 et 1967).

Avec le départ de Surtees pour la F1, l'arrivée en 500cc de Hailwood, et la domination toujours aussi prégnante de MV Agusta sur la catégorie reine, le décor était dès lors planté pour les années 60. Celles-ci allaient marquer l'âge d'or de la moto, bien aidées par l'émergence d'un nouveau jeune talent, qui marqua à jamais de son empreinte l'Histoire de la moto : Giacomo Agostini.

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Auteur Willy Zinck