Miguel Oliveira déterminé à rebondir après une saison éprouvante

Miguel Oliveira avoue "crever de faim" après une saison avare en résultats malgré une bonne série au printemps. Une blessure et des difficultés techniques ont coupé le Portugais dans son élan après son éclosion en 2020, mais il compte bien retrouver les sommets.

Miguel Oliveira déterminé à rebondir après une saison éprouvante

Star incontestée du premier Grand Prix MotoGP disputé à Portimão il y a un an, Miguel Oliveira a connu bien des hauts et des bas depuis. Alors qu'il avait réussi en 2020 à offrir au team Tech3 ses deux premières victoires dans la catégorie reine, et dans le même temps à ouvrir son propre compteur à sa deuxième saison parmi l'élite, le pilote portugais a vécu un transfert compliqué dans l'équipe officielle KTM cette année.

"Une saison difficile, c'est sûr", confirme-t-il dans une interview pour le site officiel du MotoGP, "surtout cette deuxième moitié." Si la seconde partie du championnat a en effet connu son lot de difficultés, le clan KTM a en fait vite déchanté dès le début d'année, lorsqu'il a fallu prendre ses marques avec le nouveau pneu avant fourni par Michelin et remplaçant le choix préalablement favori des RC16.

"Le début de la saison a été proche du désastre", résume Oliveira. "On a eu beaucoup de mal à utiliser ce pneu avant qui est devenu l'option la plus dure. On avait surtout développé la moto à l'avant, pour un pneu rigide. On a gagné trois courses avec ce pneu en 2020, j'en ai gagné deux avec cette spécification à l'avant et, tout à coup, on ne l'a plus eue."

"On a un peu dû transformer notre philosophie au sein du garage, notre façon de préparer la moto, d'aborder les week-ends dans les réglages, mais on ne réussissait pas à faire fonctionner ce composé. Puis on a commencé à le comprendre un peu plus, à améliorer les réglages de la moto, et les choses se sont assemblées."

Un tournant au Mugello

Outre le travail sur les réglages et la prise en main progressive de ce pneu, KTM a continué à œuvrer sur ses développements dans les limites bien moindres qui lui sont désormais permises, puisque les victoires de 2020 ont engendré la perte des concessions réglementaires. Et si les choses se sont assemblées au printemps, c'est aussi grâce à des changements notables sur la machine.

"Le Mugello a été un tournant", pointe Oliveira. "Beaucoup de détails se sont associés et nous ont aidés, de la part du cadre, des réglages, du carburant, du variateur de hauteur. Beaucoup d'éléments nous ont rendus plus rapides. Quand on combine tous ces détails, on peut énormément améliorer ses chances de bon résultat."

Deuxième place pour Miguel Oliveira, Red Bull KTM Factory Racing

Miguel Oliveira, deuxième du Grand Prix d'Italie

Le Grand Prix d'Italie, sixième manche de la saison, a ainsi apporté à KTM son premier podium de la campagne, une deuxième place décrochée par Oliveira qui a par la suite enchaîné avec une victoire et un autre podium. À la pause, le retard était déjà conséquent puisqu'il affichait à peine plus de la moitié des points du leader, mais le Portugais emmenait le clan KTM à la septième place du classement pilotes et la marque devançait Suzuki au championnat constructeurs.

Une blessure à la reprise a alors porté un nouveau coup d'arrêt à la saison d'Oliveira. "Cette blessure m'a malheureusement plus limité que je l'attendais", admet-il. "Ça nous a vraiment contraints à aborder les week-ends sans grosses attentes, en essayant aussi de comprendre la moto, comment être plus rapides, comment la développer pour l'avenir. Évidemment, ce n'était pas une période facile."

Son patron d'équipe a décrit Oliveira comme ayant été "totalement détruit mentalement" à cette époque. Brad Binder a alors pris le relais de son coéquipier, pour ramener KTM à la victoire pendant l'été et réaliser à son tour une solide moisson de points alors que le Portugais n'empochait pratiquement plus rien. "Rien n'était là. Il manquait beaucoup de choses, en particulier entre la moto et moi. Il n'y avait pas de lien entre la moto et moi, on était complètement déconnectés", décrit Oliveira.

Je n'ai pas faim de résultats, je crève de faim !

Miguel Oliveira

"Ça a été dur. On a souffert de différents petits problèmes. C'est une saison dans laquelle je sens que j'aurais pu faire bien mieux sur certains circuits, mais au moins on a conservé une attitude positive et on s'est battus pour faire de notre mieux à chaque course", veut-il retenir, convaincu qu'il vaut bien plus que ce qu'il a pu montrer cette année. "Je crois que je suis l'un des meilleurs pilotes de la grille et je suis toujours un peu loin de mon véritable potentiel. Je sens que j'ai encore beaucoup à donner et à réussir."

Désormais, le pilote de 26 ans veut prouver sa valeur : "Je n'ai pas faim de résultats, je crève de faim ! Je veux finir la saison sur une bonne note. Je le veux vraiment. Il y a évidemment ma course à domicile. C'est particulier, mais je veux l'aborder comme un Grand Prix comme un autre, avec la même ambition et la même volonté et faim de résultats."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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