Michelin : "Nous ne devrions pas avoir de surprises" en Malaisie

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Matteo Nugnes
Par : Matteo Nugnes
Co-auteur: Léna Buffa
1 nov. 2018 à 13:57

Course exigeante pour les pneus s'il en est, le Grand Prix de Malaisie est aussi l'une des épreuves que Michelin connaît le mieux. De quoi éviter les mauvaises surprises ?

Bien que l'attribution du titre pilotes ait permis en quelque sorte de faire baisser la pression, le championnat se poursuit avec encore d'autres enjeux bien vivaces pour certains concurrents. Et pour tous, quoi qu'il arrive, il s'agit de réussir à mener à bien les deux courses restantes, deux épreuves au profil diamétralement opposé.

Cette semaine, le Grand Prix de Malaisie conclura une longue tournée outre-mer, avec tous les ingrédients d'un cocktail explosif pour le manufacturier : forte chaleur, humidité élevée et risque d'orages permanent.

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Piero Taramasso, responsable deux roues pour Michelin Motorsport, présente les défis de la manche de Sepang à Motorsport.com, et dresse aussi le bilan d'un Grand Prix d'Australie tout aussi impacté par les conditions climatiques.

Quel type de pneus avez-vous choisis pour le GP de Malaisie ?

C'est la troisième course en trois semaines et c'est un effort important. De plus, nous ne parlons pas de circuits simples, et à Sepang il fera très chaud, comme d'habitude. Nos choix sont similaires à ceux de l'année dernière. À l'avant, nous avons conservé la même gamme de gommes, tandis qu'à l'arrière nous avons fait des choix plus tendres afin d'avoir un peu plus de grip et de performance. L'année dernière, le pneu dur n'avait été testé que par quelques pilotes, alors disons que nous avons fait un choix plus agressif. À l'avant, nous n'avons que des pneus symétriques, tandis qu'à l'arrière nous avons une gomme plus dure sur le flanc droit.

Ces deux dernières années, cette course s'est disputée sur le mouillé. La pluie est toujours une grande inconnue à Sepang…

En Malaisie, nous nous attendons toujours à avoir de la pluie. [En pneus pluie] nous avons les spécifications standards, avec le soft et le medium à l'avant, toutes deux symétriques. Le circuit a été récemment resurfacé, il offre donc une bonne adhérence. Par ailleurs, en plus des courses nous venons ici aussi pour les tests de pré-saison, nous disposons donc de suffisamment de données. Nous ne devrions pas avoir de surprises.

Par le passé, la piste avait besoin de beaucoup de temps pour sécher. La situation s'est-elle améliorée ?

La piste met toujours beaucoup de temps à sécher. Par endroits, l'eau ressortait même en surface, même si l'on nous dit que ces problèmes devraient avoir été réglés avec les derniers travaux. En théorie les choses devraient mieux se passer, d'autant qu'avec le temps le drainage de l'asphalte tend à s'améliorer. Les conditions devraient donc être meilleures en cas de pluie.

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Sur le sec, il s'agit d'une piste exigeante. Pensez-vous que nous assisterions à une course de gestion ou d'attaque dans ces conditions ?

La piste est assez sévère, parce que l'asphalte est agressif et les températures sont élevées, le pneu a donc une certaine tendance à s'user. C'est la raison pour laquelle, à l'avant, la gamme que nous utilisons est la plus dure de tout le championnat. Disons cependant que si les motos sont bien réglées et si les conditions ne sont pas extrêmes en termes de températures, il est possible d'attaquer du début à la fin. Le problème est qu'en Malaisie il arrive souvent de devoir faire une ou deux séances sur le mouillé, alors les équipes ne parviennent pas à trouver le set-up idéal. Dans ce cas-là, il se peut que le patinage soit un peu plus fort, que la moto glisse plus, on peut donc avoir une usure un peu plus prononcée et il faut alors gérer le pneu. Mais c'est ce qui se passe un peu partout. Au final, de même que les constructeurs sont à la limite avec les moteurs, les châssis et l'aérodynamique, nous en faisons de même avec les pneus pour essayer d'avoir plus de performance et plus de grip. Quand on sort de ces schémas, il faut donc un peu gérer.

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

En Australie, les températures étaient plus rudes que d'habitude et le vent, surtout, était très gênant. Cela a donc généré des difficultés dans la gestion de la température du pneu avant…

Phillip Island est un circuit vraiment à part par rapport à tous les autres. Il est déjà très difficile quand il n'y a pas de vent et qu'il fait autour de 25°C. Mais cette année nous avons même eu des températures en-dessous des 18°C, auxquelles s'est ajouté un vent très fort. Nous parlons d'une piste sur laquelle il est déjà difficile de faire monter le pneu avant en température, car il y a deux freinages importants dans les virages 4 et 10 mais le reste du tracé est fluide et ne sollicite pas l'avant. Avec ce vent très fort, il était vraiment difficile d'y arriver et tout le monde a eu des difficultés. Ça a été assez difficile, mais nous retenons que ça s'est bien passé par rapport aux conditions que nous avons rencontrées.

Par contre, à l'arrière les performances ont été bonnes car dans les derniers tours nous avons vu des temps intéressants, par exemple ceux de Iannone qui tentait de reprendre Viñales.

Iannone a été compétitif, Viñales aussi à la fin. Ils ont été nombreux à ne pas trop gérer et ils ont pu faire leur propre course. Mais je dois quand même admettre qu'à la fin les pneus arrière étaient assez usés.

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On a beaucoup parlé du pneu arrière de Valentino Rossi, qui s'est plaint d'avoir moins de grip que pendant le reste du week-end. Il a suggéré que cela pouvait être lié au fait de ne pas avoir changé de pneu sur la grille : est-ce possible ?

Il y a ceux qui en changent et ceux qui ne le font pas. En ce qui nous concerne, il n'y a pas de recommandation en ce sens. Pour nous, ça n'est pas important, mais cela peut avoir du sens étant donné qu'il faisait froid. Quand un pilote va prendre sa place et qu'il s'arrête en grille, le pneu perd déjà de la température. Même en le remettant dans la couverture chauffante, on ne parvient plus à le faire remonter en température comme avant. Peut-être qu'en partant il n'a pas réussi à ramener tout de suite le pneu en température. Cela peut avoir généré un peu de patinage et quand on commence comme ça, il est ensuite difficile de réussir à faire travailler le pneu comme avant. Cela peut donc être une raison, parce que tous ceux qui l'ont changé sur la grille n'ont pas eu cette sensation. Cela n'arrive pas tout le temps, mais avec le vent froid qu'il y avait à Phillip Island, cela peut être une cause.

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À propos de cet article

Séries MotoGP
Événement GP de Malaisie
Lieu Sepang International Circuit
Auteur Matteo Nugnes
Type d'article Interview