Lorenzo pense qu'il aurait pu bloquer le retour de Rossi chez Yamaha

Avec le recul, Jorge Lorenzo estime qu'il aurait pu empêcher le retour de Valentino Rossi chez Yamaha, en 2013, étant devenu leader de l'équipe lorsque le #46 est parti chez Ducati.

Lorenzo pense qu'il aurait pu bloquer le retour de Rossi chez Yamaha

À l'occasion du départ à la retraite de Valentino Rossi, la chaîne DAZN a dédié un documentaire à certains de ses plus grands adversaires, l'occasion de lever le voile sur la manière dont la star italienne pouvait être perçue par ceux qui cherchaient à lui opposer résistance en piste lorsqu'il était au faîte de sa gloire.

L'un des points de vue les plus intéressants est certainement celui de Jorge Lorenzo, qui fut l'ennemi de l'intérieur de Rossi durant leurs sept années en commun chez Yamaha. Le binôme a été formé en 2008, lorsque le Majorquin a rejoint la catégorie reine, et personne n'aura oublié l'accueil qui lui a été réservé, avec la mise en place d'un mur séparant les deux parties du box.

"Quand je suis arrivé chez Yamaha en 2008, il a mis ce mur entre nos deux équipes pour éviter l'échange d'informations", se souvient Jorge Lorenzo, rappelant également que le management de l'équipe penchait ostensiblement en faveur de Valentino Rossi, déjà sacré cinq fois dans la catégorie reine à l'époque et véritable star, dans le box comme en dehors.

Le Majorquin explique avoir alors réalisé qu'en dépit de la frontière séparant les deux moitiés du stand, ses débuts étaient observés de près. "Mon entraîneur est allé à Tavullia pour parler avec le sien et dire ce que je faisais, afin qu'il améliore sa condition physique. Ça ne me plaisait pas tellement parce que je voulais garder pour moi les secrets qui me permettaient de progresser et d'aller plus vite, car je voulais battre Valentino. Et avec des photos sur les réseaux sociaux, j'ai compris que Valentino avait commencé à rouler avec des motos que j'utilisais à Germo di Lesmo. J'ai donc compris que c'est Meregalli ou quelqu'un d'autre chez Yamaha qui lui avait dit comment je m'entraînais avec mon père."

L'Espagnol sourit aujourd'hui de cette étrange dynamique qui s'était mise en place durant la première partie de son association avec Rossi. Mais le départ de l'Italien, en 2011, n'allait pas en marquer le point final : deux ans plus tard, il était de retour, ayant depuis admis que si la porte de Yamaha ne s'était pas rouverte, sa carrière se serait probablement arrêtée là. Or, au sujet de cette époque, Lorenzo estime qu'il aurait pu fortement peser sur le destin de son rival.

"Quand vous enchaînez six ou sept courses en obtenant de mauvais résultats, votre valeur chute rapidement. Parce qu'il a choisi d'aller chez Ducati et qu'il a connu deux mauvaises saisons, la valeur de Valentino a changé radicalement par rapport à ce qu'elle était deux ans auparavant quand il gagnait avec Yamaha. Et moi, par contre, je pouvais demander plus ou moins tout ce que je voulais. Alors si j'avais pensé dire que je ne voulais pas que Valentino revienne chez Yamaha, je suis pratiquement certain que Yamaha l'aurait accepté", estime-t-il.

"Je ne l'ai pas fait parce que je n'y ai pas pensé, je n'ai pas imaginé que Yamaha voudrait prendre Valentino. Si j'y avais pensé, je l'aurais sûrement fait parce que c'est quelque chose de naturel. On dit que Valentino lui-même, quelques années auparavant, avait empêché l'arrivée de Stoner chez Yamaha. Je ne sais pas si c'est vrai…"

"J'ai essayé", confirme Casey Stoner dans le même documentaire, en évoquant son attrait pour Yamaha. "Je suis passé à ça de signer un contrat avec Yamaha deux ans de suite. Peut-être que vous pouvez le deviner aussi bien que moi, mais quelqu'un chez Yamaha m'a empêché d'y aller. J'étais déçu parce que je voulais vraiment devenir le coéquipier de Valentino. Je voulais apprendre à ses côtés."

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Lorenzo va disputer une course au Ranch

Malgré une rivalité intense entre eux lorsqu'ils s'opposaient en piste, Rossi a désormais apaisé ses relations avec Stoner comme avec Lorenzo, particulièrement depuis l'annonce de son départ à la retraite. Preuve en est, l'Espagnol sera même au Ranch de Tavullia dans quelques jours pour participer aux 100 km des champions, un événement devenu traditionnel de l'entrée dans l'hiver et réunissant les amis du pilote italien.

"J'y vais parce que c'est une invitation que j'ai beaucoup appréciée", explique Jorge Lorenzo dans une interview accordée à GPOne. "J'avais déjà [envie] de rouler sur cette piste, qui a l'air fantastique. Finalement, pour de nombreuses raisons, nos duels en piste et aussi d'autres raisons, je n'avais jamais réussi à aller sur cette piste, qui a l'air magnifique. Je suis un grand amateur de dirt track, alors le fait qu'il m'apprécie quand on se voit et le fait d'avoir reçu cette invitation de sa part me font très plaisir. Je ne pouvais pas dire non."

L'Espagnol a reporté ses vacances pour pouvoir répondre à l'invitation. N'ayant passé qu'une journée en piste depuis la fin de son rôle de pilote essayeur pour Yamaha, il s'attend à ne pas être au niveau, mais l'essentiel est ailleurs. "Mon niveau actuel en tant que pilote, surtout sur une piste que je ne connais pas comme le Ranch, sera très bas. Je m'attends donc à être beaucoup plus lent que les autres pilotes. Mais ça n'est pas le but, l'objectif est de profiter de deux ou trois jours en dirt-track là-bas et d'être avec tout le monde pour ce jour spécial, qui sera certainement la dernière course importante de Valentino sur deux roues."

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