Michelin analyse les pneus ayant posé problème au GP de Styrie

Le comportement étrange de leurs pneus pointé du doigt par certains pilotes est pris au sérieux par Michelin, qui a lancé une analyse approfondie afin de comprendre si certains d'entre eux étaient défectueux.

Michelin analyse les pneus ayant posé problème au GP de Styrie

Plusieurs pilotes se sont plaints dimanche du mauvais comportement de leurs pneus au restart du Grand Prix de Styrie MotoGP. Ce fut le cas de Pecco Bagnaia, Marc Márquez et Luca Marini, qui tous les trois ont affirmé ne pas avoir retrouvé le même niveau de performances que lors de la première partie de la course, interrompue au troisième tour après l'accident de Dani Pedrosa et Lorenzo Savadori, déplorant en particulier une forte baisse du grip arrière. Le cas de Miguel Oliveira a été plus étonnant encore, le pilote portugais ayant dû abandonner alors que son pneu avant avait perdu de gros morceaux de gomme.

Michelin a indiqué avoir lancé une analyse approfondie de ces cas et être prêt à prendre ses responsabilités si l'enquête révèle un défaut sur les pneus concernés. Indéniablement, des réponses seront attendues rapidement par les pilotes et les équipes, sachant qu'un deuxième Grand Prix est prévu sur place dès cette semaine.

"Cela a été un bon week-end pour nous, jusqu’au drapeau rouge", explique Piero Taramasso, responsable deux roues de Michelin Motorsport, dans une interview pour l'édition italienne de Motorsport.com. "Les performances ont été bonnes, car en qualifications Martín a établi un nouveau record de la piste. En termes de choix également, chaque pilote semblait avoir trouvé le bon compromis pour sa moto et son style de pilotage. Tout allait donc bien jusqu'à l'accident, puis les choses ont changé. Nous menons actuellement des analyses afin de comprendre ce qui a pu engendrer toutes ces discussions."

Comme huit autres pilotes, sur les 22 qui ont pris le second départ de la course, Miguel Oliveira avait opté pour le pneu avant dur, lequel a très bien fonctionné pour d'autres concurrents. "Pendant le week-end, beaucoup de pneus avant durs ont été utilisés par différents pilotes, sur différentes motos, et certains l'ont également utilisé en course, avec de bons retours. Mais de toute évidence, il y a eu un problème avec le pneu de Miguel", admet Piero Taramasso. "Pour l'instant, je peux dire qu'il n'y a pas eu de problème structurel, car lorsqu'il est revenu, le pneu était toujours gonflé. En revanche, il avait perdu deux morceaux de gomme à la surface. Nous analysons maintenant ce pneu spécifiquement et tous les paramètres de son utilisation afin de comprendre d'où est venu le problème. Il est indéniable, en tout cas, qu'il y a eu un problème localisé sur ce pneu."

Pour ce qui est des trois pilotes qui ont déploré une forte baisse de grip à l'arrière, d'autres paramètres peuvent avoir joué, mais là non plus Piero Taramasso refuse de faire a priori porter la faute aux équipes et souhaite mener les analyses nécessaires afin d'avoir une vision complète des faits.

"Nous pouvons dire qu'il y a eu beaucoup de changements entre la première et la deuxième course. Beaucoup de pilotes ont monté des pneus neufs à l'arrière et certains ont changé de composé. Certains ont utilisé des pneus qui avaient été préchauffés par les équipes le vendredi ou le samedi", décrit le responsable italien, précisant que les pneus proposés pour le week-end n'avaient pas fait partie d'une allocation précédente et été chauffés lors d'un autre Grand Prix. "Quand nous sommes arrivés sur le circuit, les pneus étaient tous neufs, car en Autriche nous apportons une construction spécifique à l'arrière pour les températures élevées. Le lot avait donc été fait quelques jours auparavant et ce n'étaient pas des pneus préchauffés ayant été remis dans l'allocation."

"Cela pourrait être un paramètre, mais sachant que la carcasse est conçue pour maintenir des températures de fonctionnement basses, le fait que nous ayons dû composer avec les températures au sol les plus basses que nous ayons jamais rencontrées en Autriche pourrait également avoir généré quelques problèmes de mise en température. Pour pouvoir le dire avec certitude, nous devons toutefois attendre de voir toutes les données, car nous savons qu'il y a eu aussi des modifications sur les motos. Nous aurons une réponse dans quelques jours, pour l'instant c'est la seule chose que je puisse dire."

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"Si nous comprenons que c'était la faute du pneu, nous ne nous défausserons pas, car c'est quelque chose qui peut arriver", ajoute Piero Taramasso, qui constate notamment que Pecco Bagnaia, leader de la première course, a effectivement vu ses temps s'effondrer après le second départ. "Il a tout mon soutien, ainsi que mon respect", souligne-t-il, également certain qu'un pilote comme Marc Márquez "n'est pas de ceux qui se plaignent facilement [et que] c'est quelqu'un qui n'a jamais cherché d'excuses".

"Nous avons avec eux et les équipes une discussion ouverte. Nous voulons simplement tout analyser au mieux avant de pouvoir dire si c'était la faute des pneus ou non", ajoute-t-il. "Je n'ai jamais nié que lorsqu'il y a un processus industriel, il peut y avoir un peu de dispersion, et donc il peut arriver qu'un pneu sur mille sorte mal. C'est quelque chose que l'on ne peut jamais exclure complètement."

"Nous effectuons énormément de contrôles de qualité, mais au final, il y en a toujours un qui passe à travers. C'est un phénomène qui se produit de moins en moins par rapport au passé, mais cela peut arriver. Ce n'était pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière, mais nous faisons toujours le maximum pour contrôler la situation. Il ne faut pas oublier que nous parlons de pneus MotoGP, qui opèrent à la limite, comme tout dans cette catégorie. Mais cette limite est si mince que le pneu peut parfois fonctionner parfaitement ou ne pas fonctionner du tout, et ce même sans être défectueux. Je pense aussi qu'au Red Bull Ring, avec ce type de construction et des températures aussi basses, la situation est encore plus exacerbée que sur d'autres circuits."

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