Pour Márquez, il est urgent de prendre son temps

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Pour Márquez, il est urgent de prendre son temps
Par : Willy Zinck
4 avr. 2017 à 07:33

Après une saison 2015 qui a remis en question ses certitudes acquises lors de ses deux premiers titres mondiaux, le pilote espagnol a changé radicalement son approche de la course, faite désormais de plus de maîtrise et de moins d'agressivité.

Marc Marquez, Repsol Honda Team
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Maverick Viñales, Yamaha Factory Racing, Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3, Marc Marquez, Repsol Honda Team, Dani Pedrosa, Repsol Honda Team
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Maverick Viñales, Yamaha Factory Racing, Marc Marquez, Repsol Honda Team, Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
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Conférence de presse de la première ligne, Franco Morbidelli, Marc VDS;Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP,;Maverick Viñales, Yamaha Factory Racing,;Marc Marquez, Repsol Honda Team; Jorge Martin, Del Conca Gresini Racing Moto
Marc Marquez, Repsol Honda Team
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Dans un milieu aussi compétitif que celui du MotoGP, où les écarts entre les différents acteurs du plateau sont des plus ténus, la différence ne se fait généralement que sur des menus détails, presque imperceptibles aux yeux d'un public non avisé.

Au-delà de la vitesse pure, l'aspect psychologique constitue ainsi l'un des paramètres clés pour qui veut s'imposer dans la catégorie reine. De nombreux paramètres peuvent influencer le mental d'un pilote, tels que son degré d'expérience, la confiance que celui-ci voue à sa machine, sa capacité à se remettre en question, son entourage ou tout simplement son aptitude à gérer la pression et les enjeux d'un championnat.

Marc Márquez présente ainsi un profil atypique dans le sens où il s'est imposé dans les diverses catégories mondiales en dépit d'un relatif manque d'expérience. La carrière de l'Espagnol a même observé une trajectoire paradoxale : plus la catégorie dans laquelle celui-ci évoluait était élevée, et moins il lui a fallu de temps pour décrocher le titre.

Márquez a en effet été sacré au terme de sa troisième saison en 125cc, en 2010. Puis au bout de deux ans en Moto2, avec un titre obtenu en 2012, avant que le Catalan ne décroche les lauriers en MotoGP dès son premier essai en 2013 ! Une première depuis Kenny Roberts en 1978, sur une 500cc.

Avec ce bref récapitulatif, on pourrait donc facilement penser que Márquez n'est pas fait du même bois que les autres pilotes. Mais c'est oublier que le pilote Honda a aussi connu un passage à vide, en 2015, alors que les attentes étaient grandes autour de lui et qu'il faisait figure de légitime candidat à sa propre succession.

Mais avec une saison émaillée par de multiples erreurs et approximations, ainsi que par un trop grand nombre d'abandons (six au total, soit le tiers des courses), celui-ci n'a pu faire mieux qu'une troisième place au championnat.

Était-ce un péché d'orgueil ? Une certaine forme d'arrogance ? Toujours est-il que certains pensaient que la "mode Márquez" était passée suite à des essais hivernaux cauchemardesques à l'abord de la saison 2016, au cours desquels l'Ibère avait rencontré les pires difficultés avec l'électronique de sa Honda.

Mais c'était sans compter sur la capacité de l'Espagnol à se remettre en question, et à modifier radicalement son approche de la course, pour passer de la grosse attaque à une gestion au long cours du championnat.

Une démarche moins séduisante mais diablement efficace, faite de calculs et de prudence et qui n'est pas sans rappeler une certaine saison 1984 en F1 et la victoire, pour un demi-point, de "l'ordinateur" Niki Lauda face à un Alain Prost encore tendre. 

L'agressivité pour les courses, la prudence pour les titres

Quelque part, le pilote espagnol a fait sienne l'affirmation de Jorge Lorenzo, qui a un jour déclaré que l'agressivité l'avait certes aidé à gagner des courses, mais que c'était bien la prudence qui lui avait assuré les titres. "J'en suis aussi arrivé à la même conclusion", a déclaré Márquez à la revue de mode masculine Icon. "Et je suis en train d'intégrer à mon pilotage cette touche de prudence et de calcul qui vient avec les années et les courses."

Il est vrai que le contraste est saisissant entre le sacre de 2014, lorsque le pilote Honda avait mené à 13 reprises en 18 courses sa RC213V à la victoire et était resté invaincu lors des dix premiers Grands Prix du championnat, et le titre acquis en 2016 où l'Espagnol ne s'est contenté "que" de quatre succès.

"Donnez-moi du temps", demande-t-il, comme une requête pour plus d'indulgence de la part de ses détracteurs. "Ce n'est pas que je me suis cru invincible, car j'ai toujours respecté mes rivaux et je sais qu'ils ont un niveau très élevé et qu'ils peuvent me battre. Mais je devais expérimenter l'échec."

Le triple Champion du monde MotoGP en est convaincu : il faut expérimenter l'échec pour mûrir davantage et viser encore plus haut. "En 2015, sans aller plus loin, j'ai perdu le championnat parce que j'ai commis des erreurs dans des moments clés, des erreurs de jeunesse, liées au manque d'expérience et peut-être à un excès de confiance. L'an passé, j'ai gardé en mémoire ces erreurs et cela m'a permis de m'améliorer en tant que pilote."

Le pilote espagnol semble aborder la saison 2017 avec la même approche. Pareille réflexion est ainsi réapparue lors de la conférence de presse du Grand Prix du Qatar, il y a un peu moins de deux semaines, lorsque Márquez a d'emblée temporisé en déclarant que la saison était longue, et qu'il faudrait de toute façon attendre les premières manches européennes pour se faire une idée fiable du niveau de chacun.

Pour Márquez, le problème qui affecte bon nombre de jeunes pilotes aujourd'hui est inhérent à notre temps, avec ce besoin toujours plus rapide de résultats, qui peut mettre une grosse pression sur leurs épaules et in fine s'avérer contre-productive. "Ce sport s'est beaucoup accéléré ces derniers temps", semble-t-il regretter.

Celui-ci admet ainsi à demi-mot qu'une ascension fulgurante peut être à double-tranchant et empêcher un jeune pilote de prendre du plaisir, mais aussi et surtout d'apprendre de ses erreurs pour toujours plus s'améliorer. "Il semble à présent que si à 17 ans tu n'as pas encore débuté en Mondial, alors tu n'arriveras nulle part. Si tu ne grimpes pas rapidement en MotoGP, ta progression semble au point mort et [il semble] que tu n'es pas un vrai pilote professionnel. Tout cela cause un stress important."

Avec Oriol Puigdemont

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Auteur Willy Zinck
Type d'article Actualités