Miller ému par les signes de reconnaissance après sa victoire

L'émotion de Jack Miller après sa victoire en Espagne était proportionnelle au niveau d'intensité qu'il a connu en off ces dernières semaines.

Miller ému par les signes de reconnaissance après sa victoire

Jack Miller s'est imposé en Espagne, décrochant ainsi pour la première fois un succès sur piste sèche dans la catégorie reine, et cochant à un moment où il s'y attendait peu une case qui lui tenait particulièrement à cœur : vaincre au guidon d'une Ducati factory. Au-delà de la réalisation en elle-même, son timing, après une phase sportive et personnelle au cours de laquelle il avoue avoir "douté", a ému le paddock, qui a salué de manière unanime l'Australien en lui accordant une haie d'honneur dans les stands.

Ces dernières semaines, Miller le sait, pas mal de critiques avaient été émises au sujet du niveau affiché par un pilote que l'on s'attendait à voir prendre le contrôle de sa saison d'une manière bien différente. Arrivé dans le creux de la vague à Jerez, derrière notamment les autres pilotes Ducati Pecco Bagnaia et Johann Zarco au championnat, Miller avait pourtant, comme il le rappelait justement, réalisé une belle série de qualifications sur les trois premières épreuves du championnat, et ce, malgré une opération d'un syndrome des loges juste après les deux manches qataries.

Son niveau de performance en course ne lui avait permis de collecter que deux neuvièmes places successives au Qatar et, après un bon warm-up, sa course de Portimão s'était conclue par une chute faisant sauter les agrafes de ladite opération et imposant un nouveau passage entre les mains des médecins. Après une dizaine de jours pour se remettre en forme, Miller signe donc un succès au goût forcément spécial, l'ayant fait passer par "des montagnes russes d'émotions".

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"J'ai dit que j'avais connu des montagnes russes d'émotions depuis l'arrivée, mais il est certain que ces dernières semaines n'ont pas été faciles. J'ai été en colère, frustré, j'ai manqué de confiance en moi…" soufflait-il, avant de se reprendre et d'enchaîner sur une anecdote amusante.

"Maintenant, j'ai un nouveau "coach de vie ! Avant, c'était ma mère mais elle n'était pas si terrible que ça ! [rires] Et là, Lucy Crutchlow [la femme de Cal] m'a appelé sans que je ne m'y attende, comme ça, pendant le week-end. Elle m'a dit : 't'es un putain de bon, crois-en toi, bordel !' C'était assez agressif, comme ça ! Et elle m'a encore envoyé un texto [dimanche] matin et je la remercie : ça fait du bien d'entendre des choses comme ça. On en a parfois besoin car à la fin de la journée, on est toujours humain et on a des doutes…"

 

Nul doute que son ami Cal Crutchlow aura aussi été l'un des premiers à lui adresser un message sur son téléphone, qu'il n'était pas en mesure de consulter pendant plusieurs heures, pris qu'il se trouvait dans les obligations média. "Je ne parle pas de Cal, je parle de Lucy ! [rires] Cal va me dire qu'il m'a tout appris et que je ne serais pas là sans lui, vous le connaissez !" taquinait-il, avant de redevenir sérieux et de se remémorer son passage dans la pitlane et le parc fermé, où l'accueil du paddock l'a bouleversé. De son propre aveu, jamais Thriller Miller n'avait ressenti de tels pics de bouleversement.

"Pas des montagnes russes comme celles que j'ai ressenti là", admet-il. "En arrivant dans le premier virage, j'étais incrédule, puis dans le deuxième virage j'ai commencé à pleurer et dans le cinquième je hurlais ! Et ensuite, ça n'a pas arrêté et je n'arrivais pas à y croire ! Vous passez votre vie à essayer de faire quelque chose et quand cette seule chose à laquelle vous pensez dans 90% des cas − que ce soit quand vous vous entrainez pour ça, que vous en rêvez dans votre lit − arrive finalement, eh bien, vous n'y croyez pas ! Vous vous dites que c'est impossible, que ce n'est pas vrai, parce que vous vous êtes trompé tellement de fois auparavant ; alors ça vous percute !"

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"Je suis désolé d'avoir été un petit peu tendre à la télé, mais je n'arrivais pas à me retenir ! [rires] Entendre tout le monde applaudir dans la pitlane… J'ai essayé d'être la personne la plus authentique que je pouvais, de saluer tout le monde. Lorsque je gagne, je pense au fait qu'il y a beaucoup de gens qui veulent des bonnes choses pour moi, alors merci à tout le monde."

Touché, Miller avait par ailleurs adressé, la larme à l'œil, ses premiers remerciements dans le parc fermé au Docteur Mir et à tout l'exécutif de Ducati qui l'a soutenu lorsqu'il était une proie facile pour des commentaires négatifs. "Merci à tout le monde chez Ducati d'avoir été derrière moi : Gigi [Dall'Igna], Paulo [Ciabatti] et Claudio[Domenicali]. Ils ont tous cru en moi : je ne pourrais pas assez les remercier."

 

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