Les métiers des sports mécaniques
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Mon job en MotoGP : ingénieur de données

Motorsport.com vous fait découvrir les métiers de l'ombre mais ô combien indispensables lors des week-ends de Grand Prix. Rencontre aujourd'hui avec Marco Barbiani, ingénieur de données au sein du team LCR !

Mon job en MotoGP : ingénieur de données

Mon job, c'est…

Je suis ingénieur de données. Mon rôle est d'analyser toutes les données recueillies après chaque manche, grâce à tous les capteurs qui sont présents sur la moto. Je travaille avec le chef-mécanicien, et lorsque la moto revient au stand, nous téléchargeons toutes les données et nous les vérifions, pour savoir ce qui se passe exactement. 

En fonction des retours du pilote et de ce que veux faire le chef-mécanicien, nous regardons ce que nous avons besoin de changer au niveau des réglages de la moto. Nous mettons en place différentes cartographies, qui peuvent changer le frein moteur, le contrôle de traction et la transmission de puissance. 

Ces trois paramètres peuvent donc être modifiés par le pilote dans la cartographie. Nous travaillons donc tous ensemble pour essayer de voir ce qu'on peut faire pour améliorer la moto. L'idée est de permettre au pilote d'ajuster les réglages durant son run en fonction de ses besoins.

Mon programme du week-end

Le week-end de course commence avant même que nous arrivions, durant la semaine précédente. Nous reprenons déjà les données de l'année précédente. À l'issue de chaque course, nous devons faire un rapport. De cette façon, nous disposons déjà d'une base existante en arrivant sur un circuit donné. Cela nous permet déjà de savoir vers quel type de travail nous orienter. Nous avons donc déjà des cartographies de disponibles la semaine précédent la course.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda, et Marco Barbiani, ingénieur de données du Team LCR Honda

Quand nous arrivons le jeudi au circuit, nous discutons avec Michelin pour savoir quels pneus ils ont ramenés, et en fonction de cela nous commençons à préparer une cartographie. C'est important car en fonction d'un mélange donné, cela peut altérer le frein moteur.

Nous dressons également des comparaisons avec les autres pilotes Honda pour comprendre où [Cal Crutchlow] perd et gagne du terrain. On prépare ensuite les réglages, en ayant parfois recours à deux motos différentes, ce qui nous permet d'essayer une même cartographie sur deux spécifications différentes de châssis. 

Le plus important dans mon job…

Je vérifie que tout fonctionne bien sur la moto, et notamment les capteurs. Nous passons par exemple au minimum une heure lors de chaque session simplement pour effectuer des comparaisons au niveau de la vitesse. C'est beaucoup de travail, car il faut vérifier tour après tour. Nous préférons donc diviser cette tâche.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Parfois, la chose à faire de revenir en arrière pour prendre la bonne direction [dans le développement]. Mais pour cela, il faut être sûr de soi. Faire une erreur est quelque chose de normal, mais il faut être suffisamment malin pour faire machine arrière tout en perdant un minimum de temps.

Trois outils qui me sont indispensables

Mon ordinateur bien sûr ! Mais aussi les des données telles que les temps au tour, et toutes les informations liées aux pneus. On utilise aussi beaucoup les données des autres pilotes Honda, comme cela on peut continuer à comparer, et trouver quelle est la meilleure voie pour notre moto et notre pilote. 

Les gens avec qui je suis toujours en contact

Je travaille dans le même bureau que le chef-mécanicien et la personne en charge de la cartographie. Toutes les données que nous téléchargeons depuis le tableau de bord de la moto, nous nous les répartissons. Donc chacun vérifie différentes choses, nous disposons du même logiciel [de traitement de données], et nous comparons les informations et essayons de tirer des conclusions qui puissent nous guider vers des axes de progression.

Quand je ne suis pas au circuit…

Après chaque course, je dois faire un rapport, pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé. Après la course, nous ne jetons qu'un coup d’œil rapide, mais l'analyse en profondeur se fait la semaine suivante. De cette façon, si nous trouvons quelque chose ou avons une idée, nous commençons de suite le développement afin d'être prêt pour la course suivante. 

Nous pouvons ensuite procéder à des simulations sur notre logiciel. Le problème, c'est que les pilotes ne sont pas des horloges. Il faut prendre en compte tous les tours, et pas seulement les plus rapides.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Sans moi…

... l'extraction des données ne serait pas possible, et donc les comparaisons avec les autres pilotes [Honda] ! 

Le MotoGP, c'est…

C'est une passion pour moi ! Nous travaillons sur des prototypes, et c'est cela qui est fantastique, car vous découvrez toujours des choses que vous n'aviez jamais vues auparavant. Mais c'est aussi difficile, car nous n'avons pas beaucoup de référence, mais il faut travailler sur les données des années précédentes et tenter de progresser. Mais le MotoGP est sans nul doute le paroxysme du développement, de la vitesse.

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