Un Viñales plus confiant que jamais mais qui garde les pieds sur terre

Solide vainqueur du premier Grand Prix de la saison, Maverick Viñales sait que la route est encore longue, mais son rêve de devenir Champion du monde constitue plus que jamais son objectif pour 2021.

Un Viñales plus confiant que jamais mais qui garde les pieds sur terre

C'est en remportant le Grand Prix du Qatar, comme il y a quatre ans, que Maverick Viñales a retrouvé la tête du championnat. Une victoire qui a vu fleurir les superlatifs et qui semble conférer au pilote espagnol plus que la valeur des 25 points empochés, mais un statut d'homme fort qui trouve écho dans son attitude, métamorphosée ces derniers mois.

À son retour sur le circuit de Losail, jeudi, pour y disputer un second Grand Prix, Viñales a toutefois voulu se montrer prudent, refusant de voir dans cette performance les promesses d'une gloire d'ores et déjà acquise, pour ce week-end comme pour les prochaines semaines. Voici l'analyse qu'il a dressée en conférence de presse.

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Après une telle victoire dimanche, on peut se dire que tu n'as pas besoin de changer ta moto ce week-end. Juges-tu cette performance comme parfaite ?

Non, ça n'est jamais parfait ! C'est très dur d'être parfait sur toutes les pistes. Il est clair qu'il faut que l'on s'améliore, que l'on fasse quelque chose de différent ce week-end. Les week-ends ne sont pas tous les mêmes. L'année dernière, on a vu que, quand on avait deux week-ends de suite [sur la même piste], ça changeait beaucoup. Il faut donc qu'on soit prêts pour toutes les situations, mais on sait en tout cas qu'on a un bon potentiel.

Après avoir analysé la course, qui est selon toi le plus inquiétant pour ce deuxième Grand Prix ?

Je pense que tous les pilotes peuvent faire un pas en avant. On va donc essayer nous aussi d'en faire un, c'est très important de progresser de jour en jour. Tous les pilotes du top 10 seront plus rapides, c'est certain, alors on va essayer nous aussi d'être un peu plus rapides. Je crois que ce que l'on peut comprendre sur la base de la première course, c'est que l'usure des pneus est très élevée ici et qu'il faut très bien la gérer, alors on va assurément travailler sur ce point pendant le week-end.

Je n'ai regardé la course qu'une fois, car ça n'a pas de sens. [C'est] un nouveau week-end, une nouvelle course, et il est important de ne pas rester trop bloqué dans le passé.

Maverick Viñales

Combien de fois as-tu regardé la course ?

Je n'ai regardé la course qu'une fois. Je ne voulais pas la revoir trop souvent, parce qu'au final ça n'a pas de sens. Ce week-end sera totalement différent, il faut qu'on l'aborde comme un nouveau week-end, une nouvelle course, et il est important de ne pas rester trop bloqué dans le passé.

Quand tu étais dans le peloton, tu as pu faire des dépassements, ce qui n'était pas si simple par le passé pour la Yamaha. Est-il malgré tout trop tôt pour en tirer des conclusions sur la Yamaha ?

C'est trop tôt, c'est sûr. On n'a couru que sur une piste, il faut aller sur beaucoup d'autres pistes afin de comprendre si la moto a le potentiel et la constance pour se battre pour quelque chose de grand. On a en tout cas découvert que la moto a d'emblée bien fonctionné. Par exemple, il y a beaucoup d'endroits où je ne peux pas dépasser, mais il y en a d'autres où ma moto est forte et où je peux porter une attaque. Il y a des points forts et des points faibles, mais il est important de comprendre où l'on peut dépasser et où se situent les points forts. Je pense cependant que, pour le moment, il est trop tôt pour parler de ça parce qu'on n'a couru que sur une piste. Après cette course, on ira à Portimão, où l'on a eu un peu de mal l'année dernière, et on verra là-bas à quel point on a progressé.

Après la course, tu as déjà dit qu'il fallait attendre de voir comment sera la moto sur d'autres pistes. Est-ce le signe que tu gardes un doute sur la performance de la Yamaha ?

