Mauvaise surprise pour Suzuki

Connues pour avoir un excellent châssis et un léger déficit moteur, et au vu des récentes et efficaces améliorations entrevues lors du dernier Grand Prix de Catalogne, où elles avaient occupé les deux premières places sur la grille de départ, on attendait les Suzuki au tournant sur le tourmenté Sachsenring.

Pour marquer le coup, les GSX-RR avaient changé de robe, arborant des couleurs anniversaires en l’honneur des trente ans de la sportive GSX/R. Même Kevin Schwantz avait fait le déplacement en Allemagne. On allait voir ce que l’on allait voir... Et tout le monde a été déçu.

A commencer par les hommes menés par Davide Brivio qui n'ont pas vécu le meilleur rendez-vous de leur première année complète en MotoGP, mais bien le pire week-end de cette saison. Septième sur la grille de départ et dixième en course pour Aleix Espargaró, douzième au départ et onzième à l’arrivée pour le prometteur débutant Maverick Viñales. Le tout à trente-sept secondes du leader, il n’y avait effectivement pas de quoi pavoiser.

Mais quel était le mal qui a ainsi frappé la machine d’Hamamatsu? En fait, deux maux, radicalement différents pour les deux pilotes. Espargaró regrettait un avant difficile à contrôler alors que son équipier avait maille à partir avec des soucis d’adhérence à l’accélération. De quoi perdre son latin : "C’était un désastre dans les courbes serrées" affirme le premier cité. "En revanche, dans les virages rapides, lorsqu’il faut freiner fort et ressortir en ouvrant vite les gaz, l’équilibre était génial. Mon adhérence était ainsi supérieure à celle de Maverick. Il revenait fort sur moi dans les courbes serrées où je perdais l’avant souvent, même en étant très prudent."

J’aurais bien voulu finir devant Aleix, mais on aurait surtout aimé être tous les deux aux avant-postes et lutter avec les leaders plutôt qu’entre nous 

Maverick Vinales

Ce dernier confirme le comportement opposé de sa machine : "Durant la course, j’ai composé peu ou prou avec les mêmes problèmes rencontrés dès le début du meeting. Je ne sentais pas l’arrière de ma moto et elle glissait beaucoup à l’accélération. C’était un gros souci sur un tracé tel que le Sachenring, où il faut s’extraire proprement des nombreux virages."

Alors, contre mauvaise fortune, le duo Suzuki a fait bon cœur en se battant entre eux comme des chiffonniers : "C’était important de finir devant mon équipier" a insisté le frère aîné de Pol. "Parce-que nous sommes à armes égales. C’est un débutant, mais il est très talentueux et boucler cette première partie de la saison en n'ayant jamais été battu à la régulière par lui est important. Mais bon, on finit malgré tout loin des premiers et c’était finalement jusque-là la pire course de l’année."

Une saine émulation partagée par l’ancien Champion du Monde Moto3 : "J’ai aimé cette bataille avec Aleix et je suis fier d’avoir été si proche de lui car il reste mon point de référence. Il a la même moto et il est plus expérimenté. J’aurais bien voulu finir devant lui, mais on aurait surtout aimé être tous les deux aux avant-postes et lutter avec les leaders plutôt qu’entre nous."   

Mêmes conclusions mais maux différents, il va falloir travailler chez Suzuki pour décrypter tout ça. De fait, le constructeur rejoindra Honda et Ducati ces prochains jours pour des tests privés à Misano. La transmission "seamless" pourrait y faire son apparition et être validée pour la seconde partie de ce millésime 2015 qui reprendra le 9 août à Indianapolis.

Au championnat, c’est le débutant Maverick Viñales qui est le mieux classé des deux pensionnaires de la GSX-RR en pointant dixième avec cinquante-sept points. Aleix Espargaró est douzième avec quarante-quatre unités.   

A propos de cet article
Séries MotoGP
Événement GP d'Allemagne
Sous-évènement Course
Circuit Sachsenring
Pilotes Maverick Viñales
Équipes Team Suzuki MotoGP
Type d'article Résumé de course
Tags Maverick Viñales, aleix espargaro, gp d'allemagne, motogp, sachsenring, suzuki