Michelin confirme le choix "risqué" des Ducati à Misano

Le choix de pneu des pilotes officiels Ducati au Grand Prix d'Émilie-Romagne a beaucoup fait parler après leur double chute en course, mais ce n'était pas un choix "hasardeux" aux yeux de Michelin en dépit d'un risque réel, et connu.

Si le duel Quartararo-Bagnaia s'est joué tout au long de la saison, jusqu'au couronnement du Français lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne, qu'il a terminé avec une avance suffisante au championnat, la chute du pilote Ducati alors qu'il occupait la tête de cette course restera dans les mémoires comme le dernier élément déterminant ayant fait basculer la lutte pour le titre.

Bagnaia s'est fait piéger dans le virage 15, où son propre coéquipier avait déjà perdu l'avant quelques tours plus tôt. Tous deux avaient opté pour le pneu avant dur, l'Italien allant en cela à l'encontre des injonctions de son mentor, Valentino Rossi. Alors que les nuages se sont multipliés au-dessus du circuit Marco Simoncelli peu avant la course et que la température de l'air a baissé, ce pneu a fini par montrer ses limites dans un virage à gauche faisant suite à une longue série de droites, et les conséquences ont été sans appel.

Gigi Dall'Igna a admis par la suite que ce choix pneumatique présentait "des risques" au vu des conditions, mais qu'il était justifié dans le cas de Bagnaia, qui abattait sa dernière carte pour tenter de résister à Quartararo et devait viser la victoire. "[Cette] option était certainement celle qui s'avérait la plus performante", avait rappelé le directeur général de Ducati Corse. "Pour Pecco, compte tenu de son style de pilotage et du résultat qu'il devait viser, c'était la meilleure décision. Je défends cette décision et je le referais. Pour Jack, en revanche, c'était une solution qu'avec le recul, je considère franchement comme ayant été une erreur."

Interrogé par l'édition italienne de Motorsport.com, Piero Taramasso, responsable deux roues de Michelin Motorsport, a lui aussi jugé ce choix "risqué", même si le bitume était encore en condition. "Les pilotes Ducati n'ont pas fait un choix hasardeux, mais plutôt risqué, je dirais. Ils ont essayé et ça n'a pas marché, mais ce sont des choses dont on peut beaucoup apprendre", a-t-il estimé.

"Compte tenu de la température de l'asphalte, ça pouvait aller, car elle n'était pas trop basse, mais l'air était froid. Quand c'est comme ça, ça n'est jamais bon pour les pneus. Ce sont des conditions que nous rencontrons souvent au Mans ou à Phillip Island : avec le soleil, la température de l'asphalte augmente, tandis que celle de l'air reste basse, et cela complique le maintien de la température du pneu."

"Ce virage-là est le plus critique et nous l'avions vu tout au long du week-end, car c'est celui dans lequel il y a eu le plus de chutes. Après une longue séquence de virages à droite, le côté gauche du pneu peut être un peu plus froid. Ce sont des situations qui peuvent se gérer, mais ce n'est pas facile, surtout lorsqu'il faut le faire sur toute la distance de la course. À mon avis, il aurait été plus facile de gérer un pneu un peu plus tendre : il aurait pu apporter un peu plus de confiance et peut-être se dégrader à la fin, par rapport à un pneu qui ne chauffe pas."

Piero Taramasso a précisé que Michelin a prévenu les concurrents du risque que comportait cette option pneumatique : "Ils [les pilotes Ducati] n'étaient pas les seuls à avoir pensé à cette solution. D'autres pilotes également envisageaient le pneu dur quand ils ont vu qu'il y avait du soleil le dimanche. C'est une solution qui avait été très utilisée lors de la première course à Misano et aussi pendant les tests, donc les pilotes la connaissaient bien. Nous avons cependant signalé que cela aurait été un risque dans ce cas-là."

Juste avant de chuter à cinq tours de l'arrivée, Pecco Bagnaia, qui avait mené l'intégralité de la course, venait d'établir un nouveau record de temps en course. Malgré le risque que représentait ce choix et l'issue négative que cela a engendré pour le pilote Ducati, Piero Taramasso juge que cette solution était défendable pour lui au vu des enjeux : "Bagnaia ne pouvait que miser sur l'attaque, tandis que Quartararo pouvait gérer et se montrer plus conservateur. C'étaient les cartes qu'ils avaient en main et voilà ce qui s'est passé."

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