Mir et Rins optimistes pour la course malgré leur élimination en Q1

Tous deux éliminés en Q1 au Grand Prix de France, les pilotes Suzuki pensent qu'une remontée est possible en course. Álex Rins n'exclut pas de se battre pour le podium, un objectif que Joan Mir juge plus lointain.

Mir et Rins optimistes pour la course malgré leur élimination en Q1

Aucun pilote Suzuki n'a atteint la Q2 au Grand Prix de France, une première cette saison. Même si les pilotes de la firme de Hamamatsu sont habitués à des difficultés en qualifications, Joan Mir pense qu'il avait le rythme nécessaire pour s'inviter sur les quatre premières lignes de la grille, mais que les conditions ont joué en sa défaveur. Le Champion du monde a longtemps occupé l'une des deux places synonymes de passage en Q2 mais ses pneus sont sortis de la fenêtre de températures optimale dans les derniers instants de la Q1, quand la piste était plus sèche et donc plus performante, ce qui le contraint à un départ depuis la 14e place.

"Globalement, ce n'était pas une mauvaise journée pour nous", explique Mir. "J'ai plus ou moins pu trouver le rythme en EL4. En EL3, sous la pluie, ça allait plutôt bien, et même chose en qualifications. J'étais très bon sur le mouillé, mais à la fin la piste a très vite séché et j'avais un pneu [pluie] tendre. Je pense que j'ai un peu surchauffé les pneus et je n'avais pas assez d'adhérence. C'est dommage, c'est sûr que c'est une expérience pour l'avenir mais aujourd'hui j'avais la vitesse pour être devant. Mais en tout cas, c'est comme ça en compétition, je pense que ce c'est toujours un problème de partir 14e, mais je partais déjà 10e [avant], donc ce n'est pas un gros changement."

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Mir est en effet habitué aux remontées en course et il estime avoir besoin de gagner des places très vite pour avoir une chance de décrocher un bon résultat : "Ma plus grosse crainte est d'essayer de faire de bons dépassements dans le premier tour. Les deux ou trois premiers tours seront essentiels, pour doubler autant de pilotes que possible et me retrouver dans une bonne position pour me battre en fin de course. Je sais que ce sera très dur de me battre pour le podium mais je vais faire de mon mieux dans les conditions que nous aurons. Je vais donner 100%. Évidemment, si les conditions sont imprévisibles, c'est mieux que s'il y a un grand soleil et une course totalement sur le sec, parce qu'il y a une plus grosse marge de progrès s'il pleut, si ça s'assèche, ou que c'est complètement humide. On verra. Je suis assez optimiste."

Álex Rins, auteur du 15e temps, a également connu des problèmes avec la gestion des pneus et il regrette de ne pas avoir fait un crochet par la voie des stands pour prendre des gommes neuves, ce qui lui aurait permis d'être plus performant au moment où les conditions étaient les plus favorables. "Nous n'avons pas eu la meilleure stratégie", a reconnu le pilote espagnol. "Dans ces conditions, c'est dur de choisir de bons composés. Nous avons décidé de commencer par un pneu medium à l’avant et un soft à l’arrière mais j'ai parlé avec Manu [Cazeaux], mon chef d'équipe, du moment où s'arrêter pour changer de pneu ou pour faire un arrêt mais sur la moto, je pensais plus à rouler plus vite qu’au pneu que je devais mettre. Donc si nous avions pu nous arrêter et mettre le pneu medium à l'arrière, je serais certainement dans une meilleure position. C'est comme ça. Nous devons penser à la course et c’est tout."

Comme Mir, Rins est déterminé à retrouver le top 10 en course, et il n'exclut pas de quitter le Mans avec un trophée. Mais contrairement à son équipier, le #42 pense avoir besoin d'une sèche : "Je suis prêt pour la course, bien sûr. Ces deux séances, EL2 et EL4, ont été sur le sec donc si la course est dans ces conditions, nous avons une très bonne base et sincèrement, je me sens plutôt bien. C’est réaliste si on fait la course sur le sec. Si je fais de bons premiers tours, je pourrai peut-être me battre pour le podium. Si c'est humide, nous sommes généralement rapides dans ces conditions mais ce week-end, nous sommes performants mais pas assez. Nous avons eu le temps de préparer notre moto. Que ce soit sec ou mouillé, la moto sera prête mais nous avons besoin d'une très bonne stratégie, pour savoir quel chrono nécessite de rentrer au box, afin de changer [de moto]."

Une Suzuki délicate au virage 3

Malgré l'optimisme affiché par les deux pilotes Suzuki, leur moto conserve certaines faiblesses. Joan Mir a fait partie des très nombreux pilotes piégés par le virage 3, qui marque l'entrée de la chicane Dunlop, avec une nouvelle chute durant le warm-up. Quelles que soient les conditions, la Suzuki, dont l'avant est très délicat, est en difficulté dans cette portion du circuit Bugatti, même si des progrès ont été effectués samedi.

"On ne sent pas beaucoup l'avant. C'est le plus gros souci. Souvent, les motos qui ont un composé plus dur ont un avantage à cet endroit parce que ça donne plus de sensations. Dans notre cas, on utilise un pneu plus tendre habituellement, parce que la Suzuki est comme ça, ce n'est pas lié à mon pilotage, parce que je suis assez agressif sur l'avant, et je crois qu'Álex aussi. C'est en raison de la façon dont la moto est faite. C'est un peu plus dur pour nous. Je n'ai pas de sensations avec l'avant."

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"Ça arrive quand il n'y a pas de température et pas de grip. Les chutes liées à la température sont très étranges parce qu'on ne s'y attend pas. C'est comme ça. Je dois dire qu'en EL4, je me sentais bien mieux. On essaie toujours de faire des choses pour utiliser un peu plus l'avant, le chauffer un peu plus, et j'en suis content. On a un bon package sur le sec et un bon package sur le mouillé. Pas le meilleur, mais je pense qu'on peut se battre avec ce package."

Mir estime que la Suzuki est plus maniable que la saison passée dans ce fameux virage 3, mais les conditions très variables d'une séance à l'autre le privent de véritables repères : "C'est mieux que les années précédentes. Mais au Mans, on ne connaît jamais le rythme. On ne peut jamais avoir deux séances, ou même une, complètement sur le sec. On commence toujours avec un peu de pluie, puis on gagne en rythme alors qu'il y a des flaques... On n'attaque jamais vraiment aux limites de la moto mais à celles de la piste, et c'est toujours un problème quand on veut progresser, parce qu'on ne voit pas le potentiel des autres, parce que c'est celui qui s'adapte le plus aux circonstances [qui mène]."

Avec Chloé Millois

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