Miller : "30 bières" pour fêter la victoire de "la remise en question"

En conférence de presse, Jack Miller a avoué avoir énormément cogité dans son casque tout au long de la course, finalement auteur d'une victoire en Espagne qui récompense les efforts de toute une carrière.

Jack, décris-nous tes émotions maintenant que tu t'es imposé pour la première fois en MotoGP sur le sec…

M'y voilà enfin ! La dernière fois que j'ai gagné, ça avait été un grand choc sur le mouillé. Mais cette fois, je me suis vraiment défoncé le cul dans le travail [sic] pour en arriver là et je n'ai jamais piloté aussi précisément de ma vie. Je ne savais pas si je pourrais faire 25 tours consécutifs comme ça et c'est fantastique de pouvoir le faire…

J'ai vu que Fabio [Quartararo] a commencé à avoir du mal et moi, je maintenais mon rythme alors qu'il était sur ce "plateau". Puis une fois que je l'ai passé, j'ai regardé le panneau d'affichage et je me suis dit : 'ça fait un long moment à passer tout seul devant'. Mais la moto était franchement fantastique et je dois vraiment remercier l'équipe pour ça. Je pense que le travail que nous avons fait ce week-end a vraiment payé. J'ai fait vraiment beaucoup de tours tout seul pour essayer de trouver du rythme et ça a fonctionné pour nous.

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Ton coéquipier a aussi été très rapide et il prend maintenant la tête du championnat… Quand as-tu pensé que tu allais gagner cette course ?

Au virage 12 du dernier tour ! Je n'y croyais pas, pour être honnête ! Je me disais que ça ne pouvait pas être vrai. Je me suis dit : quelque chose va se passer, je ne me suis jamais retrouvé comme ça tout seul devant sans devoir me battre jusqu'au dernier virage, comme le sait bien Franco [Morbidelli] ! C'était fantastique, la moto a été phénoménale.

J'ai toujours en tête ces courses 'à la Lorenzo', où il part devant et je me suis toujours dit : 'waouh, ça doit être génial de passer tous les tours là, sans stress' et là, quand j'ai vu ça, je me suis dit : 'c'est le moment d'essayer de le faire'. Il a fallu pousser jusqu'à la fin parce que je voyais sur le panneautage que ça descendait de 1"8, je crois, à une seconde, et je me suis dit : 'ah non ! Quand même pas au dernier tour !' Je regardais le panneau et j'essayais de garder un l'écart correct… Je ne savais pas à quel point [Pecco Bagnaia] était près dans le dernier tour, mais je me suis lancé dans le dernier virage comme si je devais me protéger, comme s'il y avait trois motos derrière moi, et je me suis senti un peu comme un con ! Merci à l'équipe : ils ne m'ont jamais lâché et m'ont toujours soutenu, particulièrement ces dernières semaines. Je ne pourrais pas suffisamment les remercier.

Tu as oublié le faire ton shoey sur le podium !

Non, Fabio a dit que c'est Ricciardo qui l'a inventé ! [rires] Alors je dois trouver quelque chose de nouveau !

Est-ce que tu vas regarder les réseaux sociaux pour voir ce qui se dit sur ta victoire ?

Non, je vais boire environ 30 bières et me réveiller, j'espère, sans une trop grosse gueule de bois pour pouvoir à nouveau rouler [lundi] ! Mais c'est bon, ce sont juste des tests, n'est-ce pas ? Donc ça va, on a juste besoin de se lever pour 9h ! [rires]

À quoi pensais-tu quand tu as vu Fabio te dépasser au quatrième tour ?

Je ne me suis pas senti comme une proie, mais je me souviens de ce qu'il a fait l'année dernière et j'ai supposé qu'il allait nous démolir ! Je me suis dit : 'je vais m'accrocher à lui, l'hameçonner et rester pas loin de lui pour espérer faire un podium ; et puis pendant six tours, je l'ai vu creuser cet écart. Mais ensuite, j'ai commencé à le rattraper, puis en deux tours, j'ai repris un énorme morceau. Alors je me suis dit : 'il faut le passer parce qu'il est en train de dégringoler'.

Dès que j'ai fait ça, ça n'a plus été trop difficile à gérer et la plus grande surprise pour moi a été que j'étais 0"6 devant au tour suivant ! Là, je me suis dit : 'waouh, c'est un sacré écart !' et donc ensuite, je me suis dit : 'allez, vas-y, continue'. C'était vraiment fun, mais aussi très stressant à la fois. Particulièrement ici, à Jerez, où c'est si étroit. C'est très fun, mais entre le wheelie et le fait de devoir changer la cartographie et d'être aussi précis que possible, ce n'est vraiment pas facile de faire ça pendant 25 tours. Mais c'est ce qui rend les choses encore plus agréables !

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Il y a sept ans, tu es arrivé en MotoGP directement depuis le Moto3 et personne ne l'a fait depuis. Tu étais comme un rat de laboratoire ! Est-ce que tu dirais maintenant que ça t'aurait facilité la vie de passer une année ou deux en Moto2, ou était-ce la bonne façon de faire ?

Je l'ai dit de nombreuses fois dans le passé, je ne ferais rien de différent. Il est certain que ça a été difficile, mais arriver en MotoGP dans une équipe d'usine n'est pas facile [non plus]. C'est comme ça qu'a été mon chemin et ça a été mon opportunité, alors je ne choisirais rien de différent parce que ça a fonctionné pour moi. Mais il est certain que si ça n'avait pas fonctionné et que j'étais chez moi, à la retraite, dans mon canapé, je me dirais : 'putain, que j'aurais aimé que ça se passe différemment !' Je suis très chanceux que ça se soit passé comme ça et je le dois à beaucoup gens qui sont autour de moi et qui m'ont aidé et m'ont guidé dans la bonne direction, car j'étais très jeune à cette époque. Je pense aussi que c'est lié à mon attitude, qui consiste à ne jamais abandonner, à continuer à travailler, à me remettre en question et à regarder ce qui se passe autour de moi.

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