MotoGP GP de France

Joan Mir ignore s'il supportera longtemps la situation chez Honda

Joan Mir vit mieux les difficultés de Honda que la saison dernière, voyant une réaction en interne. L'Espagnol sait que la marque a besoin de temps, pourtant il reconnait que le point de rupture pourrait approcher pour lui après deux années éprouvantes.

Joan Mir, Repsol Honda Team

Les Grands Prix s'enchaînent et Honda reste la dernière force du plateau. Joan Mir ne s'est jamais qualifié plus haut que la 17e place depuis le début de la saison, il n'a passé que deux tours dans le top 10 dans les courses sprint et aucun le dimanche, avec pour meilleurs résultats une neuvième place le samedi, après plusieurs pénalités à Jerez, et une 12e le dimanche, au Portugal et en Espagne.

Ces résultats, loin du statut attendu d'une marque comme Honda, le Majorquin ne les acceptera pas éternellement. "Je suis complètement honnête, je n'ai aucune idée de combien de temps mon corps pourra encaisser ça", a-t-il reconnu. "Je pensais ne pas réussir à en arriver là, et j'y suis. J'essaie de faire de mon mieux, j'essaie de rester devant [les autres Honda], de faire de bonnes courses, mais pour les miracles il faut aller à Lourdes."

La semaine dernière, Mir a confié avoir "des options" pour 2025 mais être en pleine réflexion sur la suite qu'il donnera à sa carrière. Le Champion du monde 2020 est conscient que sa côte sera à la baisse après deux années difficiles chez Honda : "La réalité, c'est que personne ne quitte Honda dans une meilleure forme qu'en arrivant. Il faut gérer cette situation aussi bien que possible et voir ce que je veux faire."

"Je suis convaincu que l'on aura des options, pas celles que j'aimerais, mais on aura des options. Je donne tout et je suis convaincu qu'avec une moto performante je serai immédiatement devant", a souligné Mir, se disant "calme" aujourd'hui alors que ces difficultés étaient "un peu trop" pour lui l'an dernier, au point de le faire songer à la retraite.

Joan Mir, Repsol Honda Team

Joan Mir

Photo de: Marc Fleury

Mir arrive en effet à mieux appréhender les difficultés, malgré une situation loin de s'améliorer : "Cette moto est largement pire que celle de l'an dernier et je suis plus rapide, je vis un meilleur moment, je me sens bien et je vois que les limites ne viennent pas de moi. Au contraire, l'an dernier j'hésitais et je n'étais pas au niveau que l'on attendait de moi."

Tout ce que l'on a testé pour le moment ne va pas dans la bonne direction. Par rapport à l'an dernier, je peux dire qu'il y a plus de réaction, c'est un fait que je vois plus de réaction.

Yamaha traverse également une période difficile mais de gros changements ont été mis en place dans le département technique, au point de convaincre Fabio Quartararo de prolonger. Honda a aussi fait évoluer les choses, cependant la marque a moins communiqué sur ses nouvelles méthodes de travail et Mir peut seulement espérer qu'elles seront suffisantes pour faire progresser la moto. Il constate néanmoins un sursaut.

"Honda a aussi changé beaucoup de choses en interne. Ils pensent probablement que c'est suffisant mais pour le moment, on doit laisser un peu temps pour comprendre, avoir une certaine patience pour laisser une chance et une opportunité aux nouvelles personnes. Tout ce que l'on a testé pour le moment ne va pas dans la bonne direction."

"Par rapport à l'an dernier, je peux dire qu'il y a plus de réaction, c'est un fait que je vois plus de réaction. Mais est-ce que c'est suffisant ? Je ne sais pas. Donnons-leur un peu plus de temps, il faut être un peu plus patient mais c'est la réalité du moment."

Joan Mir, Repsol Honda Team

Joan Mir

Photo de: Marc Fleury

Si Mir évoque le besoin d'être patient, c'est parce que la Honda n'a pas véritablement évolué depuis le début de l'année. La moto radicalement différente testée avant et après le GP d'Espagne n'a pas donné satisfaction et il était donc impossible d'espérer un bond en avant au Mans.

"On a la même moto que dans les courses précédentes, on ne peut pas demander un meilleur résultat. Voilà la situation. On donne toujours notre maximum et c'est notre position actuelle. Si avec tout ce que l'on évalue dans un test, on n'a pas de nouveauté, on va rester à la même position. On a beaucoup de mal."

Deux chutes au Mans sur une Honda plus à la peine

Honda semble même avoir régressé cette année, les grosses modifications apportées à la moto lui ayant fait perdre certaines de ses qualités dans les phases de freinage. Joan Mir l'a une nouvelle fois constaté au Mans : "Par le passé, cette piste n'était pas la pire : l'an dernier on était en mesure de ne pas perdre trop de temps sur les autres dans les virages stop-and-go et cette année, on perd aussi du temps dans ce genre de virages. On l'avait vu à Austin, à Portimão... C'est un peu la réalité actuellement."

Lors du sprint, Mir a visiblement eu un souci sur sa moto, qui a fini par provoquer une chute alors qu'il était très loin des leaders, au 21e rang : "Dans le tour de formation, j'ai vu que je n'avais aucun grip à l'arrière et je m'attendais à ce que ça s'améliore pendant la course. Sincèrement, ça n'a pas été le cas. J'avais de gros soucis à l'arrière, en roulant deux secondes moins vite. Il n'y avait aucune adhérence, je patinais en ligne droite !"

"Je suis tombé sans mettre les gaz, au virage 8, pas de l'avant mais de l'arrière. C'était très imprévisible et dommage, il faut comprendre ce qu'il s'est passé, essayer de mieux contrôler cette situation. C'était une course malheureuse."

Joan Mir, Repsol Honda Team

Joan Mir

Photo de: Marc Fleury

Le dimanche, Mir a connu une nouvelle chute, néanmoins la journée s'est révélée prometteuse, non seulement parce que le problème de la veille a été corrigé, mais aussi parce qu'il occupait la 15e place au moment de son abandon : "Ce qu'il faut retenir de cette journée, ce sont les sensations que j'avais sur la moto. Après [samedi] et le problème que l'on a eu, c'était bien de pouvoir améliorer les réglages et d'avoir un bon rythme en course. J'ai pu confirmer mes sensations et je tiens à remercier le team Repsol Honda pour leur travail, ils m'ont fourni une moto avec laquelle je pouvais attaquer."

Mir a participé à un test au Mugello cette semaine mais pendant le week-end dans la Sarthe, il ignorait encore de quoi son programme serait fait. "J'espère que s'ils me font faire un test, c'est qu'il y a une raison", indiquait-il, ne pouvant que miser sur de sérieux changements, inspirés par les choses identifiées à Jerez : "J'espère qu'ils vont réagir vite et que l'on aura certaines nouveautés rapidement, dans cette direction. C'est important, on ne peut pas en demander plus."

Avec Germán Garcia Casanova

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