Lorenzo impressionné par les faibles écarts : "C'est incroyable !"

Jorge Lorenzo observe un MotoGP désormais beaucoup plus ouvert, grâce à un plateau plus compétitif que jamais et des motos toutes capables de gagner. La source d'un superbe spectacle, mais aussi de plus de stress pour les pilotes selon lui.

Lorenzo impressionné par les faibles écarts : "C'est incroyable !"

Les écarts se sont resserrés en MotoGP, un phénomène accéléré depuis l'an dernier, entre la blessure de Marc Márquez, habitué à dominer le championnat, et l'avènement d'une nouvelle génération qui a goûté aux joies de la victoire avec différentes machines. Depuis 2020, sept pilotes se sont imposés pour la première fois, avec quatre motos distinctes. Sur la même période, cinq des six constructeurs impliqués ont remporté au moins une course.

La stabilité règlementaire, couplée au manufacturier de pneus unique et au système électronique commun, ont permis de rapprocher les performances des différentes marques. À Silverstone, les six machines ont ainsi été représentées aux six premières positions, une première depuis 1972.

Après avoir vu seulement quelques équipes d'usine dominer le championnat durant la majeure partie de sa carrière, Jorge Lorenzo est aujourd'hui impressionné par le niveau de compétitivité atteint. "Si on compare le MotoGP avec ce qu'il était il y a dix ans, la situation a complètement changé", observe le Majorquin auprès du site officiel du MotoGP, jugeant la situation d'alors comme "un autre monde".

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Il faut dire qu'outre la grande variété observée aujourd'hui dans les résultats, le MotoGP se distingue aussi par des écarts de plus en plus réduits, qu'il s'agisse de ceux dans lesquels se contient le plateau en essais ou en qualifications, ou bien des différences à l'arrivée des courses. Ainsi, un seul Grand Prix datant d'avant 2018 figure parmi les dix courses aux top 10 les plus serrés de l'Histoire, et cinq d'entre elles ont été disputées depuis l'an dernier. Si l'on étend l'observation au top 15, les vingt Grands Prix les plus serrés ont tous été disputés depuis 2017 et le record absolu de l'écart le plus faible a été pulvérisé cette année avec 8"928 seulement séparant le premier du 15e à l'arrivée du GP de Doha !

"Je me souviens qu'en 2010 et 2011, quand il y avait les CRT, la différence entre le plus rapide et le plus lent était de quatre secondes ou quatre secondes et demie. Maintenant toute la grille se tient en sept ou huit dixièmes, c'est incroyable !" s'enthousiasme le triple Champion du monde MotoGP. "En ce moment, toutes les motos, grâce à leurs performances, ont la possibilité de décrocher des podiums et même de gagner. Ça n'est jamais arrivé par le passé et ça été un gros travail de la part de la Dorna de créer petit à petit cette grande concurrence entre les équipes et les motos."

Les mauvais jours se payent cher

Aleix Espargaró se réjouit du constat fait par Jorge Lorenzo, y voyant un signe du resserrement des performances entre les différentes motos mais aussi la preuve que tous les pilotes actuellement impliqués en MotoGP sont performants. Lui-même acteur du rapprochement d'Aprilia avec les leaders, il se félicite de cette situation qui voit les six marques capables de viser le podium, voire la victoire.

"C'est plus fort venant de lui parce qu'il n'est pas sur la grille, donc je le respecte totalement quand il dit ça, et je suis d'accord", a souligné le pilote Aprilia en marge du GP d'Aragón. "Je ne dis pas seulement cela parce que je suis sur la grille, mais le niveau est vraiment très élevé, c'est incroyable. Et pas seulement entre les pilotes : par le passé il y avait entre six et dix motos d'usine performantes, maintenant il y a 20 motos performantes. Il n'y a pas de mauvaise moto. En fond de grille, il y a les Yamaha d'usine, les KTM de Tech3 ou Binder qui a gagné une course cette année... Donc toutes les motos sont performantes, tous les pilotes sont performants."

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team Gresini

Espargaró a pris l'exemple des qualifications d'Alcañiz, où il a signé le sixième temps à une demi-seconde du poleman, un changement profond par rapport à la situation d'il y a quelques années : "Tout est vraiment très serré. Il faut être très concentré, on n'a le droit à l'erreur dans aucun virage. J'ai un profond respect pour eux, mais il y a huit ou dix ans, si les leaders connaissaient un mauvais jour ou un mauvais tour, ils partaient quand même troisième ou quatrième. Ce n'est plus comme ça."

Lorenzo, qui faisait partie des "Quatre Fantastiques" durant une ère largement dominée par des pilotes indéniablement perçus au-dessus du lot, ne contredit pas son compatriote. "Il y a dix ans, [...] il n'y avait que quatre ou six motos qui étaient très compétitives. On pouvait donc très facilement terminer la course en cinquième ou sixième position", concède-t-il. "Mais [maintenant il n'y a] qu'un seul manufacturier et deux options de pneus pour la course : cela crée un championnat beaucoup plus compétitif parce qu'on ne peut pas bénéficier d'un meilleur pneu que les autres. Et puis, la Dorna a peu à peu mis en place une électronique centralisée, la même pour tout le monde, et on ne peut donc pas se créer d'avantage électronique par rapport à la concurrence. C'est pour cela que la catégorie est devenue de plus en plus compétitive."

À ses yeux, cette nouvelle donne s'accompagne de "beaucoup de pression" pour les pilotes : "Toute la grille se tient en seulement une seconde et il n'y a presque pas de différence entre les pilotes. Si vous partez de la dixième position, il vous sera très difficile de doubler parce que le pilote devant vous fera les mêmes tours, freinera au même endroit que vous et accélèrera au même endroit. Il est donc essentiel de faire de bonnes qualifications, de boucler le tour parfait. C'est pour cette raison que l'on voit les pilotes très anxieux au moment des qualifs, et ils ont beaucoup de pression."

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