Je n'ai aucun doute, j'ai pleinement confiance, mais on garde notre calme, on ne veut pas se montrer enthousiaste trop tôt. On sait qu'il va nous falloir travailler et il y aura des pistes sur lesquelles il faudra qu'on se montre plus rapide que d'habitude et qu'on pousse plus, parce que ce sera plus difficile pour notre moto. Mais je n'ai aucun doute. Je suis pleinement concentré et j'ai une grande confiance dans ma moto. Seulement, je ne veux pas être trop enthousiaste trop tôt. On verra, pour le moment on est concentré sur cette deuxième course au Qatar.

Maverick Vinales, Yamaha Factory Racing

On sait que les séances de jour ne sont pas d'une grande utilité en vue de la course ici, mais as-tu pu les exploiter pour comprendre un peu mieux les performances de la M1 sur un bitume manquant de grip, comme tu pourras en rencontrer sur d'autres circuits ?

C'est très dur de comprendre si la moto fonctionnera bien sur d'autres circuits. Pour moi, le grip ici, au Qatar, est fantastique et on a beaucoup de traction, ce qui plaît beaucoup à notre moto. Alors on ne sait pas, mais on a évidemment la confiance que ce soit le cas. On a confiance dans le pneu avant et il est important pour les prochaines pistes d'avoir de bonnes sensations sur l'avant. En tout cas, je le répète, on garde notre calme. On sait ce qu'on a, on connaît le potentiel [de la moto] et on va aussi essayer de le mettre en pratique sur les pistes sur lesquelles on n'était pas assez rapides l'année dernière.

En 2017, tu avais déjà pris la tête du championnat en gagnant ce Grand Prix : à quel point as-tu changé par rapport à cette époque-là pour affronter cette situation ?

Je ne sais pas. J'ai été plusieurs fois dans cette situation et elle me plaît, parce que c'est une bonne pression, une pression qui motive car cela montre qu'on travaille bien. Alors on verra. Ça change beaucoup de choses, bien sûr, mais ça ne change pas la vitesse et, ça, c'est important.

Penses-tu à l'avantage que tu prends sur Marc Márquez en son absence ?

Personne ne sait quand Marc va arriver. Pour tout le monde, ce sera bien qu'il revienne car c'est très important pour le show. Mais on est concentrés sur notre situation, on va essayer d'être fort ce week-end. Il est certain que tous les pilotes veulent que tous leurs adversaires soient en piste.

Mon rêve reste le même : je veux devenir Champion du monde.

Maverick Viñales

Tu sembles très détendu cette année. Tu as souligné le fait que tu t'es marié et que tu vas devenir papa, mais il y a aussi un autre gros changement dans ta vie : tu as un nouveau coéquipier après quatre ans aux côtés de Valentino Rossi. En retires-tu plus de liberté ?

Ma vie est beaucoup plus stable. [...] Il est très important pour moi, pour me sentir à l'aise et calme, de comprendre que j'ai quelqu'un à la maison qui va prendre soin de moi. Et il est certain que c'est un des pas en avant par rapport à l'année dernière. Mais, globalement, je pense que c'est la conséquence de beaucoup de choses. L'année dernière a été très dure pour moi, pour de nombreuses raisons, y compris la course en Autriche. Tous ces épisodes vous font beaucoup réfléchir, et après y a voir réfléchi mon rêve reste le même : je veux devenir Champion du monde.

Il était très important pour moi de trouver une bonne stabilité, à la maison et aussi ici, sur les courses. Ce qu'on a fait avec Yamaha c'est de monter une équipe qui m'apporte de la stabilité, pour que je sois pleinement en confiance de ce côté-là, et c'est que l'on essaye de réaliser. Il est parfois difficile, mais on va essayer d'être concentrés tous les week-ends et d'avoir au moins la possibilité de se battre à chaque course. C'est le plus important si on veut se battre pour le championnat.

Concernant Vale, [ça ne change] pas grand-chose. Il est juste dans le stand d'à-côté. Valentino représente une part importante de Yamaha, et il le sera toute sa vie, alors ça n'a pas changé grand-chose.

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