Johann Zarco a "retrouvé des performances" au GP d'Aragón

Johann Zarco a retrouvé les premières places vendredi sur le MotorLand Aragón, après avoir souffert à Silverstone. Le Français dresse le bilan de sa journée et fait le point sur la situation au championnat.

Johann Zarco a "retrouvé des performances" au GP d'Aragón

Après un Grand Prix de Grande-Bretagne où il a éprouvé de véritables difficultés à se battre pour le top 10, le MotorLand apparaît comme le terrain de jeu idéal pour relancer Johann Zarco. Les Ducati ont fait forte impression vendredi, occupant quatre des six premières places, et le Provençal était au cœur de ce groupe, à la quatrième position.

Arrivé en Aragón après un road trip depuis Bonpas, près d'Avignon, au guidon d'une Ducati 900 SS Darmah de 1981, deux jours qui lui ont permis de se rapprocher de plusieurs membres du team Pramac qui l'accompagnaient, Johann Zarco a vite été dans le bon rythme, sans ressentir la gêne de l'arm-pump pour lequel il envisage l'opération.

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Si les progrès dans les passages en courbe se concrétisent, le #5 pourra prétendre à un bon résultat ce week-end et asseoir sa place dans dans la course à la deuxième place du championnat, derrière un Fabio Quartararo qu'il juge impossible à rattraper.

Quel bilan tires-tu des deux premières séances ?

Une bonne première journée. Je suis content d'avoir retrouvé des performances dans l'après-midi. Le dernier tour était assez intéressant, la séance était intéressante, à tester différents pneus et à recueillir des informations, plus claires qu'à Silverstone. J'espère que ça m'aidera à être plus fort demain, plus fort pour le time attack, et aussi dans le rythme. Dans l'ensemble, je suis satisfait d'avoir poussé et d'avoir obtenu quelque chose, c'est bon pour la confiance.

Les conditions étaient bonnes. C'est bien quand il ne fait pas frais ici en Aragón, parce qu'il faisait trop froid l'an dernier et que c'était dur de savoir quand on pouvait attaquer ou non. On voit que les Ducati sont bonnes. On a cet avantage en ligne droite mais on peut avoir un gros avantage à plusieurs endroits. J'espère qu'on va encore travailler [samedi] pour profiter autant que possible de cet avantage et être à l'aise dans des domaines qui sont peut-être des points faibles. Mais je peux juste le dire pour le moment, il faudra le faire [ce samedi] et je dois attendre.

Quelles sont les faiblesses que tu ressens sur la Ducati ? 

Je dirais tourner le plus vite possible, pour profiter notre bon moteur et de notre bonne accélération. Il faut se repositionner dans la bonne direction. C'est plus facile à dire qu'à faire. Si on retrouve plus vite la bonne direction, le jeu devient plus facile.

Quelle est la partie la plus technique avec la Ducati sur ce circuit ?

C'est toujours de contrôler le grip à l'arrière quand tu essaies de passer vite dans un virage comme le 10 ou les 16-17. Tu as tendance à vite perdre l'arrière et quand c'est le cas, la moto s'écarte pas mal et une fois qu'elle s'écarte en glissant, ça crée du mouvement. Quand tu essaies de contrôler ça, tu passes moins vite en virage. Il faut toujours avoir ce compromis. C'est pour ça que je dis que si on arrive à prendre la bonne direction plus rapidement en forçant moins, après il n'y a plus qu'à accélérer et dans ce domaine-là, on est les meilleurs. Quand on trouve ça, le jeu devient presque facile. C'est là où c'est bon parce que tu sens que tu es proche de quelque chose de très bon.

Vice-Champion du monde, ça reste trop beau, surtout après tout ce que j'ai dû traverser. Si c'est deuxième, je le prends. Un podium mondial, c'est fantastique. C'est pour ça qu'il ne faut pas se dire 'si je ne suis pas Champion, c'est pourri', parce que passer de rien à deuxième, ça sera beau.

Johann Zarco

Tu es encore troisième du championnat, tu es très proche de Joan Mir. Penses-tu que le moment est venu d'attaquer, ou est-ce tout le temps le moment d'attaquer ?

Il faut être fort tout le temps et attaquer tout le week-end pour être rapide. Entre le premier et le 21e, il y avait 1"2, donc on ne peut pas trop respirer. Parfois, on se tient tous en une seconde. Le seul qui est distancé [Jake Dixon], c'est parce qu'il est totalement nouveau dans la catégorie. On n'a pas d'autre solution qu'attaquer.

La position au championnat est très bonne, donc tant que je pourrai prendre des points à Pecco [Bagnaia], Jack [Miller], Mir et les autres, je serai satisfait. Je ne mentionne pas Fabio parce qu'il a un gros avantage au championnat. Si je prends plus de points que lui, ça sera bien, mais reprendre plus de 50 points, c'est trop. Il faudrait gagner presque toutes les courses et mettre la pression comme ça sur Fabio. Mais gagner des courses, je n'en suis pas encore autant prêt que Fabio depuis le début de la saison. Tout le monde est à son niveau.

Est-ce que le retard que tu accuses sur Fabio t'incites à aborder les dernières courses avec un dernier état d'esprit, pour préparer l'année prochaine ? Ou tu vises la meilleure place au championnat, même si c'est la deuxième ?

Il ne faut pas se dire "on essaie trop de choses" ou "on se relâche". Vice-Champion du monde, ça reste trop beau, surtout après tout ce que j'ai dû traverser. Si c'est deuxième, je le prends. Un podium mondial, c'est fantastique. C'est pour ça qu'il ne faut pas se dire "si je ne suis pas Champion, c'est pourri", parce que passer de rien à deuxième, ça sera beau. Au niveau mental, il y a moins cette pression à se dire que je dois être aussi fort que Fabio. Il a vraiment fait une belle démonstration de confiance et de pilotage. Je veux être à ce niveau-là mais je vois que ça ne vient pas aussi vite que ce que je voudrais. C'est là où il faut l'accepter. On a bien répété d'où je suis parti au début de l'année dernière et, même par rapport à ce qu'on visait cette année, on est mieux que prévu, donc on garde ça pour chercher le plaisir. Si Fabio fête son titre et que je ne fais qu'une deuxième place, on ira le fêter ensemble.

Tu as dis que tu avais ressenti du stress dans les dernières courses. Ton road trip avait-il pour but de te retirer du stress ?

Non, ce n'était pas pour déstresser. C'était juste pour passer un bon moment avec l'équipe, et c'était un très bon moment. C'est à Silverstone que j'ai ressenti la plus forte pression, avec toutes ces questions techniques qu'on a pas pu bien gérer. À Silverstone, même en course, les sensations étaient déjà meilleures. En Autriche, je voulais revenir plus fort après la pause estivale. Je n'ai pas pu le faire. L'Autriche 2 a été assez bon mais la course a été assez décevante [avec une chute]. Le week-end de course était bon, à chaque séance, donc j'étais proche de quelque chose de bon, mais je suis arrivé à Silverstone, où je voulais encore plus, et je n'ai pas pu accepter ce qu'il se passait. C'est pour ça que j'étais stressé. Je vois que le road trip à moto apporte de bonnes sensations, mais ce n'était pas le but.

Est-ce que ce road trip t'as donné des ailes ?

Pas spécialement. Ce qui est sympa, c'est de connaître davantage ses mécanos et même des gens de Ducati. Des techniciens étaient avec nous. Ça a créé des liens forts et c'était bon pour ça. Dire que ça donne des ailes, ça serait exagéré.

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