Morbidelli : "J'ai compris que je dois changer pour être rapide"

Franco Morbidelli se sent performant en rythme de course mais souffre encore en qualifications, domaine dans lequel Fabio Quartararo excelle. L'Italien sait qu'il doit "changer beaucoup de choses" pour progresser, à commencer par son style de pilotage.

Morbidelli : "J'ai compris que je dois changer pour être rapide"

Libéré de ses problèmes de genou et disposant enfin d'une Yamaha de dernière génération, Franco Morbidelli espérait retrouver les avant-postes cette saison, pourtant le vice-Champion du monde 2020 reste dans une situation délicate après la première moitié de la saison. Pendant que son coéquipier Fabio Quartararo caracole en tête du championnat avec 172 points, il n'occupe que la 19e position et n'a inscrit qu'un total de 25 unités, presque sept fois moins.

Quartararo a enchaîné dix arrivées dans le top 10 en ce début de saison, contre un seul pour Morbidelli. Mais selon le pilote italien, ce n'est pas en rythme de course que la différence se fait, mais surtout en qualifications. "En pneus neufs, [Quartararo] est plus une 'bête' et cette Yamaha demande un pilotage agressif, pas vraiment doux", a-t-il expliqué. "Quand on met des pneus neufs, il a ce style. Je suis plus doux et je n'utilise pas bien le pneu."

L'Italien constate une nette différence entre ses performances du samedi et du dimanche, au point d'avoir "un niveau en pneus de course et un [autre] en pneus tendres", ce qui le pénalise énorme. "Je souffre encore de ça", a-t-il précisé à l'arrivée d'un GP d'Allemagne conclu à une modeste 13e place, à 29 secondes de son coéquipier victorieux.

"Avec les pneus de course, les sensations semblent vraiment acceptables, mais j'ai énormément de mal avec des pneus neufs. Mon style de pilotage et mes réglages ne m'aident pas quand je prends des pneus tendres neufs et c'est dommage parce qu'il faut partir devant pour exprimer son rythme dans cette catégorie."

Franco Morbidelli, Yamaha Factory Racing

Franco Morbidelli

"Actuellement, notre rythme avec des pneus de course est très bon mais on ne peut pas en profiter parce qu'on souffre pas mal en pneus tendres. Avec notre moto, c'est vraiment difficile de doubler donc c'est dur d'exprimer son rythme dans le groupe. On droit comprendre comment trouver les bonnes sensations également en pneus tendres."

Avec une Yamaha à la peine dans les dépassements, Franco Morbidelli a conscience que ses piètres performances le samedi hypothèquent ses chances pour le lendemain : "On y travaille, on essaie de corriger ça parce que dans cette catégorie, c'est très important de partie devant, encore plus avec notre moto, et si je ne parviens pas à exploiter le pneu neuf, je suis foutu. On voit ce problème de plus en plus clairement et on travaille dessus de plus en plus profondément."

Morbidelli a confirmé que Yamaha "cherche une solution" mais les opportunités de se plonger pleinement sur cette question sont rares : "On n'a pas assez de pneus neufs [pour expérimenter des choses]. Je pense savoir comment gérer les pneus tendres dans l'ensemble [mais] pas avec cette moto. Que faire ? On peut prendre des pneus tendres pendant un test, ça pourrait être une solution. Je pense que la moto peut 'm'aider' [en s'adaptant à moi]."

Morbidelli en quête d'un nouveau style de pilotage

Pendant de longs mois, Franco Morbidelli a en effet tenté de faire évoluer ses réglages pour rapprocher la Yamaha de ses besoins mais, à Assen, il estimait avoir atteint une certain limite dans cette démarche et voulait en entamer une nouvelle, pour revoir totalement sa façon de piloter la moto.

"J'ai compris une chose importante, qui est que pour être rapide sur cette moto, je dois changer. Même si je sais que mon style de pilotage est payant dans certaines conditions et avec un certain type de châssis, je dois quand même changer, parce que je pilote ce châssis, je pilote cette moto, je suis dans cette équipe. Je vais changer, je vais devoir changer."

Franco Morbidelli, Yamaha Factory Racing

Franco Morbidelli

"Quand il y a peu de grip, mon style de pilotage doux est payant", a-t-il résumé. "Quand il y a plus d'adhérence, mon style de pilotage ne paie pas en pneus tendres. Il est important de changer un peu la façon de contrôler la moto, il faut la traiter différemment pour en exploiter le potentiel, qui est élevé."

"Ce n'est pas mon style naturel donc je ne peux pas le reproduire de façon constante pour le moment. Je dois passer par un processus interne pour absorber ce style et l'appliquer en piste à chaque tour, le faire mien."

Malgré déjà 16 courses disputées dans l'équipe officielle, Franco Morbidelli demande du temps pour mener à bien ce processus : "Quand il faut changer ce genre de choses, c'est difficile. Il faut changer beaucoup de choses, peut-être sa personnalité aussi, je ne sais pas. Je dois changer beaucoup de choses. Mais je pense que ce sera un processus fun. On verra si on y arrive."

Et malgré des résultats en dessous des attentes, Franco Morbidelli voit dans les performances de Fabio Quartararo ce qui est possible avec sa Yamaha : "Ce qu'il y a de positif, c'est que j'ai le meilleur package parce que Fabio est premier au championnat, il réalise une excellente performance et il le fait sur une moto, pas seul en courant. C'est la meilleure chose. La moins bonne, c'est que je ne peux pas encore l'exploiter et que je dois trouver comment le faire, mais je suis définitivement chanceux."

Avec Charlotte Guerdoux

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