Michelin a été surpris par certains choix de pneus à Barcelone

Températures particulièrement basses et manque d'adhérence ont quelque peu pris les pilotes MotoGP par surprise lors du Grand Prix de Catalogne, au point que certaines décisions ont pu étonner.

Michelin a été surpris par certains choix de pneus à Barcelone

Certaines manches du calendrier MotoGP ont dû être décalées de plusieurs mois au moment où de profonds changements ont été mis en place afin de redéfinir ce qu'allait être la saison 2020 dans le contexte de crise sanitaire actuel. Ce fut le cas notamment du Grand Prix de Catalogne, qui a basculé de sa date traditionnelle du mois de juin à la fin septembre. Or l'épreuve a été marquée cette année par des conditions météo très fraîches et un manque de grip déploré par l'ensemble des pilotes.

Certains d'entre eux sont apparus en difficulté en course, pointant alors du doigt des gommes quelque peu inadaptées à ces températures inhabituelles sur la piste de Barcelone. Le responsable du programme Michelin dit toutefois ne pas être étonné des soucis rencontrés par ceux qui n'ont pas suivi l'option apparue comme étant la plus évidente aux yeux des techniciens de Clermont-Ferrand.

"Le problème est que les températures ont été plus basses que celles auxquelles nous nous serions attendus. Le jeudi, elle a soudainement chuté et le dimanche le bitume affichait à peine 20°C en course", explique Piero Taramasso à Motorsport.com. "Quand l'air est frais, les pneus tendent à se refroidir même en roulant, et dans ces conditions la solution qui pouvait le mieux fonctionner était de prendre un pneu soft à l'avant comme à l'arrière. Dix-sept pilotes se sont orientés vers cette solution alors que les cinq autres ont choisi le medium à l'avant. Cette option n'était toutefois pas particulièrement adaptée à ces conditions, je ne suis donc pas surpris que les pilotes qui l'ont choisie aient été ceux qui ont rencontré le plus de difficultés et qui se sont plaint."

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Dans une course disputée avec seulement 20°C au sol, le pneu avant medium a en effet été choisi par Aleix Espargaró sur l'Aprilia, Álex Márquez sur la Honda, ainsi que trois pilotes du groupe KTM. Sans les nommer, Piero Taramasso remarque une certaine incongruité. "Ce qui est curieux, c'est que c'est précisément ceux qui l'ont utilisé qui s'étaient opposés à la possibilité de changer le pneu medium", révèle-t-il. "En Autriche, au vu de l'allocation que nous avions prévue avant le début du championnat, nous avions proposé de changer le pneu avant medium et d'apporter à la place une gomme asymétrique, qui nous semblait plus adaptée aux conditions que nous supposions trouver à Barcelone. La majeure partie des pilotes était d'accord, mais ils s'y sont opposés, or pour changer ce pneu l'unanimité était nécessaire."

"Mais les conditions n'étaient pas vraiment celles auxquelles nous nous attendions, car habituellement fin septembre à Barcelone elles ne sont pas très différentes par rapport au mois de juin", reprend l'ingénieur italien. Ce refus de modifier l'allocation a toutefois pu peser lourd dans la manière dont le week-end a finalement été vécu, compte tenu du raisonnement qu'est celui du manufacturier lorsqu'est décidée l'allocation pour chaque Grand Prix. "Le pneu medium est généralement celui qui est idéal pour les conditions que nous anticipons, puis le dur nous 'couvre' au cas où il fasse plus chaud et de même avec le tendre en cas de froid. Ce n'est donc pas un hasard que tout le monde ait choisi le soft", constate Piero Taramasso.

L'autre élément qui a pesé dans le choix des pneus pour ce Grand Prix, c'est le manque d'adhérence. Et sur ce point, même le manufacturier s'étonne des grandes difficultés rencontrées tout au long du week-end. "Nous avons vu tout de suite que le grip offert par la piste était beaucoup plus faible que l'année dernière. Nous ne savons pas précisément pourquoi, même si le niveau d'humidité était très élevé et que cela peut avoir joué. Mais il y avait vraiment très peu de grip, et c'est étrange car l'asphalte a été refait en 2018. En deux ans, il a donc perdu énormément de grip. Il y a de nombreuses théories, à commencer par le fait que c'est la piste sur laquelle la Formule 1 roule le plus, mais la vérité c'est que nous ne connaissons pas la raison de cette situation."

Les pneus les plus tendres au Mans

Après la fraîcheur de Barcelone, le MotoGP va devoir cette semaine composer avec celle, parfois extrême, qui est attendue cette semaine au Mans, particulièrement pour les séances matinales. Michelin propose donc pour le Grand Prix de France des gommes plus tendres qu'en Catalogne, les plus soft de la gamme du manufacturier, aussi bien à l'avant qu'à l'arrière.

"À l'avant, nous apportons les mêmes solutions qu'en 2019 car elles s'étaient bien comportées. D'ailleurs, l'année dernière déjà, il faisait 16°C au sol et 14°C dans l'air pendant la course. Les conditions pourraient donc être similaires. La majeure partie des pilotes avaient opté pour le soft à l'avant, nous avons donc décidé de poursuivre dans cette voie. En ce qui concerne l'arrière, le soft et le medium sont les mêmes [qu'en 2019], mais nous avons décidé d'essayer le hard un peu plus tendre, justement pour nous adapter au fait que nous sommes à une période de l'année différente."

Voilà pour les pneus slicks... mais chacun sait aussi qu'il faudra s'attendre à devoir sortir les gommes rainurées des caisses, proposées avec les mélanges standards.

Propos recueillis par Matteo Nugnes

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