Márquez et Dovizioso arrivent à Silverstone en hommes à battre

Ils sont, de loin, ceux qui ont marqué le plus de points depuis le GP d'Italie, fin mai, se partageant cinq des six dernières victoires : Márquez et Dovizioso se présentent à Silverstone en hommes à battre.

Après les joutes menées en République Tchèque et en Autriche, le MotoGP va traverser la Manche cette semaine pour mettre à l'épreuve du sol britannique les cinq pilotes qui mènent actuellement une bagarre historiquement serrée en tête du championnat.

Andrea Dovizioso et Marc Márquez arrivent en hommes forts, positionnés au sommet de la hiérarchie mondiale sur la lancée de leurs récents succès. Pourtant, Silverstone inspire la modestie, tant la piste anglaise a prouvé par le passé qu'elle pouvait réserver le meilleur comme le pire à ceux qui ont tenté de la dompter. Vainqueur en 2014, Márquez y a abandonné sur chute il y a deux ans et terminé "seulement" quatrième l'an dernier. Quant à Dovizioso, il est monté sur le podium en 2015 mais a souffert d'une moto trop physique l'an dernier et a dû serrer les dents pour terminer sixième dans la douleur.

"C'est une piste merveilleuse, mais à mon avis c'est l'une des plus difficiles, que ce soit physiquement, en termes de pneus et tout le reste. Il y a beaucoup de bosses, elle est très longue, il y a la météo britannique… Ça n'est pas facile", prévient le pilote Ducati, dont le premier succès MotoGP – et longtemps le seul – a été acquis en 2009 sous la pluie britannique, alors que ce Grand Prix était à l'époque disputé à Donington Park.

Une Ducati encore à affiner

Fort de trois victoires depuis le début de la saison, Andrea Dovizioso sait qu'à Silverstone il trouvera les Honda sur sa route s'il veut à nouveau jouer les premiers rôles. "Il est certain que les Honda seront très compétitives, mais je crois qu'on peut l'être aussi. On l'a été plus ou moins sur les six dernières courses", souligne l'Italien, conscient d'avoir passé un cap depuis qu'il a retrouvé le succès au Mugello. Sur les six Grands Prix disputés depuis lors, il a cumulé 104 points, soit 12 de moins que Márquez et donc une grande partie de son retard actuel (16) sur le leader, mais beaucoup plus que Rossi (79), Pedrosa (71) ou Viñales (65).

"Il est maintenant deuxième au championnat, avec le même nombre de victoires que moi", pointe un Márquez qui fait bien attention à prendre son rival transalpin au sérieux. "Je me souviens qu'avant la pause estivale, certains disaient 'Non, Dovi, il ne peut peut-être pas…' Mais au final, il a autant de victoires que moi, il pilote très bien et il a un très bon rythme. Ce sera une bagarre très belle mais difficile jusqu'au bout."

Jusqu’au bout ? C'est aussi ce que pressent Dovizioso, et ce pour les cinq pilotes qui occupent à ce jour la tête de la hiérarchie en seulement 35 points. Mais le fer de lance de Borgo Panigale n'en démord pas : pour faire perdurer ses chances, il doit pouvoir compter sur une moto en progrès.

"Il est certain que notre moto est très compétitive parce qu'on est là, mais il y a encore des points où on doit progresser si on veut se battre pour le championnat", prévient-il. "[En Autriche], on perdait trop dans les deux virages à gauche, Marc parvenait à parcourir la moitié du chemin plus vite que moi. La moto ne tourne pas comme je le voudrais, or c'est très important pour essayer de se battre contre eux sur chaque piste."

"Ça n'est peut-être pas trop important sur certaines pistes, et on a des choses positives", pondère Dovizioso. "Je crois que, la plupart du temps, notre moto fonctionne bien avec les pneus, ce qui nous donne la possibilité d'être dans le coup, mais on a encore des limites et il faut qu'on se concentre sur celles-ci si on veut vraiment se battre pour le championnat."

Márquez veut capitaliser sur les progrès de la Honda

Dans le scénario qui s'écrit cette année au championnat, chaque point revêt en effet l'importance maximale. D'ailleurs, en Autriche, malgré sa défaite face à Dovizioso, Márquez est parvenu à augmenter quelque peu son avance, en capitalisant sur la déconvenue de celui qui était jusqu'alors son dauphin, Maverick Viñales. La marge de 16 unités du pilote Honda reste toutefois minime alors qu'il reste encore sept manches à disputer et 175 points à distribuer.

Sur le prochain round, à Silverstone, où il tentera de conforter son leadership, l'Espagnol s'attend à voir le retour aux affaires de la troisième marque engagée dans la bagarre pour le titre : Yamaha. "On va essayer d'être compétitifs, bien sûr, mais à Silverstone la météo est toujours un point d'interrogation. Et puis la Yamaha est très compétitive là-bas, et Maverick y a gagné l'année dernière [sur Suzuki, ndlr]", rappelle-t-il. "En tout cas je me sens bien à présent avec la moto. C'est une piste bosselée, il faut qu'on trouve un très bon set-up. L'année dernière j'étais compétitif, j'avais simplement choisi le mauvais composé de pneu avant, trop tendre. En tout cas, on va essayer."

Mais avant de se rendre à Silverstone, Márquez prenait part dimanche à ce qu'il annonçait comme "un test important". S'il s'agit toujours de rechercher la moindre amélioration possible, il prévenait également : "Ce que je ne veux pas perdre, c'est ce feeling que j'ai à présent avec la moto." L'Espagnol, qui se félicite d'avoir trouvé une bonne base favorisant son accélération et la relance de la RC213V, sait qu'il a un atout majeur à faire valoir et que c'est aux autres, désormais, de le prendre en chasse.

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A propos de cet article
Séries MotoGP
Événement GP de Grande-Bretagne
Circuit Silverstone
Pilotes Andrea Dovizioso , Marc Márquez
Équipes Ducati Team , Repsol Honda Team
Type d'article Actualités