Meregalli - "Parfois, Jorge doute de lui-même plus que nous"

L.B., Le Mans - C'est peu de dire que Jorge Lorenzo n'a pas connu de début de saison linéaire, ce qui a eu pour conséquence immédiate de céder à son coéquipier Valentino Rossi l'honneur de prendre la tête du Championnat et le leadership moral de l'équipe officielle Yamaha.

Inutile de tenter une analyse simpliste de la situation, car ces performances plutôt contrastées entre les deux pilotes n'ont pas une explication unique. "Pour Jorge chaque course a eu une histoire à part entière," rappelle Massimo Meregalli à Motorsport.com.

D'abord un problème de casque au Qatar alors qu'il se battait pour la victoire, puis une bronchite qui l'a affaibli au Texas. "Il avait donné pour acquis que cela ne changerait rien," explique le directeur de l'équipe Yamaha, "avant de se rendre compte qu'il était très éprouvé physiquement après les Essais Libres 2. Les antibiotiques ne l'ont pas beaucoup aidé. Et mener une MotoGP à la limite, c'est très dur physiquement, alors si tu n'es pas à 100% tu le payes à la fin de la course."

Si un pilote a une chose en tête à 30 minutes de la course, le faire changer d'avis peut s'avérer risqué

Massimo Meregalli, Yamaha Factory

Le scénario du Grand Prix d'Argentine aurait, lui aussi, pu être différent, si le pilote n'avait commis une erreur personnelle, parfaitement reconnue par son patron : "Il a décidé d'opter pour un pneu avant medium, avec lequel il avait très bien tourné le samedi matin et l'année dernière. Il s'est laissé influencer par cela, malheureusement c'était une erreur."

"Quand il est arrivé au stand avant le départ, il a dit : "J'ai décidé d'utiliser ce pneu." Certes, le chef mécanicien et le technicien en charge des pneus peuvent essayer d'influencer le pilote, mais s'il a une chose en tête à 30 minutes de la course, le faire changer d'avis peut s'avérer risqué car il pourrait partir avec quelques doutes. Ce qui se passe dans la tête est très important et personne ne s'est senti de l'obliger à prendre une gomme différente."

Changement radical d'ambiance à Jerez, où Jorge Lorenzo a opéré un retour tonitruant à la victoire en affichant une domination exceptionnelle durant l'ensemble du week-end. Revenu à son meilleur niveau, il s'est transcendé en piste et a revêtu les habits de Por Fuera, le côté glorieux de sa force.

Avant d'en arriver là, l'Espagnol a reçu une marque de sympathie sans ambiguïté de la part de Lin Jarvis, directeur général de Yamaha Motor Racing, qui a confirmé qu'il était sous contrat jusque fin 2016 et qu'il pouvait donc compter sur la confiance de son équipe sans chercher à précipiter sa recherche de réussite.

Un petit déclic bienvenu pour Lorenzo, qui est de ces pilotes au mental vacillant, propice à laisser s'infiltrer le questionnement. "Parfois, il a plus de doutes sur lui-même que nous n'en avons," résume Massimo Meregalli. "Je pense que ça a pu avoir une influence, même s'il est de toute façon très fort pour compartimenter les choses. Peut-être que cela lui a apporté un peu plus de tranquillité."

S'il assure pour sa part n'avoir jamais douté de lui-même, Jorge Lorenzo reconnaissait il y a quelques jours auprès de Motorsport.com que son début de saison pouvait l'avoir quelque peu inquiété. "Je n'ai jamais eu de doutes concernant la confiance que Yamaha m'accordait. Mais, à certains moments, on se dit qu'ils peuvent peut-être y penser," suggérait-il, visiblement plus prompt à se concentrer aujourd'hui sur son regain de forme que sur une faiblesse mentale passagère.

 

A propos de cet article
Séries MotoGP
Événement GP de France
Circuit Le Mans Circuit Bugatti
Pilotes Jorge Lorenzo
Équipes Yamaha Factory Racing
Type d'article Interview
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