Márquez : "Une victoire bien plus importante qu'à Austin"

Marc Márquez donne une valeur particulière à son succès de Misano, le premier depuis son retour sur un circuit où les sollicitations sont fortes sur le bras droit. La physionomie du week-end l'a aidé, avec deux premières journées rendues moins physiques par la pluie.

Márquez : "Une victoire bien plus importante qu'à Austin"

Marc Márquez ne s'y est pas trompé. En franchissant la ligne d'arrivée du GP d'Émilie-Romagne en vainqueur, le sextuple Champion du MotoGP a désigné du doigt le bras droit qui a tant fait parler depuis l'été 2020. Márquez avait déjà décroché trois podiums – dont deux victoires – cette année, mais ces trophées avaient été conquis sur des circuits au sens anti-horaire, où les virages sur la droite sont moins nombreux, ce qui réduit les sollicitations sur son bras meurtri.

Márquez n'a certes pas survolé la course comme à Austin, son succès ayant été facilité par les chutes de Jack Miller puis Pecco Bagnaia, mais il est longtemps resté au contact de l'Italien et venait à peine de renoncer à l'attaquer, ses limites physiques apparaissant, quand la roue avant de la Ducati s'est dérobée et a envoyé son pilote au tapis. Pour un #93 toujours en convalescence, ce succès a une signification très particulière.

 

"C'est évidemment une victoire bien plus importante qu'à Austin", a confié Márquez au site officiel du MotoGP. "Je l'ai dit jeudi, mon objectif était de décrocher un podium ici ou à Portimão, parce que pour moi, pour mes sensations, j'avais besoin d'un podium sur un circuit qui tourne à droite avant la fin de la saison. On a gagné à Misano, un circuit où je ne l'attendais pas, dans une course incroyablement rapide."

Márquez aidé par le début de week-end sur piste humide

Honda a fait des progrès "importants" dans le test post-course organisé dans la foulée du GP de Saint-Marin et le contexte dans lequel s'est déroulé ce second rendez-vous à Misano a favorisé Marc Márquez, toujours plus performant quand les pistes sont humides depuis son retour, puisque les pilotes se montrent moins incisifs et peuvent s'économiser physiquement dans ces conditions. La pluie a épargné la course mais pas les deux premières journées et l'Espagnol a ainsi pu se présenter bien plus en forme qu'à l'accoutumée sur la grille de départ.

"Puisque ça a été humide tout le week-end, ça a été le premier dimanche où je suis arrivé frais", a expliqué Márquez en conférence de presse. "Je suis arrivé avec de l'énergie. En me réveillant, je me suis dit 'Ok, je sens que le bras est là, je sens de la force'. Ça m'a aidé."

Il voit en effet dans la physionomie du week-end l'une des clés de sa victoire : "J'étais frais, je n'avais pas mal au bras avant le départ. J'ai pu bien piloter. Je sortais aussi des sensations des tests, où je roulais fatigué et où je ne pilotais pas très bien, mais [dimanche], c'est ce que j'ai vu toute la saison : quand je suis frais, le niveau est là. Le problème est que ça commence le vendredi et que ça finit le dimanche. J'ai encore une marge de progrès."

"En roulant tout le week-end sous la pluie, on économise beaucoup d'énergie, on n'attaque pas comme sur le sec", a détaillé l'Espagnol. "Les antidouleurs et toutes ces choses m'ont beaucoup aidé dans certaines phases de la course. Je commence à me sentir prêt à être bon dans les phases de freinage."

Après son succès au GP des Amériques, Márquez a détaillé le style de pilotage qu'il a dû adopter pour contourner la faiblesse de son bras droit. Trois semaines de repos et d'entraînement n'ont pas suffi à gommer ses faiblesses dans certaines conditions : "J'ai plus de mal dans les portions rapides, par exemple tout le troisième secteur ici, où la moto bouge un peu, je ne peux pas jouer avec mon corps. C'est un peu difficile dans les sections rapides. Derrière une autre moto, je savais que la moto était plus stable dans la partie rapide et j'arrivais à bien piloter."

"C'est une progression, une chose naturelle, une façon naturelle de progresser. Je suis parti d'un niveau et parfois j'ai semblé avoir plus de mal qu'au début, mais dans la deuxième partie de la saison, les sensations ont été bonnes et les erreurs faites en Autriche et à Silverstone n'étaient pas liées à ma condition physique, mais aux conditions [de piste] ou aux circonstances. Je suis content parce qu'on progresse."

Une fois Bagnaia à terre à Misano, Márquez avait un coussin de huit secondes sur son coéquipier Pol Espargaró. Il a ainsi pu gérer des derniers tours difficiles physiquement et l'écart entre les deux pilotes de l'équipe Honda officielle est resté stable, pour se réduire dans la dernière ligne droite, le leader de la marque ayant commencé à célébrer son succès avant de passer sous le drapeau à damier : "En fin de course, l'écart entre moi et les autres était important. Cette marge m'a permis de bien piloter, parce que dans les derniers tours, j'avais un peu de mal physiquement."

Marc Márquez veut confirmer ses progrès dans les deux dernières manches de la saison. La prochaine manche sera sur le circuit de Portimão, sur lequel il a fait son retour à la compétition au mois d'avril, et permettra de mesurer l'évolution de sa condition plus six mois plus tard. Valence pourrait être plus difficile puisqu'il n'aura que quelques jours de repos avant la grande finale de la saison.

"J'aimerais au moins finir les deux courses dans le top 5. C'est peut-être prudent mais ce sont deux courses qui s'enchaînent, donc je ne sais pas comment je me sentirai. Le top 5 sera un bon objectif dans les deux prochaines épreuves. Si on peut faire mieux, on poussera plus. Cet hiver, j'ai besoin de me reposer, avant tout. Juste d'essayer de de me reposer et de progresser. On essaie d'analyser la situation, de trouver un bon plan et il ne faudra pas être à 100% en février, mais quand on commencera au Qatar. Ça sera le principal objectif."

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