Pour Miller, le pneu dur semblait être "un coup de maître"

Les pilotes officiels Ducati ont eu la particularité de prendre le départ du Grand Prix d'Émilie-Romagne avec un pneu avant dur, et tous deux sont tombés. Ce choix, qu'assumait pleinement l'Australien, était une erreur dans le cas de Jack Miller, selon Ducati.

Pour Miller, le pneu dur semblait être "un coup de maître"

Jack Miller était particulièrement abattu à l'issue de la course qui s'est disputée dimanche, à Misano. Pas tant pour le titre pilotes qui a définitivement échappé à Ducati cette saison, l'Australien reconnaissant aisément le mérite de Fabio Quartararo, mais pour un choix pneumatique qu'il partageait avec son coéquipier, Pecco Bagnaia, et qui a semblé en cause dans leur double abandon.

Les deux pilotes officiels Ducati sont tombés au même endroit, dans le virage 15, lorsque leur roue avant s'est dérobée. Alors que l'ensemble du plateau avait opté pour la gomme medium, ils avaient été les seuls à choisir l'option dure, or celle-ci ne semblait pas convenir aux conditions, un peu trop fraîches.

Pour Miller, il n'y avait aucun problème avec le virage 15, l'avant-dernier gauche à Misano. "Je pense que c'était plus lié à notre choix", a-t-il admis. "On a fait un choix un peu inhabituel, on a essayé de prendre le pneu avant dur. Ça semblait être un coup de maître, les sensations étaient bonnes. Vers 13h, ça semblait devoir être une bonne idée, mais quand on était sur la grille, les nuages ont commencé à arriver et la température de la piste était alors un peu limite."

"Avant la course, j'étais un peu fixé sur le pneu hard", a-t-il ajouté auprès du site officiel du MotoGP. "Même si on n'avait pas roulé [sur le sec] tout le week-end, je savais grâce au test que le medium se bloquait beaucoup en ligne droite, et on l'a même vu avec la chute de Jorge [Martín], donc je ne voulais pas vraiment avoir cette sensation. Si on avait pu avoir un ou deux degrés en plus en piste, ça aurait été bien, mais la température a fini par chuter et je n'ai pas réussi à rester sur mes roues."

Même avec le recul, le pilote australien n'est pas certain qu'il aurait fait un choix différent, celui-ci étant parfaitement assumé, de même qu'il l'a été pour Bagnaia. "Notre plan a toujours été de prendre le dur. J'ai pris la décision vers 11h quand j'ai vu qu'il y avait environ 24°C en piste. Je me suis dit 'OK, ce sera celui-là' parce qu'avec le medium on a un problème de blocage à l'avant en ligne droite. C'est ce qui est arrivé à Martín : quand on essaye de vraiment forcer sur les freins, il y a un blocage étrange. Avec ce pneu [le dur, ndlr], ça ne semble pas arriver aussi souvent, donc c'était principalement l'objectif. On savait que ça allait être piégeux sur le côté gauche, et j'étais plus préoccupé par les deux premiers tours mais je les ai passés assez facilement et je me sentais bien."

"C'était une décision commune, l'équipe savait ce que l'on faisait. Pecco savait aussi ce qu'il faisait. Sa décision était prise, et ma décision c'est moi-même qui l'ai prise. Je me sentais vraiment bien avec le pneu medium, comme ça avait été le cas lors du test. Comme je l'ai dit, tout s'annonçait bien, mais ça ne l'a pas fait."

Pour Jack, c'était une solution qu'avec le recul, je considère franchement comme ayant été une erreur.

Gigi Dall'Igna

Gigi Dall'Igna, directeur général de Ducati Corse, a toutefois rendu un verdict bien moins nuancé ce mardi, en analysant la performance de ses troupes et ce double abandon des pilotes officiels, une première depuis 2018. Il ne justifie ce choix pneumatique que dans le cas de Bagnaia.

"Notre [course] a probablement été conditionnée par le choix du pneu dur à l'avant, une option qui présentait des risques compte tenu de la température de l'air, mais qui était certainement celle qui s'avérait la plus performante", décrit le responsable italien. "Pour Pecco, compte tenu de son style de pilotage et du résultat qu'il devait viser, c'était la meilleure décision. Je défends cette décision et je le referais. Pour Jack, en revanche, c'était une solution qu'avec le recul, je considère franchement comme ayant été une erreur."

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"Dévasté pour moi, pour l'équipe, pour les fans"

Le pilote australien occupait la deuxième place derrière son coéquipier, qu'il pouvait tenter de protéger de la concurrence puisque Bagnaia cherchait à gagner la course pour rester en lice au championnat. Il estime avoir peut-être précipité sa chute, survenue au troisième tour seulement, en évitant d'attaquer l'Italien quelques instants plus tôt dans le virage à gauche précédent.

"J'étais assez proche de Pecco dans le virage 8 et je n'ai pas freiné aussi fort [que d'habitude]. Je pense que ça pourrait aussi avoir affecté la température du pneu. Au virage 8, je n'ai pas forcé sur le pneu parce que j'essayais de me détacher un peu [de sa roue arrière]. Et puis quand je suis arrivé au virage 15, je n'ai eu aucun espoir d'essayer d'éviter la chute. Dès que j'ai été sur l'angle, la roue s'est dérobée sous moi, je n'aurais donc rien pu faire."

"C'est juste une de ces journées qu'on voudrait oublier, mais on a essayé, on a fait de notre mieux. Tout le week-end, ça a semblé fantastique mais [dimanche] ça ne l'a pas fait", a ajouté un Jack Miller dépité. "Je suis dévasté pour moi, pour l'équipe, pour les fans à la maison. On essaye vraiment très dur. Je ne peux pas faire grand-chose de plus. Je donne tout et je fais de mon mieux mais ce sont des choses qui peuvent arriver, c'est la course moto. On va se relever, enlever la poussière et revenir plus forts à Portimão."

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