La Honda n'est "pas amie" avec le pneu arrière de Michelin

Alberto Puig estime que Honda peine encore à exploiter le pneu arrière introduit par Michelin en 2020 mais le patron du team officiel est encouragé par les évolutions testées à Misano.

La Honda n'est "pas amie" avec le pneu arrière de Michelin

Honda n'a remporté qu'une seule course depuis le début de la saison 2020. Le constructeur a fait les frais de la blessure de Marc Márquez, seul homme capable d'atteindre le podium et de faire encore triompher la machine japonaise cette année, sur le circuit du Sachsenring. Les autres représentants de Honda ont été en difficulté, ce qui a mis en lumière les problèmes dont souffre la RC213V.

Les pilotes ont avant tout rapporté un manque de motricité en sortie de courbe, avec des difficultés à trouver l'adhérence dans ces phases d'accélération. Alberto Puig estime que Honda a eu du mal à s'adapter à la carcasse du pneu arrière qui a fait son apparition la saison passée, et reconnaît que cette gomme pose encore des difficultés.

"Michelin a changé son pneu", rappelle le patron de l'équipe officielle sur le site du championnat. "Pour nous, ce n'est pas encore facile de comprendre les effets de ce pneu sur notre moto. Je ne dis pas que le pneu n'est pas performant, qu'on ne se méprenne pas. Mais le pneu et la moto ne sont probablement pas 'amis' à ce stade. Et on essaie de comprendre comment faire en sorte qu'ils soient amis."

Honda n'a pas pu véritablement progresser sur ce front comme sur ses autres faiblesses en 2020 : "Avec le COVID, on a décidé de geler le développement, donc on n'a pas pu apporter les évolutions prévues", rappelle Puig, néanmoins encouragé par les importantes nouveautés récemment testées à Misano en vue de la saison 2022 : "On a évalué différentes pièces. Je pense qu'on a compris le problème. La philosophie de Honda est de tenter d'innover et d'apporter des solutions aux pilotes. On ne cesse jamais d'apporter des nouveautés, des composants, des idées, des directions, pour progresser."

La saison de Honda a également été rythmée par l'évolution de la condition physique de Marc Márquez. Le Catalan a eu besoin de partir d'une base qu'il connaissait et c'est donc avec la Honda de 2019 qu'il a fait son retour à Portimão... et qu'il s'est imposé au Sachsenring. "Il a dû se réadapter à la vitesse, à la moto, au nouveau pneu, et dans une condition physique imparfaite", souligne Puig. "Quand on est pilote, on se souvient de la dernière chose qui a fonctionné, et pour lui ce n'était pas la machine 2020 ou 2021, mais la 2019, avec laquelle il a remporté le titre. Ça a été assez compliqué pour le pilote et l'équipe dans le développement de la machine."

Márquez a peu à peu découvert les nouveautés introduites en son absence et ne les a pas jugées efficaces. Depuis le début de l'été, il a testé différentes versions du châssis, parfois sans grand succès, et il estime que des progrès sont encore nécessaires : "Quand on demande à Honda et au HRC de travailler beaucoup et d'apporter des nouveautés, certaines fonctionnent bien, pour d'autres quand on revient au garage, on dit qu'il faut encore travailler", explique Márquez. "On sent une réaction. Pour la motivation, pour continuer à pousser, c'est important."

"Mais on doit progresser. Il faut quelque chose en plus, peut-être plusieurs dixièmes au tour. Nous devons être plus rapides. Nous sommes des pilotes Honda, nous ne pouvons pas penser à nous battre sur un seul circuit, nous devons jouer la victoire et les premières places sur toutes les pistes, mais nous en sommes loin. Je ne veux pas être le meilleur Honda, je veux être le meilleur au monde. Nous devons travailler, tous les pilotes ensemble, tous les ingénieurs, pour améliorer la moto, améliorer nos compétences et essayer de nous battre en 2022."

Pendant que Márquez passait en revue différentes version de la moto, le team Repsol Honda pouvait difficilement s'appuyer sur son second pilote. La recrue Pol Espargaró a éprouvé des difficultés à s'adapter à sa nouvelle machine mais Puig est convaincu que le #44 sortira de sa mauvaise passe, après avoir rassuré au GP de Grande-Bretagne dans des conditions favorables à son style de pilotage.

"Pol a plus de potentiel que ce qu'il a montré", assure l'ancien pilote. "La pole de Silverstone n'est qu'un petit aperçu de ce qu'il peut faire, parce que c'est un pilote talentueux. Rapide, courageux, ambitieux. Malheureusement, la saison n'a pas très bien débuté et la connexion entre lui et la moto n'a pas été la réussite qu'il espérait et qu'on espérait. C'est quelqu'un qui ne se cache jamais. J'espère que c'est juste une question de temps avant qu'il puisse montrer son niveau."

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