L'impuissance de Pedrosa, la frustration de Michelin

L'impuissance du pilote Honda fait écho à la frustration du manufacturier face à des difficultés extrêmes auxquelles aucune solution n'a pour l'heure été trouvée.

Dimanche, sur les terres de Honda, Dani Pedrosa a dû se résoudre à abandonner en rentrant au stand à quatre tours de l'arrivée, et ce alors qu'il se trouvait à 55 secondes du leader, chronométré sept secondes plus lent que Dovizioso et Márquez dans le dernier tour qu'il a bouclé. À son retour au stand, le pilote a pu observer que son pneu était endommagé dans sa partie centrale, sans toutefois pouvoir en expliquer la cause.

Les difficultés qu'il a rencontrées durant cette course, sur un bitume très mouillé et froid, sont les plus extrêmes qu'il ait connues cette année, mais font écho à ses problèmes d'Assen, où il s'est classé 13e à une minute 10 du vainqueur, ou encore de Misano, où il a terminé 14e à une minute 38 de son coéquipier, qui signait alors sa quatrième victoire de l'année.

"Il y a eu des moments [dans ma carrière] où j'ai eu beaucoup de mal, mais j'arrivais à finir la course car j'essaye toujours de me battre avec ce que j'ai. Mais cette fois, c'était impossible, car j'en suis arrivé à un stade où je ne pouvais ouvrir les gaz qu'à 30% en ligne droite", a expliqué le pilote Honda, particulièrement déçu de ne pas avoir pu rallier l'arrivée d'un Grand Prix qui lui tenait à cœur.

Face aux grandes difficultés du pilote espagnol, qui manquait de grip et souffrait d'un très fort patinage, Michelin ne minimise pas sa part de responsabilité et assure faire son possible pour y apporter une solution. "Nous sommes conscients que ce qui arrive à Dani n'est pas normal, parce que c'est un pilote qui devrait toujours être parmi les trois ou quatre premiers. Pour nous, son cas est une frustration et c'est pourquoi nous faisons tout notre possible pour l'aider", a expliqué Piero Taramasso, responsable MotoGP chez Michelin, à Motorsport.com.

"Son problème survient quand il fait froid car il n'arrive pas à monter ses pneus en température. Nous savons qu'il est très rapide en toutes circonstances, mais quand il fait froid et qu'il pleut, il manque de confiance. Ce que nous faisons c'est que nous augmentons la pression de ses pneus, nous essayons de convaincre ses techniciens de l'aider avec les réglages et nous lui disons d'attaquer autant que possible", explique l'Italien. "Le rythme est très important : être deux dixièmes plus lent au tour signifie que le pneu perd 10°C."

"Bien entendu, Michelin essaye de m'aider. Ils essayent de donner des idées et des solutions, mais dans ces circonstances nous n'arrivons pas à trouver la solution", regrettait Pedrosa en quittant le Japon. Et aujourd'hui, à son arrivée à Phillip Island, il déplorait de ne pas encore connaître l'origine du problème rencontré dimanche : "Nous n'avons toujours pas d'explication de Michelin, ce que nous savons c'est qu'il y avait un problème."

Outre l'aspect préoccupant du pneu, le pilote explique : "Nous avions aussi des chiffres étranges dans les datas. Mais on ne comprend toujours pas, parce qu'en théorie il est difficile de faire coïncider les chiffres, l'apparence et les sensations. Nous travaillons avec le team et Michelin pour comprendre cela. Nous avons encore des doutes, nous ne savons pas exactement."

Si le manufacturier clermontois ne se dérobe pas face à cette situation, il n'a pas non plus l'intention d'être pointé du doigt à tort. Aussi, par la voix de l'un de ses responsables, Michelin rappelle qu'une journée d'essais a été organisée expressément pour évaluer les pneus pluie, en début d'année à Valence, et que cette démarche n'a pas rencontré un franc succès : "Nous avons fait en sorte qu'elle ne compte pas parmi les cinq jours de test dont dispose chaque pilote et nous avons invité toutes les équipes, 23 motos. Seules deux sont venues [les deux motos du team Marc VDS, ndlr]."

Une nouvelle donne à Phillip Island

Dani Pedrosa tentera de mettre cette mauvaise expérience derrière lui cette semaine, à Phillip Island, où il peut néanmoins craindre que la pluie soit à nouveau de la partie, sans compter des températures qui, à cette période de l'année, y sont toujours fraîches. Il lui faudra trouver ses marques sur une piste exigeante, qui met notoirement à mal le pneu arrière.

"Je crois que cette piste est plus pour les pilotes que pour les motos, alors cela dépend si le pilote aime la piste ou non, plus que de la moto. Quoi qu'il en soit, c'est un circuit qui n'est pas facile en termes de réglages parce que ça va tout le temps à gauche", pointe-t-il. "Il faut trouver le bon équilibre et être à l'aise en piste."

Et pour ne pas lui faciliter la tâche, le pilote Repsol Honda sait que les essais menés sur place pendant l'intersaison ne seront pas d'une grande aide pour accélérer le travail en début de week-end : "Même si on est venus ici en tests, on aura assurément des pneus différents, car les températures seront différentes, et la moto a aussi été mise à jour un peu depuis lors."

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