Joan Mir : "Je suis obsédé par l'idée de gagner autrement"

Lassé de devoir miser sur sa constance plus que sur les performances de la Suzuki, Joan Mir espère que la marque lui fournira une machine plus efficace en 2022.

Joan Mir : "Je suis obsédé par l'idée de gagner autrement"

Joan Mir a décroché le titre mondial en 2020, dans l'une des saisons les plus atypiques de l'Histoire du MotoGP. La crise sanitaire a réduit le calendrier à 14 courses, dont la moitié sur le sol espagnol, et Marc Márquez, vainqueur de six des sept derniers championnats, était sur la touche en raison de sa blessure au bras.

Cette situation inédite n'enlève rien au mérite de Mir, devenu Champion du monde dès sa deuxième saison dans la catégorie reine et au guidon d'une Suzuki qui n'avait plus triomphé depuis deux décennies. Le Majorquin avait alors fait la différence grâce à sa constance dans la deuxième partie de la saison, quand ses rivaux connaissaient des résultats en dents de scie.

Cette année, Mir a compris dès les premiers tours de roue que la défense de son titre serait difficile. Avec un gel partiel du développement imposé pour atténuer les conséquences économiques de la pandémie, la Suzuki a très peu évolué mais les marques rivales ont néanmoins pu apporter d'importantes nouveautés.

"Dès le début de la saison, j'ai réalisé que ça serait vraiment dur", a déclaré Joan Mir dans une interview exclusive accordée à Motorsport.com. "J'ai vu que tous [les autres constructeurs] avaient fait pas mal de progrès et que nous devions faire mieux dans plusieurs domaines. J'ai réalisé qu'ils avaient des choses que nous n'avions pas, qu'il y avait de grosses différences à l'accélération et que ça nous coûterait cher."

Mir a continué à s'appuyer sur sa constance cette année avec six podiums – seuls Fabio Quartararo et Pecco Bagnaia faisant mieux – et la troisième place du championnat derrière les deux hommes forts de la saison. La Suzuki a commencé à évoluer, avec l'arrivée du variateur de hauteur à l'arrière à l'été, une nouveauté longtemps réclamée par le #36 et qui a porté ses fruits.

Voir Quartararo sceller le titre au GP d'Émilie-Romagne a néanmoins été un moment difficile pour Mir, d'autant qu'il a conclu cette course sur une chute dès le deuxième tour, alors qu'il occupait une lointaine 18e place après de mauvaises qualifications : "La sensation n'est pas arrivée immédiatement, mais j'ai senti que c'était une défaite, parce que j'attendais des choses qui ne se sont pas concrétisées cette année."

La chute de Joan Mir à Misano

La chute de Joan Mir à Misano

Joan Mir espère un rebond la saison prochaine. Il ne se suffit plus de sa régularité et veut devenir un véritable prétendant régulier à la victoire, n'ayant décroché qu'un seul succès en MotoGP, au Grand Prix de Valence 2020.

"En un sens, j'ai l'impression que depuis que je suis chez Suzuki, je n'ai pas fait et je n'ai pas donné tout ce que je pouvais donner. Oui, j'ai gagné. Mais je sais que je peux gagner autrement, je suis obsédé par l'idée de gagner autrement. L'an dernier j'ai gagné grâce à ma constance, en étant malin et grâce à plusieurs choses, mais pas en étant le plus rapide. Je veux me battre pour être plus rapide avec Suzuki. C'est mon défi."

Faut-il voir dans ces propos un moyen de mettre en garde Suzuki à un an de la fin de son contrat ? Mir ne cache pas que tenter de triompher avec une nouvelle machine ne lui déplairait pas : "Oui, peut-être, mais plus tard", a-t-il précisé, donnant ainsi la priorité à son équipe actuelle.

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