Márquez favorable à la limite d'âge : les pilotes seront "plus mûrs"

Marc Márquez, Pol Espargaró et Brad Binder voient du bon dans la limite d'âge à 18 ans en Moto3, qui permettra d'avoir des pilotes plus réfléchis.

Márquez favorable à la limite d'âge : les pilotes seront "plus mûrs"

En réponse aux nombreux drames qui ont touché le monde de la moto cette année, la FIM a décidé de réduire le nombre de pilotes dans chaque catégorie et surtout d'imposer un âge minimum. Les mesures seront mises en place progressivement et il faudra ainsi avoir au moins 18 ans pour avoir le droit de rouler en Moto3 à partir de 2023. Cette limite a surpris beaucoup de pilotes actuellement en MotoGP et certains ont estimé que l'âge était moins un problème que l'attitude en piste.

Johann Zarco a jugé la mesure positive puisqu'elle permettra de ne plus brûler les étapes et de garantir un apprentissage plus académique. Marc Márquez, pourtant arrivé sur la scène des Grands Prix alors qu'il venait de fêter ses 15 ans, va dans le sens du Français et estime que la décision permettra d'avoir des pilotes plus réfléchis et moins prompts à prendre des risques inconsidérés en Moto3.

"Pour moi, c'est un bon changement", estime le sextuple Champion du MotoGP. "Après ce qui s'est passé cette année, il est temps de changer quelque chose. Je ne suis peut-être pas le bon pilote pour dire cela, parce que je suis arrivé en Championnat du monde à 15 ans et j'ai été l'un des plus jeunes à passer en MotoGP, à 20 ans, mais il est vrai que la tendance maintenant c'est que si on n'est pas en MotoGP à 20 ans on n'est pas un bon pilote, or ça n'est pas vrai."

"Parfois, certains pilotes ont besoin de plus de temps que d'autres et reculer l'âge voudra dire que tout le monde sera plus prêt et plus mûr. C'est normal, c'est naturel qu'à 15 ans on fasse un certain type d'erreurs, puis à 18 ans on en fait d'autres et à 22 ans d'autres encore. Mais si on peut arriver dans le Championnat du monde avec plus d'expérience et de maturité, ce sera mieux. Il faudra que ce soit une conséquence des petites catégories."

"Aujourd'hui, on a l'impression que quand un bébé de 4 ou 5 ans n'est pas sur la moto c'est déjà trop tard, mais ça n'est pas vrai. On peut commencer avec de petites motos à 7 ou 8 ans. Et puis juste pour le fun, il n'est pas nécessaire de faire des compétitions. Alors je pense que c'est une bonne nouvelle pour le monde de la moto."

Márquez pense aussi que cette mesure permettra de voir moins de pilotes se brûler les ailes en rejoignant le Moto3 très jeune, chose qui a failli compromettre la carrière de Fabio Quartararo : "C'est aussi une bonne décision pour prolonger les carrières de nombreux pilotes qui sont arrivés trop tôt dans le Championnat du monde et ont été perdus en chemin, à un très jeune âge. Il faut maintenir la pyramide actuelle pour rejoindre le Championnat du monde, mais augmenter l'âge."

Marc Marquez après son premier podium en 125cc à Donington en 2008

Marc Marquez après son premier podium en 125cc à Donington en 2008

Pol Espargaró partage l'avis de son coéquipier même s'il a fait partie des nombreux pilotes surpris par cette mesure qu'il reconnaît "discutable". Prenant son propre exemple, avec une arrivée en 125cc quelques semaines à peine avant ses 16 ans, le #44 estime que les pilotes seront plus réfléchis dans un Moto3 à la moyenne d'âge plus élevée.

"À 18 ans, on est plus mûr, donc on ne prend pas les décisions de la même façon, avec la même approche", souligne le cadet des frères Espargaró. "Je me souviens que quand je suis arrivé dans le Championnat du monde, à 15 ans, j'étais très jeune et je ne pensais pas trop à la sécurité. Mais à 18 ans, je me battais pour le titre et je me sentais beaucoup plus mûr. Je savais ce que je faisais, comment je le faisais. Je suis sûr, à 100%, que ça va aider ceux qui sont en Moto3."

"Que va-t-on faire entre 16 et 18 ans ?"

Cette limite d'âge risque déplacer le problème vers d'autres catégories puisqu'il faudra bien occuper les pilotes de moins de 18 ans. Pol Espargaró approuve la décision mais s'interroge sur la physionomie que prendront les carrières : "Le souci, c'est qu'est-ce qu'on fait ? On ne va pas rester sur son canapé. De 16 à 18 ans, on doit faire des courses en Moto3 ou en WorldSSP300. On doit faire quelque chose. La Dorna y a beaucoup réfléchi et je pense qu'il fallait faire quelque chose. Si c'est bien ou pas, on verra mais je suis sûr que ça va aider parce que la mentalité des pilotes changera avec deux années de plus."

"Et si on est un gamin de 15 ans qui vise le MotoGP, je comprends que ce soit très frustrant, mais il faut faire quelque chose", ajoute Espargaró. Son ancien coéquipier Brad Binder se demande justement comment occuper la jeune génération : "Que va-t-on faire entre 16 et 18 ans ?" a questionné le pilote KTM lorsque les journalistes lui ont annoncé la nouvelle règle, avant de dresser le même constat qu'Espargaró sur sa carrière et des débuts probablement survenus trop tôt : "J'ai commencé le GP 125, ce qui serait l'équivalent de votre premier niveau du Moto3, à 12 ans. Quand je suis arrivé dans le Championnat du monde à 16 ans, je roulais vraiment depuis longtemps."

"Donc il faudra attendre deux ans de plus, c'est long sur ces petites motos, mais le fait est qu'on est plus mûr à 18 ans qu'à 16 ans. En tout cas j'étais bien plus malin à 18 ans qu'à 16 ans ! [rires] Pas beaucoup, mais un peu. Je suppose que c'est important au final. Sincèrement, mes deux premières années sur les Grands Prix n'ont pas été faciles. C'est peut-être mieux d'arriver plus mûr, plus prêt. Et évidemment, globalement on sera mieux préparé à ce qui se présentera."

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Avec Léna Buffa et Germán Garcia Casanova

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