Miller entre "confiance raisonnable" et risque "de se briser le cou"

Vainqueur du dernier GP en date à Jerez, Jack Miller est connu pour être un redoutable client sous la pluie. Celui qui partira depuis la troisième position de la grille de départ en course, dimanche, au Mans, détient de solides chances de remonter sur le podium alors que le temps s'annonce gris...

Miller entre "confiance raisonnable" et risque "de se briser le cou"

Jack, relate-nous tes qualifications et la complexité des conditions changeantes...

J'ai essayé de passer sur les slicks aussi vite que possible : j'inspectais la piste avec les pneus pluie et j'ai vite compris qu'elle était presque totalement sèche, donc j'ai juste essayé de revenir aussi vite que possible car ici, on ne sait jamais combien de temps cette fenêtre de piste sèche va durer ! Puis j'ai fait environ quatre tours avec Pol [Espargaró] et Fabio [Quartararo] derrière moi. Ensuite, je suis arrivé assez vite dans le premier virage et j'ai complètement perdu l'avant dans le virage 2 !

J'avais un peu de mal avec la température sur le pneu avant et j'ai juste essayé de gratter de la température mais ça patinait pas mal dans la section des virages 1-2-3-4-5-6. La fois suivante, quand je suis passé, Fabio était assez proche de moi mais je crois que j'ai freiné si tôt qu'il a failli me rentrer dedans ! Il m'a passé et j'ai compris à ce moment-là que le grip était plutôt correct. Mais mon avant était encore froid et il m'a fallu un tour de plus. Je savais que les gars allaient encore améliorer et j'ai réussi à en aligner un correct, même si c'était peut-être un petit peu compliqué dans les virages à gauche où je n'arrêtais pas de perdre l'avant !

Vas-tu utiliser le système de launch control en course ?

Concernant le launch control, je n'ai pas encore vraiment décidé. On verra [demain], comme tout le monde a l'air de vouloir l'utiliser ! Si je vais sur la grille que je vois tout le monde abaisser l'arrière de la moto, peut-être que je suivrai et le ferai aussi !

Avez-vous eu une discussion lors du meeting de la Commission de sécurité concernant le limiteur de vitesse dans cette longue pitlane ? [les pilotes craignent sa longueur qui ne permet pas de chauffer les pneus pour la chicane Dunlop, ndlr]

Le sujet de la pitlane a été abordé hier lors de la Commission et… je ne me souviens pas avoir compris s'il y a vraiment eu un verdict ! [rires] Il s'y est passé beaucoup de choses et il est vraiment difficile de dire s'il y a eu un verdict ! Mais beaucoup de pilotes s'accordent sur le fait qu'il est vraiment nécessaire que ce virage soit contrôlé, surtout sur une course en flag-to-flag, parce que si vous chutez en sortant de la pitlane, ce qui est possible, la moto se retrouve alors directement sur un endroit très rapide du circuit… Comme vous l'avez dit, c'est une très longue distance ; surtout si vous changez les pneus. C'est une longue distance et le fait de ne pas mettre de force sur le pneu est assez effrayant la première fois que vous balancez la moto à droite puis à gauche !

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Penses-tu que ce soit plus une course pour Ducati ou Yamaha selon les conditions d'humidité ?

Je pense que les Yamaha ont clairement un bon rythme et qu'elles sont en mesure de continuer. D'après mon ressenti, les pneus fonctionnent bien mais… Il est difficile d'obtenir la température pour bien les faire fonctionner. Sur le mouillé, je me sens raisonnablement confiant quant au fait d'être capable d'y aller et d'être rapide immédiatement. Mais la grande question est de savoir si je ne vais pas trop m'emballer ! Et c'est plutôt une question entre moi [il désigne sa tempe] et elle [il montre sa main qui contrôle l'accélérateur] ! Mais je pense que c'est gérable.

Demain, on attend des rafales à 60 km/h et la Ducati est connue pour bouger pas mal avec le vent. Est-ce que ça t'inquiète ou penses-tu que ça va aller ?

[Il fait la moue] Je pense que pas seulement pour moi, mais pour tout le monde, ça n'est jamais marrant de piloter dans le vent. J'ai déjà pas mal senti le vent aujourd'hui, alors qu'il n'y avait que 20 ou 30 km/h de rafales. Et de temps en temps, dans le virage 6 et aussi dans le dernier gauche [le 12], ce n'est vraiment pas super pour nous. Mais je crois que les autres constructeurs ont aussi du mal avec ça, alors 60 km/h, ça va être assez borderline pour la course. Avec la pluie et toutes ces choses-là, ce n'est pas si mal et on peut piloter ; mais avec le vent, c'est vraiment difficile en fonction des conditions parce qu’à un moment donné vous êtes là, et le moment suivant vous êtes plus loin dans l'herbe ! Alors il faut faire attention à ça. Les infos que j'avais sont que ça ne sera que 30 km/h, mais vous, les Français, devez avoir de meilleures tuyaux que moi !

À quel point est-il difficile de trouver la limite quand on sait que chaque tour peut être différent du précédent avec la fraîcheur, les freins, le vent ? Est-ce difficile mentalement et physiquement ?

C'est clairement difficile mentalement, car comme vous l'avez vu, j'ai mis les slicks en EL1 dès ma troisième sortie car je pensais que ce seraient les meilleures conditions de tout le week-end ! On ne sait jamais si l'on peut en tirer un avantage alors c'est vrai que c'est dans votre tête parce que vous n'avez été sur la moto que deux fois et d'un coup, il faut y aller à fond et risquer vous briser le cou en slicks sur le mouillé ! Mais c'est comme ça en MotoGP de nos jours et ça fait partie du boulot de trouver la limite. Et comme vous pouvez le voir, je l'ai trouvée deux fois [en chutant] ce week-end ! Donc j'espère pourvoir dire que j'en ai une idée approximative !

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