Miller parmi les favoris ? "Il faut garder les pieds sur terre"

Rapide et constant durant les essais de pré-saison, Jack Miller assume son nouveau statut de pilote officiel et des ambitions de victoires et de titre, nouvelles pour lui.

Miller parmi les favoris ? "Il faut garder les pieds sur terre"

Jack Miller a quitté le circuit de Losail pour une dizaine de jours, avec accolée à son nom l'étiquette de favori. Cinq ans après son premier succès, le pilote australien a indéniablement pris beaucoup d'envergure au fil du temps, et notamment la saison dernière lorsqu'il a plusieurs fois été impliqué dans de grosses bagarres pour la victoire, ne la manquant que de peu. Son accession cette année à l'équipe officielle Ducati semble compléter cette progression et c'est désormais en candidat régulier aux meilleurs résultats qu'il se présente sur la ligne de départ de 2021.

Les essais de pré-saison menés sur une piste favorable à la Ducati n'y sont pas étrangers. Classé parmi les premiers samedi puis dimanche, Miller a signé mercredi le meilleur temps de la semaine (1'53"183), inférieur à ce qu'est le record absolu en Grand Prix sur place. Jeudi, il s'est détourné de la vitesse pure pour se concentrer sur une simulation de course de 20 tours. Après avoir affiché un rythme constant en 1'54, il avait choisi de ralentir pour finir son relais en 1'55, ses pneus tendres s'étant dégradés dans la deuxième moitié de cette distance, notamment à l'arrière.

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Le bilan restait malgré tout très positif. Pour autant, le pilote australien a voulu se montrer pondéré dans ses commentaires, accueillant prudemment le niveau qu'on lui prête. "Les chronos des tests, surtout en rythme de course, sont toujours particuliers. Avec les temps d'aujourd'hui, je gagnerais le Grand Prix avec 15 secondes d'avance", pointait-il mercredi après s'être porté en tête sur le time attack, "mais il y a beaucoup d'éléments absents pendant les tests qui sont là en course, par exemple la gomme Dunlop [déposée par le Moto2 et le Moto3, ndlr] avant notre course, les conditions de course. Et il y a beaucoup moins de gomme sur la piste, or on sait que les motos aiment quand il y en a, car on peut aller vite et exploiter les pneus."

"Je ne pense pas qu'il faille trop extrapoler le rythme de course, il faut attendre le week-end de course", prévenait-il, très concentré cette semaine sur le programme de test qu'il devait passer en revue. "On essaie de comprendre le comportement de la moto et d'être prêts pour la plupart des situations", expliquait-il. "Ici, au Qatar, la plupart des motos fonctionnent bien et on a déjà vu que le Grand Prix est assez disputé, tous les constructeurs sont présents. Je dirais que l'on aura une vraie compréhension du championnat quand on quittera le Qatar et que l'on ira sur une piste où personne n'a fait d'essais, pour un Grand Prix normal."

Miller ne cache toutefois pas qu'il y a bel et bien pour lui des éléments très prometteurs à retenir de ces essais, après avoir travaillé sur les freins ou sur la température de pièces mises sous pression, mais ce qui ressort surtout ce sont les bénéfices apportés par un nouveau carénage qui l'a vite conquis. "Je ne peux pas en dire trop sur le carénage. Comme je l'ai souvent dit, je l'apprécie, la moto fonctionne mieux avec, donc on le conserve. C'est l'essentiel."

L'élément qu'il retient comme étant particulièrement positif ? "Tout simplement ma confiance avec l'avant de la moto, la façon dont je peux relâcher les freins et laisser la moto garder une bonne vitesse de passage", explique-t-il. "Je ne n'ai pas toujours eu cette confiance, surtout dans les virages rapides, 13, 14 et 15, la transition entre le 13 et le 14. C'est fantastique de relâcher les freins et de laisser la moto prendre la courbe. C'est le plus gros bonus pour moi au Qatar, de pouvoir être au maximum, en utilisant toute la piste, les vibreurs à l'intérieur et à l'extérieur, pour faire de mon mieux, donc c'est bien. Et évidemment, c'est bien aussi d'avoir de bonnes performances !"

"Je me sens préparé, calme, je n'ai pas eu la plus longue des intersaisons mais je suis impatient de reprendre la compétition", souligne le pilote australien, alors que le Grand Prix du Qatar, dont les deux dernières éditions ont été remportées par son prédécesseur, lui offre ce qui est probablement sa meilleure chance de première victoire sur le sec.

"Il y a eu quelques possibilités l'an dernier, mais disons que c'est ma meilleure possibilité jusqu'à présent. Je ne veux pas que ce soit un fait isolé, j'aimerais construire là-dessus. Je sens que je suis aussi prêt que possible pour le Grand Prix ici, et comme je l'ai dit, la simulation de course et tout le reste se sont bien passés. […] J'ai l'impression qu'on a fait tout le travail, j'ai fait toutes les analyses et les essais nécessaires, et nous avons trouvé des solutions pour avoir de bonnes sensations avec tout ce que je voulais ou tout ce dont j'avais besoin sur la moto."

Cité parmi les favoris pour le titre pour la première fois, Jack Miller veut désormais faire le nécessaire pour se montrer à la hauteur de ces attentes et, surtout, que cela soit durable. "J'aime beaucoup ça. Ça ne m'était jamais vraiment arrivé en MotoGP, donc c'est fantastique, mais il faut garder les pieds sur terre et continuer à travailler en pensant à notre objectif. Ce sera très long entre le Qatar 1 et la fin de saison, énormément de choses peuvent se passer. Je pense que l'essentiel est de ne pas ressasser ce qui se passera mal et de nous concentrer pour faire mieux à chaque fois."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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Séries MotoGP
Événement Test Qatar
Catégorie Vendredi
Lieu Losail International Circuit
Pilotes Jack Peter Miller
Équipes Ducati Corse
Auteur Léna Buffa