Marc Márquez plus limité qu'il le pensait sur sa piste fétiche

Douzième de la première journée d'essais libres du Grand Prix d'Allemagne, Marc Márquez a admis se sentir plus limité qu'il l'avait espéré par sa condition physique.

Marc Márquez plus limité qu'il le pensait sur sa piste fétiche

Après cinq Grands Prix qui l'ont mis à rude épreuve, Marc Márquez retrouvait ce matin la piste du Sachsenring, qui tient une place à part dans sa carrière. Il s'y est imposé dix fois de suite, à chaque fois en partant de la pole position, et y est donc tout bonnement invaincu depuis qu'il a rejoint la catégorie MotoGP, en 2013. Sur ce circuit taillé pour lui, il espérait ne pas se sentir diminué physiquement, alors qu'il n'a pas encore totalement récupéré de sa blessure du bras de l'an dernier et des trois opérations qui ont suivi. Ce soir, le constat est toutefois un peu moins positif qu'espéré.

"Le week-end débute clairement différemment, avec une forme et une performance différentes par rapport aux autres week-ends. Comme je l'ai dit, je ressens moins de limitation physique ici, mais franchement je m'attendais à en ressentir encore moins", commente-t-il à l'issue de cette journée. "Je m'attendais à avoir zéro problème, mais je ne pilote pas très bien. Vous pouvez voir que mon coude droit est tout le temps très haut et je ne peux pas piloter comme je le voudrais. Pour le moment, j'arrive à avoir un bon rythme, mais demain il faudra essayer d'améliorer ce style de pilotage."

"Hier j'ai dit que j'aurais zéro limitation, et au final j'en ai moins que sur les autres circuits mais je sens encore quelque chose. L'une des choses les plus importantes, c'est que l'on travaille sur la moto, car c'est un circuit sur lequel on peut comprendre beaucoup de choses. Oui, mon rythme est bon, mais ça n'est pas le meilleur en piste actuellement."

Pour autant, partager la piste avec Marc Márquez au Sachsenring, c'est avoir à ses côtés une référence faisant office de perfection, et ses adversaires ne s'y trompent pas en le citant comme favori malgré sa condition physique actuelle. Fabio Quartararo disait même ce soir vouloir lui compliquer la vie dimanche.

"Je pense que je ne suis pas le favori pour le moment", rétorque le pilote espagnol. "Je sors d'une situation difficile. Aujourd'hui, par exemple, je n'ai pas monté de pneu neuf parce que je ne sentais pas que j'avais assez d'énergie pour l'utiliser. Ça faisait partie des plans d'utiliser un pneu neuf, mais j'ai fait deux petits runs rallongés pour évaluer le pneu arrière et j'ai ensuite dit à l'équipe que je ne me sentais pas prêt à monter un pneu neuf, parce que je n'avais pas assez d'énergie. On va donc attendre demain."

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Auteur du meilleur temps des EL1, Márquez a donc glissé à la 12e place à la fin des EL2 lorsque ses adversaires ont chaussé un pneu neuf pour aller chasser le chrono. Il devra désormais compter sur les EL3 pour remonter dans le top 10. "J'ai oublié les chronos et les classements. J'ai travaillé à l'ancienne, en pensant à la course, et demain ce sera le moment d'attaquer", ajoute-t-il en évoquant cette première journée.

Pole et podium ne sont pas l'objectif

Alors qu'il n'a plus manqué la pole position sur ce circuit depuis 2010, le Catalan se montre modeste en vue des qualifications de samedi. "Si je pars de l'une des deux premières lignes, je serai heureux", annonce-t-il, d'abord désireux de franchir un autre cap comme par exemple accéder directement à la Q2. "Je ne suis pas ici pour me battre pour la pole, pas [pour être rapide] sur un seul tour. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas monté de pneu neuf à la fin des EL2."

Un podium sera-t-il réaliste dimanche ? "C'est optimiste. Les essais, c'est une chose, mais la course en est une autre. Elle compte beaucoup de tours. Je suis meilleur qu'au Mugello et à Barcelone, je me suis senti à l'aise, mais je ne peux pas m'attendre à ne pas devoir me battre pour aller en Q2 ou à me battre pour le podium et la victoire. On avance pas à pas et la première étape est d'essayer d'accéder directement à la Q2 demain, puis l'étape suivante sera d'obtenir une bonne position de départ."

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À près d'un an de son accident, le champion espagnol continue donc à devoir composer avec un physique diminué. Mais il sait qu'il ne doit pas s'attendre à un changement radical de son état d'une course à l'autre et que la patience est essentielle quand on a, comme lui, subi trois opérations sur le même os.

"Le corps a besoin de temps. Quand [les médecins] m'ont dit ça, je leur ai demandé ce que ça voulait dire 'du temps' : 'Ça veut dire une semaine, un mois ou un an ?' Et ils m'ont dit un an. Les muscles vont compenser. Peut-être que certains muscles qui travaillaient moins avant vont maintenant travailler plus. Les muscles devraient en tout cas compenser ce manque de mobilité ou cette position différente du bras, et pour le moment c'est là-dessus que je suis en difficulté. Mais je travaille. J'ai la mobilité, j'arrive à bien faire les choses, mais je ne me sens pas en sécurité, je n'ai pas de force. Au test de Montmeló, j'ai travaillé sur cette position et j'ai réussi à le faire, mais ici, avec plus de virages à gauche, je n'y arrive pas. Ce n'est toutefois pas une grande limitation en termes de vitesse de passage, ça en est une dans les virages à droite."

Avec German Garcia Casanova

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