En manque de rythme, Kallio a eu peur de "passer pour un idiot"

Mika Kallio ne s'attendait pas à souffrir autant pour sa seule course de l'année à Portimão, même s'il savait qu'il manquerait de rythme après seulement trois journées d'essais en 2020. Hervé Poncharal, le patron de Tech3, est satisfait du week-end du pilote finlandais.

En manque de rythme, Kallio a eu peur de "passer pour un idiot"

Tous les regards étaient tournés vers Miguel Oliveira à Portimão, le pilote local dominant les qualifications puis la course. Mika Kallio a réalisé un week-end plus discret sur la seconde KTM du team Tech3, habituellement confiée à Iker Lecuona, forfait en raison d'un test positif au COVID-19 le week-end précédent. Kallio n'a été appelé par l'équipe française qu'au soir du Grand Prix de Valence et c'est donc dans un contexte difficile qu'il est arrivé au Portugal, avec peu de temps pour se préparer et surtout un roulage très limité en 2020.

"Je n'ai fait que trois jours d'essais cette saison", précisait avant le début du week-end celui qui est habituellement pilote d'essais de KTM, cependant en piste deux semaines plus tôt, lors d'une séance organisée par la marque autrichienne à Jerez. En plus de son manque de rythme, Kallio devait découvrir le team Tech3 et le circuit de Portimão : "Beaucoup de choses sont différentes des années précédentes, quand j'étais wild-card [chaque saison depuis 2016] ou quand j'ai remplacé Johann Zarco [fin 2019 dans le team officiel]."

À l'issue d'une première journée "plus difficile" que ce qu'il attendait et sur "la piste la plus compliquée à apprendre" qu'il ait connue, le pilote finlandais se sentait surtout pénalisé par son manque de rythme au guidon de la KTM. "Les dernières années, quand j'étais wild-card, je n'avais pas ces longues pauses, et c'est la grosse différence", expliquait-il vendredi soir. "Quand tu fais quelques courses, tu es dans le rythme et tu sais à quoi t'attendre. Les écarts sont plus faibles [cette année] et tout le plateau se tient en une seconde. C'est une grosse différence, mais ce n'est pas le plus gros changement. C'est surtout que quand tu reviens après une longue pause, les autres sont dans le rythme. Tu passes un peu pour un idiot, tu es à quatre ou cinq secondes et tu te dis 'Putain, comment c'est possible ?' Tu t'attends à être un peu plus rapide, mais après tu réalises que les essais ont été bons. Je pense que ce serait facile si tout le monde pouvait le faire."

Qualifié au 22e rang, Mika Kallio a vu l'arrivée de la course à la 17e position, à 48'410 de son équipier, et il ne cachait pas une certaine déception. "Je voulais faire mieux, être un peu plus rapide, mais c'était le meilleur rythme possible pour moi", a-t-il expliqué en réponse à une question posée par Motorsport.com. "Dans un sens, je suis plutôt content d'avoir pu faire des tours constants, d'avoir gardé le même rythme et fait les mêmes chronos. Cette semaine, j'ai vraiment eu du mal à faire un relais long sans erreur. C'est à cause d'un manque de confiance sur la moto, mais j'ai pu le faire en course, donc je suis content."

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Tech3 voulait aligner une seconde moto sur cette dernière course de la saison, après avoir dû renoncer à la présence d'Iker Lecuona lors des deux rendez-vous de Valence. Hervé Poncharal a apprécié l'approche de Mika Kallio, immédiatement enthousiaste à l'idée de monter sur la KTM malgré le contexte défavorable.

"J'aimerais le remercier", a déclaré le patron du team Tech3 au site officiel du MotoGP. "Ce n'est pas facile pour lui. Dani [Pedrosa] fait la plus grosse partie du travail [cette saison]. Clairement, physiquement et dans le pilotage, il n'est pas prêt, mais il a dit oui tout de suite quand on l'a appelé. Il est très heureux d'être ici. Pour lui, c'est l'opposé de Miguel : aucune pression, essayer de profiter. C'est ce que je lui ai dit. Si KTM a quelque chose à tester, ils le feront avec lui. Mais on veut profiter de toute l'équipe et qu'il ait le sourire aux lèvres [après la course]."

"Ce qu'il fait est bien au dessus de la moyenne et vous savez, j'essaie toujours de faire plaisir aux gens et quand il est arrivé mercredi soir, il était comme un enfant devant un sapin de Noël, donc ça me plait !", a ajouté Poncharal.

Le team manager est satisfait du travail effectué par Kallio au cours du week-end : "Iker nous a beaucoup manqué, mais nous avons eu le grand plaisir, – et je tiens à le souligner –, c'était un grand honneur d'avoir Mika Kallio pour le remplacer. Il a fait un week-end parfait, aucune chute, il a amélioré ses chronos dans presque toutes les séances et enfin, il a décroché un résultat vraiment acceptable. Donc je tiens à le remercier, le féliciter et j'espère qu'il a apprécié cette semaine avec Red Bull KTM Tech3."

Une séance d'essais à Jerez va conclure l'année 2020 de Mika Kallio, qui ignore s'il sera au départ d'une course en 2021. Après une interdiction cette saison pour cause de COVID-19, l'inscription des wild-cards sera à nouveau permise mais KTM n'a pas encore défini son programme : "Pour l'avenir, personne ne sais ce qu'il va se passer", a-t-il reconnu à Portimão. "En tout cas, je vais garder ce poste l'an prochain. Si cette situation se représente à nouveau, je monterai sur la moto. Pour le reste, ce n'est pas entre mes mains. Évidemment, ce serait bien de faire des courses, mais pour le moment, je me concentre plus sur les essais."

Avec Mark Bremer

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