Michelin a une piste pour expliquer l'inconstance de certains pneus

Michelin n'a pas d'explication définitive au manque d'adhérence de certains pneus au Red Bull Ring mais le manufacturier clermontois pense que les gommes utilisées et la nature de la piste ont contribué au problème.

Michelin a une piste pour expliquer l'inconstance de certains pneus

Miguel Oliveira a dû abandonner à cause de plusieurs trous dans son pneu avant au GP de Styrie, la première des deux manches de Spielberg. Pour répondre à ce problème, Michelin a modifié l'allocation pour la deuxième course en Autriche, en remplaçant le pneu dur asymétrique par une gomme symétrique. Les pilotes ont fait des "commentaires positifs" selon Piero Taramasso mais les dix jours passés sur le Red Bull Ring ont fait émerger d'autres soucis pour Michelin.

"Je ne suis pas totalement satisfait [après le GP d'Autriche] parce que c'était mieux que lors de la première course, mais il y a encore eu des critiques sur les pneus", concède le responsable de la compétition deux-roues du manufacturier dans une interview accordée à l'édition italienne de Motorsport.com.

Valentino Rossi, Pecco Bagnaia ou encore Jorge Martín ont en effet estimé que certains pneus n'offraient pas le niveau d'adhérence attendu, un problème persistant durant les deux week-ends. "Après la course, j'ai discuté avec Miller et il a également eu du mal à trouver des sensations le dimanche", reconnaît Taramasso. "C'est pour ça que je ne suis pas satisfait. Mais nous regardons ce qu'il s'est passé avec sérieux. Nous analysons toutes les données pour comprendre l'origine du problème."

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Joan Mir s'était déjà plaint d'une inconstance de ses pneus après les essais du Grand Prix d'Espagne en début d'année. Michelin n'a pas encore identifié clairement l'origine du problème mais la nature des gommes utilisée au Red Bull Ring et les spécificités du tracé sont peut-être en cause : "En Autriche, on utilise une carcasse destinée à maintenir la température la plus basse possible et c'était probablement trop extrême, parce que c'est associé à un composé très rigide. Il ne faut pas oublier que le pneu qui est utilisé comme le tendre en Autriche est le dur au Mugello ou à Portimão."

"En raison de la configuration de la piste et de la tendance à une augmentation des températures, nous sommes contraints d'utiliser ces composés rigides. Peut-être qu'avec cette construction qui maintient les températures basses, ça les rend plus difficiles à exploiter. Mais nous étudions toutes les données pour comprendre d'où viennent ces problèmes."

Les équipes sont démunies face à ce problème puisque leurs outils de mesure ne permettent pas de déceler des différences. Elles ne peuvent que s'appuyer sur le retour d'informations de pilotes à la sensibilité extrême. "Il semble que les pilotes sont très sensibles aux exemplaires d'une même spécification", explique Davide Barana, directeur technique de Ducati. "Sur le plan technique, on peut travailler plus étroitement avec Michelin pour la qualité des pneus. [...] C'est une question, c'est sûr, mais je pense que la meilleure option est de mieux travailler avec Michelin pour mieux gérer la sélection de pneus."

"La sensibilité des pilotes est incroyable, pas seulement sur les pneus mais aussi sur les performances du moteur", souligne l'ingénieur. "Ils peuvent sentir de très petites différences. Quand ils disent que le moteur ne pousse pas, je me dis 'OK, on a dû perdre dix chevaux' et les données sont très précises, il y a peut-être deux chevaux de différence. Je me dis 'Comment est-ce possible ?' mais ils peuvent tout ressentir."

"Concernant les pneus, c'est sûr qu'ils peuvent le percevoir, parce que 100% des performances passent par les pneus. Quand ils se plaignent de performances qui ne sont pas les mêmes entre plusieurs versions d'un même pneu, il est très difficile de voir quelque chose dans la télémétrie et l'analyse des données."

Les slicks sont restés performants sous la pluie

Sur une note plus favorable à Michelin, les pilotes restés en slicks quand la pluie est arrivée au GP d'Autriche ont pour la plupart fait une bonne opération en gagnant des places, à l'image du vainqueur Brad Binder, et ils ont été nombreux à se montrer impressionnés par la capacité d'adhérence de leurs gommes malgré une piste de plus en plus humide.

"C'est positif mais ce n'est pas une surprise pour nous", précise Taramasso. "On a déjà vu que nos pneus slicks peuvent fonctionner tant qu'ils sont en température, en tout cas jusqu'à ce que des flaques apparaissent. Lors de notre dernier passage en Formule 1, jusqu'en 2006, nous avions un petit avantage sur nos concurrents dans ces conditions. Nos pilotes pouvaient partir en slicks sur une piste humide. [...] Disons que ça fait partie de notre ADN."

Michelin produit même des pneus rainurés adaptés à une piste sèche comme à la pluie en Formule E mais dans le cas du GP d'Autriche, le talent des pilotes a également fait la différence. Brad Binder a collé dix secondes à Aleix Espargaró dans le dernier tour alors qu'ils étaient tous les deux en slicks. La performance du Sud-Africain a particulièrement impressionné Taramasso.

"C'était une masterclass, chapeau. Comme je l'ai dit, nos composés peuvent fonctionner quand c'est humide, mais après deux ou trois tours, il y avait beaucoup d'eau sur la piste. Sans oublier que dans ces conditions, la gomme et les freins ont tendance à refroidir, donc il a montré qu'il avait un vrai talent d'équilibriste. Je pense qu'il a dépassé la limite, il s'est craché dans les mains pour gagner. L'écart sur les autres pilotes restés en slicks était immense, donc je pense que sa prestation restera dans l'Histoire du MotoGP."

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