Viñales commence à percevoir un "manque de respect" chez Yamaha

À l'issue du plus mauvais week-end de sa carrière en MotoGP, Maverick Viñales s'agace de l'incapacité de Yamaha à proposer des solutions pour corriger son manque de grip à l'arrière.

Viñales commence à percevoir un "manque de respect" chez Yamaha

Le week-end du GP d'Allemagne ne laissera aucun souvenir positif à Maverick Viñales. Une chute en EL3 a privé le pilote Yamaha d'une entrée directe en Q2 et après une Q1 décevante, il ne s'est élancé que d'une lointaine 21e position sur la grille de départ, son pire résultat hors pénalité. Son dimanche n'a guère été réjouissant puisque pour la toute première fois, il a fini la course sans inscrire le moindre point, à la 17e place, après avoir passé l'intégralité de l'épreuve hors du top 15.

Incapable de trouver une explication à l'origine de ses difficultés après les qualifications, Viñales était tout aussi désemparé une fois la course terminée et ne cachait pas sa lassitude de multiplier les contre-performances depuis le début de la saison européenne. "J'ai toujours le même problème, je glisse beaucoup à l'arrière", a-t-il indiqué. "On y travaille mais il n'y a pas de solution. Je fais tout, mais ça fait six courses que le résultat est le même."

Vainqueur de la première manche de la saison à Losail, Viñales n'a depuis plus été vu sur le podium et n'a décroché que deux top 5, dans le second rendez-vous de Losail puis en Catalogne, après avoir bénéficié des deux pénalités infligées à son coéquipier Fabio Quartararo. Il déplore justement ne pas avoir l'aisance actuelle du Français, troisième au Sachsenring et unique représentant de Yamaha dans le top 10.

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La firme aux diapasons peine à répondre aux besoins de Viñales depuis la saison dernière et il estime ne pas recevoir suffisamment d'attention. Son équipe lui a imposé un changement de chef mécanicien avant la course de Barcelone et semble lui conseiller de s'inspirer des réglages de Quartararo, une solution selon lui inefficace.

"Tous les pilotes ont leur propres réglages. Ce n'est pas possible d'utiliser les réglages de mon concurrent pendant deux ans. Chaque pilote a son propre style, et tous les jours ils me disent comment piloter : freine, relâche les freins, accélère, referme l'accélérateur... Je dois être patient. Je ne veux pas utiliser les réglages de Fabio parce que je ne pilote pas comme lui, et que ça ne fonctionne pas pour moi. Je veux qu'ils fassent une moto pour moi. Je ne veux pas utiliser les réglages des autres tous les jours."

"Je ne suis pas là pour prendre des données et je ne suis pas là pour être pilote d'essais", a ajouté Viñales, manifestant son agacement : "Ça commence à passer pour un manque de respect. Je ne pense pas pouvoir gagner avec les réglages de quelqu'un d'autre. Je récolte des informations depuis le Portugal."

Viñales n'a rien pu faire au Sachsenring

Maverick Viñales n'a jamais été mieux classé qu'à la 17e place ce dimanche, mais voyant qu'il ne parviendrait pas à effectuer les dépassements nécessaires pour accrocher les points, il a préféré transformer la course en séance d'essais grandeur nature, se laissant décrocher pour rouler à son rythme et récolter des données.

"J'ai passé environ 15 tours derrière [Luca] Marini et [Enea] Bastianini. Je n'ai pas pu les doubler, c'était impossible avec cette moto. Je préparais bien la montée [mais] ils avaient plus de puissance et freinaient plus tard. Quand je suis arrivé derrière Franco [Morbidelli], j'ai réussi à le doubler assez bien, dès ma première tentative. Mais c'est beaucoup plus simple sur une Yamaha, avec les Ducati c'est très difficile."

"Donc après une dizaine de tours [...] je me suis dit 'OK, perds des places, roule avec le champ libre et essaie de recueillir des données et de voir comment la moto fonctionne seule.' Je pouvais rouler dans la fenêtre basse des 1'22 en fin de course, ce qui n'était pas mauvais, alors que derrière eux je roulais en 1'23"5. C'était un peu différent, mais dans l'ensemble je ne sais pas. Personne n'a de réponse sur ce qu'il se passe, donc je dois continuer à travailler. Nous avons Assen maintenant, où même avec une Moto2 je peux être rapide, donc je vais faire le maximum."

Maverick Viñales n'était pas le seul représentant de Yamaha en délicatesse ce week-end, comme le montrent la 14e place de Valentino Rossi et la course difficile de Franco Morbidelli, seulement 17e sous le drapeau à damier. Fabio Quartararo reconnaît que la M1 n'était pas simple à piloter ce week-end mais ignore pourquoi les autres représentants d'Iwata ont été à ce point à la peine.

"C'est vrai que ce week-end, les sensations étaient différentes", a expliqué le leader du championnat en conférence de presse. "Les sensations sur l'avant étaient un peu étranges, à l'arrière ça n'était pas pareil… Disons que les sensations en général étaient différentes. Je pense qu'ils essayent beaucoup de choses. Mais je préfère regarder les premiers et pas juste Yamaha. Je suis plus concentré sur ma propre situation. Maverick est super rapide, on a vu qu'il a gagné la première course, mais la situation est difficile pour lui sur cette piste."

Avec Oriol Puigdemont et Léna Buffa

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