Viñales frustré d'être interrompu dans son apprentissage de l'Aprilia

Considérant les courses disputées cette année comme un "cadeau" pour préparer la saison 2022, Maverick Viñales a peu à peu pris ses marques sur l'Aprilia et s'est senti coupé dans son élan par la pause hivernale.

Viñales frustré d'être interrompu dans son apprentissage de l'Aprilia

C'est peu de dire que la saison de Maverick Viñales n'a pas connu la trajectoire qu'il attendait. L'Espagnol a débuté l'année chez Yamaha, un contrat portant jusqu'à la fin 2022 en poche, et l'entame s'est révélée idéale puisqu'il s'est imposé à Losail, première manche du championnat. Cette victoire est cependant restée la seule de la saison.

Peinant à se montrer aussi régulier aux avant-postes que son nouveau coéquipier Fabio Quartararo, Viñales ne s'est pas senti soutenu en interne et la relation avec ses dirigeants s'est dégradée. Dès Assen, son divorce avec Yamaha a été annoncé, devant prendre effet en fin d'année, mais au GP de Styrie, au sortir de la trêve du mois de juillet, l'Espagnol a franchi le point de non-retour. Agacé du déroulement de sa course, il a réalisé de puissantes accélérations dans les derniers tours, menant son moteur en surrégime. Yamaha a dès lors suspendu son pilote et s'en est finalement séparé, ce qui a précipité son arrivée chez Aprilia, qui devait initialement se concrétiser en 2022.

Viñales avait tout à apprendre de sa nouvelle machine et la dernière partie de l'année a donc pris des allures de séance d'essais grandeur nature en vue de la saison prochaine. Après un premier test à Misano, il a fait ses débuts en course sur la RS-GP au GP d'Aragón. La tragique disparition de son cousin Dean Berta Viñales l'a poussé à renoncer au déplacement à Austin, avant de disputer les trois dernières manches de la saison. Pas à pas, il a commencé à prendre ses marques sur l'Aprilia et s'est dit "triste" que la pause hivernale vienne interrompre ce travail.

"Je voulais continuer à rouler", déclarait le #12 à Valence. "Ma saison a débuté très tard, sincèrement. Je pense que c'était une année pour apprendre, on a beaucoup à découvrir, donc j'ai pas mal appris. Je ne vois plus les choses de la même façon et c'est important. Il faut continuer. On est confrontés à un très beau défi. J'espère que décembre va passer très vite et [j'aimerais déjà] être en février pour monter sur la moto."

L'expérience acquise dans les cinq courses qu'il a disputées avec Aprilia reste essentielle pour Viñales, car elle lui permettra d'entrer dans le vif du sujet quand le constructeur de Noale lancera sa nouvelle arme au début de l'année 2022, ayant déjà pris des repères avec sa nouvelle équipe et au guidon d'une machine radicalement différente de la Yamaha.

"Au final, je vois [cette fin de saison] comme un cadeau, parce que j'ai pu découvrir la moto, on a pu voir ce qu'il fallait améliorer. On a des informations et l'expérience du travail avec les ingénieurs. Je pense que ça aurait été difficile de monter directement sur une nouvelle moto en 2022, parce que je n'aurais pas connu la moto, j'aurais dû l'essayer et la développer. Je pense qu'avoir trois ou quatre jours d'essais, ce n'est pas suffisant."

Maverick Vinales, Aprilia Racing Team Gresini

"Ces [cinq] courses disputées, pour moi elles ne comptent pas [en tant que telles], même si je devais partir dernière", a ajouté Viñales. "Je pense que le plus important c'est d'être à notre meilleur niveau au Qatar en 2022. Maintenant, c'est de la préparation. J'ai pu comprendre ce que je devais faire pour être rapide sur cette moto. C'est très différent, j'ai besoin d'informations, de rouler, de m'habituer à la moto. Mais c'est devenu plus naturel à chaque course. C'est ce qui compte parce qu'on a pu comprendre des choses et donner une direction aux ingénieurs. Comme je l'ai dit, c'est un cadeau pour être forts l'an prochain."

Un nouveau départ

Si Viñales a fait passer les résultats au second plan, c'est parce qu'il n'était pas encore prêt à briller avec l'Aprilia en 2021. Son seul top 10 avec la machine italienne a été conquis dans le second rendez-vous de Misano, circuit sur lequel il a bouclé le plus de kilomètres avec sa nouvelle moto et dans une course marquée par de nombreuses chutes. Malgré un esprit compétiteur, Viñales a accepté de faire passer les résultats au second plan, la priorité allant à son adaptation à l'Aprilia. Il ne s'est ainsi "pas focalisé" sur son coéquipier Aleix Espargaró, estimant avoir un "objectif plus élevé" tourné vers l'avenir.

"J'ai la mentalité de vouloir être devant tout de suite, c'est comme ça. Mais je le savais, je savais que c'était un défi difficile parce que tout est différent, tout est nouveau. En plus, on est sur une phase ascendante, donc c'est sûr que c'est un challenge. J'aime ce défi, on va tenter de le relever, et ces [cinq] courses ont permis de voir la situation et de voir ce sur quoi on doit travailler pour être plus proches des autres et pour améliorer les sensations."

"Il s'agit de mieux comprendre la moto, de comprendre jusqu'où je peux aller car j'ai souvent eu l'impression de ne pas être à la limite", a reconnu Viñales ces derniers jours sur GPOne.com. "J'ai encore beaucoup de choses à comprendre."

Maverick Viñales a ainsi profité du test de Jerez pour parfaire son adaptation à l'Aprilia, et notamment améliorer sa position. La marque a modifié le réservoir pour lui permettre d'être plus sur l'avant et de nouveaux réglages ont amené des gains dans les phases de freinage. L'Aprilia a un V4, très différent du quatre cylindres en ligne qu'il a connu chez Suzuki puis Yamaha, et la moto n'a donc pas le même comportement.

"C'est surtout que j'étais habitué à une moto qui freine différemment. Je dois juste me réadapter. Les gars m'ont aidé, surtout au niveau du frein moteur, pour que la moto soit plus douce et que ce soit plus confortable en entrée de courbe."

Et même s'il a dû repartir d'une page blanche alors qu'il pilotait une Yamaha identique à celle qui a mené Quartararo au titre, Viñales ne regrette pas sa séparation avec la firme japonaise et assure être désormais pleinement épanoui : "Je suis content, très content, sincèrement, de ma vie et dans le paddock, ce qui est toujours bien. Beaucoup de choses se sont passées mais je peux rouler, je suis dans une équipe d'usine, une très bonne équipe. C'est le plus important maintenant."

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Avec Léna Buffa

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