Limites de la piste : Oliveira s'interroge, Mir soutient la fermeté

Les capteurs qui se substituent désormais au regard humain pour enregistrer les dépassements des limites de la piste ne plaisent pas à tout le monde. Mais contrairement à d'autres règles, les pilotes ne font pas front commun pour s'en plaindre.

Limites de la piste : Oliveira s'interroge, Mir soutient la fermeté

Miguel Oliveira est resté sur sa faim après les qualifications du Grand Prix d'Espagne, son meilleur tour ayant été annulé pour un dépassement des limites de la piste. Dépassement qu'il juge à peine perceptible, mais qui a été sanctionné sur la base de la nouvelle manière de procéder à ce sujet, c'est-à-dire à l'aide de capteurs placés sur les zones vertes situées à l'extérieur des vibreurs et se déclenchant dès qu'ils sentent la pression d'une roue.

"J'ai eu un très bon tour annulé parce que j'ai déclenché les capteurs à l'extérieur du virage 10. Bien sûr, on garde toujours un doute parce qu'ils n'en ont aucune image − on les a déjà demandées et je n'ai pas de nouvelles pour le moment", expliquait le pilote KTM samedi soir, dubitatif. Le seul tour rapide qu'il a réalisé dans le time attack de la Q1 lui a donc été retiré, lui coûtant la 13e place de la grille, trois crans plus haut que là où il se situe finalement.

"On se tourne vers [la course] avec la 16e place sur la grille et je ne veux pas dépenser plus d'énergie là-dessus. Je ne suis pas d'accord avec ce type de capteurs pour les limites de la piste, mais c'est ce qu'on a, alors bon", grognait-il. "On roule à la limite, alors ça n'est pas génial quand on a un tour, surtout un bon, qui est annulé. Ça fait une différence parce que ce sont trois positions sur la grille, donc une ligne complète, alors c'est quelque chose dont il faudrait discuter plus à l'avenir."

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"Que pouvons-nous faire ? Le système va dans la bonne direction pour rendre les choses plus fiables", concédait le pilote portugais, jugeant toutefois ces capteurs trop sensibles et donc certaines annulations trop sévères. "Le truc c'est que nos pneus sont assez larges, dont on peut déclencher les capteurs sans être en dehors des limites de la piste. On a beau être très proche du vert, on est encore sur le vibreur. Je pense que le meilleur exemple, c'est Viñales [privé de la pole position à Portimão, ndlr], parce qu'on peut le voir sur les ralentis. Quand le pneu s'écrase assez fortement, cela augmente un peu sa largeur donc il est normal qu'on puisse déclencher un capteur sans être en dehors des limites de la piste."

"Il y a une piste, il faut rester à l'intérieur"

Est-ce donc une question d'équilibre à trouver dans les sanctions, avec un système si pointu qu'il en devient trop strict ? Oliveira n'a pas que des soutiens sur le sujet, certains de ses adversaires souhaitant conserver cette fermeté.

C'est le cas notamment de Joan Mir, fervent défenseur de la règle actuelle. "Avec les lasers et ces choses-là, on sait que c'est vraiment sensible. Il faut qu'on le sache, c'est tout, et qu'on essaye de faire attention", estime le Champion du monde. "Je ne me plains pas parce que je préfère qu'on soit dehors si on dépasse d'un millimètre, plutôt que 'ah mais je suis dedans, ou dehors…'. Comme ça, c'est clair. Si vous êtes dehors, vous êtes dehors. Et même si c'est d'un millimètre, vous êtes dehors. Je préfère franchement que ce soit comme ça. Moins de discussion avec la direction de course."

Pecco Bagnaia ne partage pas non plus l'analyse de Miguel Oliveira. "Au final, il y a une piste, il faut rester à l'intérieur, et si on va sur la partie verte ça veut dire qu'on a fait une erreur et exagéré", juge simplement le pilote Ducati. "Cette année, on voit qu'ils ont un peu augmenté les contrôles sur le vert, parce que Viñales y était vraiment passé [au Portugal] en mettant, je pense, quatre centimètres de pneu sur le vert. [Samedi] Franco y est passé avec les deux pneus, alors ils lui ont enlevé son tour."

Franco Morbidelli a en effet été directement concerné lui aussi samedi. Privé de ses deux meilleurs tours à la fin des EL3, il a dû en passer par la Q1 alors qu'il affichait une excellente pointe de vitesse, suffisante par la suite pour lui octroyer la deuxième place sur la grille de départ. "Quand je l'ai appris, je savais qu'il serait de toute façon passé en Q2 et qu'il aurait fait un super temps quoi qu'il en soit, parce qu'il est très rapide", note Bagnaia, à juste titre.

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Ce qui est plus contestable, aux yeux de Morbidelli, ce sont les délais étonnants avec lesquels sont rendues ces décisions. Il pensait avoir fini les EL3 en tête, avant d'apprendre de longues minutes plus tard qu'il n'était finalement que 11e.

"Je pense qu'il y a encore de la marge de progression", juge Morbidelli posément. "Je pense qu'il était juste d'annuler mes deux tours ; peut-être en revanche que ce n'était pas juste en termes de timing parce que j'ai été informé vraiment tard et nous n'avons pas vraiment eu les pneus."

"Il nous a fallu aller les chercher dans les couvertures et les chauffer en espérant qu'ils chauffent suffisamment pour la Q2 si je l'atteignais ; on a donc rencontré un problème de sécurité", précise-t-il. "Nous allons demander au panel de commissaires qu'il y ait une règle qui permette au moins de donner l'information dans un certain temps car après, ça devient dangereux car vous n'avez plus les pneus."

Avec Guillaume Navarro

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