Malgré la douleur, Rossi n'a pas démérité

Valentino Rossi aura finalement tenu la distance de ce Grand Prix d'Aragón et terminé à une très belle cinquième place, après avoir livré une lutte de tous les instants face à ses rivaux en piste.

W.Z., Alcañiz - En d'autres circonstances, la cinquième place aurait pu paraître un brin décevante pour Valentino Rossi, mais ce dimanche elle fait office de véritable victoire pour l'Italien, que bien peu d'observateurs voyaient à pareille fête avant le début du week-end.

Alors que la participation du pilote Yamaha à cette 14e manche de la saison est restée en suspens jusqu'hier matin – les conditions humides et moins exigeantes physiquement n'ayant toujours pas permis de se faire une idée précise de l'endurance du transalpin vendredi –, le Docteur a finalement tenu la distance en course.

Tant et si bien qu'on ne sait pas exactement si son moins bon rythme observé en fin de course est réellement lié à sa blessure ou bien à une plus forte dégradation de ses gommes, dont les M1 officielles ont semblé de nouveau souffrir aujourd'hui.

Mais si la fin d'épreuve a été plus délicate, elle n'efface pas le début de course tonitruant dont le numéro 46 a été l'auteur. Parti depuis la troisième position sur la grille, celui-ci a en effet profité du mauvais départ de son coéquipier Maverick Viñales pour grappiller une position, et naviguer de nombreux tours dans le sillage de Jorge Lorenzo

"Je savais qu'aujourd'hui en course ce serait plus difficile, mais peu importe, ce fut une bonne course", a reconnu Rossi après coup. "J'ai pris un bon départ, et dans les premiers tours j'étais fort, et je pouvais me battre pour la victoire aussi bien avec Lorenzo qu'avec Márquez."

Si on a longtemps cru possible un dépassement du pilote Yamaha sur Lorenzo, le transalpin a finalement dû regarder derrière lui pour parer les attaques d'un Márquez bien décidé à faire oublier sa bévue des qualifications.

Une bataille homérique qui a trouvé son dénouement à l'approche de la mi-course, et auguré d'une autre lutte à couteaux tirés, cette fois-ci face à son coéquipier. Las, Rossi a dû s'avouer vaincu de nouveau, pour terminer en cinquième position.

Un résultat plus qu'honorable compte tenu de son état. "Je savais que lors de la seconde partie de la course, j'allais souffrir", ne cache pas l'Italien, qui n'est pas pour autant déçu de sa position à l'arrivée. "J'étais plus fatigué qu'en temps normal, et j'ai ressenti des douleurs. J'ai aussi subi un peu [trop] de dégradation sur le pneu arrière. Mais ce fut une belle bagarre, et le fait d'être dans le top 5 est un résultat que, sincèrement, je ne me croyais pas capable de réaliser."

Loin de mener une course tranquille, ce qui aurait pu se comprendre au vu des possibles conséquences d'une éventuelle chute, Rossi a même offert une résistance très virile face à ses adversaires. 

Bagarres rugueuses avec Viñales puis Pedrosa

Ce fut le cas face à Viñales, qui a dû opérer un bel écart de trajectoire pour éviter le contact, manquant de peu de toucher dans la manoeuvre Andrea Dovizioso, mais aussi et surtout face à Dani Pedrosa.

L'Espagnol, deuxième sous le drapeau à damier, n'a d'ailleurs pas caché ne pas avoir particulièrement apprécié la manoeuvre du numéro 46. Un état d'âme qui a laissé ce dernier de marbre. "Vous savez, s'il n'est pas content, Pedrosa, il peut courir tout seul je pense", s'est-il agacé. "Car tout le monde fait la même chose avec moi lorsque je veux dépasser, en particulier lors du dernier tour. Mais sincèrement à la sortie du virage 14, vous vous dirigez toujours sur la gauche. Peut-être que je me suis décalé un mètre de plus... je ne sais pas, peut-être que certains pilotes pensent que la piste leur appartient [rires]."

Pour ce qui est de sa forme au sortir de ce week-end espagnol, Rossi n'en fait aucun secret : il a connu des Grands Prix dont il est ressorti moins éprouvé. Mais la douleur s'oublie vite face à la satisfaction du travail accompli, et l'amélioration de ses sensations. "Chaque jour cela va mieux", affirme-t-il. "De vendredi à samedi cela a été une bonne étape, mais pas d'hier à aujourd'hui. Déjà, le fait de courir pendant 23 tours est quelque chose de difficile physiquement, même si vous êtes bien affûté. J'ai donc souffert lors des sept ou huit derniers tours, j'ai souffert un peu. Et j'ai fait le maximum pour avoir le meilleur résultat, mais à la fin j'étais fatigué."

Il n'en demeure pas moins que cette cinquième place reste un résultat impressionnant, qui amène à se poser des questions quant à ce qu'aurait été capable de faire le pilote Yamaha s'il avait disposé de l'ensemble de ses facultés. 

Avec trois semaines séparant Aragón de la prochaine manche à Motegi et étant donné la récupération éclair du Docteur, nul doute que celui-ci sera à-même de lutter à nouveau pour la victoire d'ici le Grand Prix du Japon.

 
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