Zen et appliqué, Miller salue la supériorité d'Oliveira

Une nouvelle belle course en Catalogne a récompensé Jack Miller d'un troisième podium 2021, alors qu'il s'est humblement avoué moins bon gestionnaire que Miguel Oliveira.

Zen et appliqué, Miller salue la supériorité d'Oliveira

En pleine confiance et visiblement très détendu pendant l'ensemble du week-end, Jack Miller n'a pas nourri de regrets après avoir vu la KTM de Miguel Oliveira signer une grande performance et la Ducati satellite de Johann Zarco terminer devant lui pour le deuxième week-end consécutif. Resté solidement ancré à ses ambitions de podium sans nécessairement pouvoir aller chercher la victoire, le pilote Ducati a tout de même ramené 16 points importants, dimanche, et a repris la troisième position du général, devant son équipier Pecco Bagnaia.

Quatrième au drapeau à damier, l'Australien s'est en effet vu gratifier d'un rang supplémentaire à la faveur de la première pénalité reçue par Fabio Quartararo, et a ainsi pu participer aux célébrations du podium. Après deux victoires à Jerez puis au Mans − qui avaient fait figure de résurrection − et une reconduction de contrat avec le team factory Ducati, Miller est désormais bien engagé dans ce qu'il appelle "un rythme de croisière", qui le voit performer de manière solide chaque week-end et emmagasiner les points dans sa quête de couronne mondiale. "Je veux être là jusqu'à la fin", prévient celui qui demeure à 25 points de Quartararo.

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Des préparatifs concentrés sur lui-même

En début de week-end, Miller s'était également distingué par une attitude détendue en piste, lorsque Marc Márquez l'avait pris comme point de référence en suivant sa roue aussi bien en essais libres qu'en Q1. Un procédé qui n'a pas ému l'Australien, qui s'est même montré très tolérant à l'égard du pilote Honda en quête de sensations physiques et de confiance, et qui s'est distingué par ses commentaires sur le sujet alors que ses patrons semblaient peu apprécier la démarche.

"Je pense qu'au final ça [la décision d'emmener un rival] revient au pilote. Après les EL3, Davide [Tardozzi, team manager Ducati, ndlr] pensait que j'étais préoccupé par le fait que Marc me suive et je lui ai dit : 'Davide, j'ai seulement ralenti dans le tour parce qu'il y avait un drapeau jaune, pas parce que Marc me suivait !' À la fin, je ne peux pas contrôler ça et je pense qu'ils ont compris et ils savent ce que c'est. Je pense que, de l'extérieur, ils sont contents de voir leur pilote adopter cette approche, avoir cette confiance dans ses propres capacités et celles de sa moto, et être en mesure de pousser devant lui-même."

Un pneu avant qui avait besoin de fraîcheur

Du reste, Miller a rencontré en course les difficultés exactes auxquelles il s'était préparé en amorce de week-end. "Je pense que le plus important a toujours été de gérer les pneus et que c'est encore plus crucial ici, comme dans tous ces virages à droite lents dans lesquels on peut un petit peu s'emballer avec l'accélérateur !" déclarait-il samedi après les qualifications. "Quand on a une moto relativement 'facile', on n'a pas à se battre autant que ça. J'ai senti que je gère plutôt bien les pneus."

Miller pointait alors clairement Quartararo comme le favori du week-end, sans pour autant se montrer pessimiste concernant son propre potentiel. "Fabio a piloté de manière fantastique la semaine dernière. Quand on est comme ça en tête, tout est simple : on pourrait même prendre le temps d'allumer une cigarette ! Je pense que pour la course, il nous faut rester calmes. Pour le départ, ma plus grande préoccupation est le pneu avant, qui semble avoir un petit peu de graining et qui est assez dur, donc pour moi, la tactique serait plutôt d'essayer de prendre un bon départ et de prendre de l'air frais sur l'avant. Et on verra à partir de là."

Et c'est effectivement cet air frais qui a manqué au pilote Ducati pendant une bonne partie de la course. Régulièrement dans le sillage d'autres pilotes, l'Australien n'est pas parvenu à maintenir la température de son train avant aussi basse qu'il l'aurait souhaité sur l'ensemble du Grand Prix.

"Lorsque j'étais dans le sillage des autres gars, j'ai commencé à souffrir pas mal de la température du pneu avant, donc j'essayais de m'écarter autant que possible pour prendre de l'air frais, mais quoi que je fasse, ça ne descendait pas. Et ça jouait un petit peu dans mon esprit, parce que je me disais que ça allait compter plus tard… Mais j'ai réussi à gérer le pneu arrière − je crois que ça a été la même chose pour les autres : j'étais vraiment, vraiment délicat avec, juste pour essayer d'être là à la fin. Lorsque j'ai essayé de créer un petit écart avec Joan Mir, il y eu Fabio qui était aussi là à ce moment-là ! J'ai essayé de mettre de l'air frais sur mon pneu avant, mais en faisant ça, Zarco est passé et à chaque fois, je me retrouvais derrière quelqu'un…"

Miller ne nourrit aucun regret et estime qu'il y avait tout simplement meilleur que lui ce dimanche en piste. "La course s'est vraiment bien déroulée pour moi : j'ai pu exécuter mon plan pratiquement à la perfection et mes sensations ont été fantastiques. Je me suis fait une petite chaleur dans le virage 4 mais j'ai été en mesure de me rattraper. Puis, plus tard, dans le virage 5, j'ai raté un rapport", a ajouté celui qui a par ailleurs salué le fait qu'Oliveira avait su de son côté "minimiser" les erreurs en faisant "un travail fantastique" et avait été "le meilleur pour être là toute la course".

"Nous sommes bien au championnat : nous avons gagné sur Fabio et perdu sur Johann, donc le principal était de rester sur la moto", a-t-il ajouté.

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