Limites de piste : Mir voudrait un regard plus humain sur les sanctions

Bien que défenseur des capteurs qui aujourd'hui détectent le dépassement des limites de la piste, Joan Mir aimerait que les membres de la direction de course jugent eux-mêmes les infractions commises dans les derniers tours des courses.

Limites de piste : Mir voudrait un regard plus humain sur les sanctions

Joan Mir en a appelé à un traitement plus humain des pénalités applicables pour dépassement des limites de la piste dans le dernier tour des courses. Depuis le début du championnat, ces infractions sont constatées à l'aide de capteurs, justement pour réduire la marge d'erreur et éviter qu'une décision puisse être contestée. Mais le fait est que les transgressions sont parfois extrêmement ténues et donc les sanctions perçues comme trop strictes, comme ce fut le cas pour Maverick Viñales au Portugal, et dans le cas d'une bagarre en toute fin de course la conséquence peut être coûteuse.

Il y a un mois, à Jerez, Joan Mir s'était dit partisan de la fermeté et favorable à l'utilisation de ces capteurs, qui ne laissent plus de place au doute. "Comme ça, c'est clair. Si vous êtes dehors, vous êtes dehors. Et même si c'est d'un millimètre, vous êtes dehors. Je préfère franchement que ce soit comme ça. Moins de discussion avec la direction de course", avait-il expliqué.

Pourtant, dimanche, après avoir été sanctionné pour être passé sur la partie verte indiquant le hors-piste à la sortie du virage 5 du Mugello, dans le dernier tour du Grand Prix d'Italie, le Champion du monde en titre était moins convaincu par cette sévérité des machines. Il faudrait, selon lui, une touche plus humaine dans ces décisions.

"Dans le dernier tour, il faut toujours faire très attention à ça. Il y a des endroits où l'on ne peut pas éviter de passer parfois [sur la zone verte], mais avec les capteurs c'est maintenant très, très sensible. Je n'ai même pas réalisé que j'étais deuxième et que Miguel avait touché la partie verte, ni que je l'avais fait moi-même. Je veux revoir les images, car je ne le savais pas, je n'ai pas vu", a expliqué le pilote Suzuki, promu à la deuxième place après que Miguel Oliveira a été sanctionné, puis immédiatement rétrogradé pour avoir commis exactement la même infraction que son adversaire.

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"C'est quelque chose qui peut être très dangereux si on ne pose pas de limites, car on peut sortir de la piste et après le vert il y a de l'herbe, or si personne ne dit rien pour le vert on va toucher l'herbe et finir par élargir la piste ! C'est important, mais je pense que dans ces cas-là, dans les derniers tours… À la direction de course, beaucoup de personnes sont d'anciens pilotes et les décisions sur ce point doivent être prises avec un aspect humain. Ça n'est pas facile, parce qu'ils vont dire que c'est mieux si les machines décident, mais il faut comprendre : si on s'y connaît en course, on comprend si le pilote gagne du temps ou pas."

"C'est très frustrant, parce qu'on ne peut pas donner notre avis à ce sujet, il n'y a pas de discussion. Je pense donc qu'il faudrait un peu de côté humain, discuter un peu, voilà ce que je veux dire. On se donne à 100% pendant toute la course et on peut perdre un podium pour un ou deux millimètres, alors ça n'est pas juste. Et c'est le cas même si on ne gagne pas de temps. Le vert doit être pénalisé, je suis d'accord avec ça, car ça veut dire [plus de] sécurité, mais je suis pilote et je sais que parfois il y a des choses qui ne sont pas très justes. Un côté un peu plus humain serait donc mieux."

Miguel Oliveira a concordé avec son adversaire, estimant lui aussi n'avoir retiré aucun gain en posant ses roues sur la partie verte à cet endroit. Lui non plus ne s'était pas aperçu de son infraction. "C'est dans les règles", a-t-il concédé. "Je ne pense avoir gagné aucun avantage en touchant le vert à cet endroit-là. À Misano, l'année dernière, on avait déjà demandé à élargir la peinture à la sortie du dernier virage pour éviter ce genre de situations. En MotoGP, ça arrive très souvent qu'on dépasse les limites de la piste sans en retirer aucun avantage. Il est assez difficile de manœuvrer la moto à grande vitesse à la sortie de ce virage, c'est une lutte ne serait-ce que pour rester sur la piste. Alors toucher le vert à grande vitesse quand on regarde déjà le virage suivant, c'est un peu dur… Heureusement, Joan est sorti aussi !"

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