Oliveira : La mort d'un pilote est un prix trop élevé à payer

Deuxième du Grand Prix d'Italie, Miguel Oliveira a voulu en appeler au respect mutuel entre les pilotes et a questionné les leçons qui pourront être tirées de l'accident fatal dont a été victime Jason Dupasquier au Mugello.

Oliveira : La mort d'un pilote est un prix trop élevé à payer

Ce qui est habituellement une journée de fête a tourné aujourd'hui au cauchemar. Jamais le dimanche du Mugello n'avait connu d'atmosphère aussi lourde, le circuit privé de son flamboyant public pour cause de pandémie mais aussi frappé à 12h15 par l'annonce impensable de la mort d'un pilote de seulement 19 ans au visage encore enfantin.

Les deux premières courses du jour s'étaient déjà déroulées dans une ambiance très particulière, celle de la catégorie Moto3 avant l'annonce de cet issue funeste, mais aussi celle du Moto2, dont les pilotes n'ont été avertis qu'après l'arrivée. Les concurrents de la catégorie MotoGP, eux, ont pris le départ après avoir observé une minute de silence, en communion avec le team PrüstelGP et tout le paddock, et frappés de plein fouet par la cruauté de la situation.

Si certains auraient souhaité que la course soit annulée, Miguel Oliveira s'est montré moins tranché et a porté un regard philosophe sur ces événements. "La limite est très ténue entre le fait qu'on veuille battre les autres et le fait qu'on les respecte aussi, et je pense qu'aujourd'hui on est tous venus avec beaucoup de respect les uns pour les autres", a-t-il observé en descendant du premier podium sur lequel il montait cette saison.

"Je crois que la seule leçon que je peux retenir de ce qui s'est passé, c'est qu'on doit de plus en plus se respecter les uns les autres et respecter les limites qu'on s'impose quand on court les uns contre les autres. C'est la pure réalité. Quand on court en groupe, à des vitesses élevées, dans des virages étroits, on peut vraiment faire peu de choses pour éviter une situation comme celle-ci."

"Je ne sais pas ce qu'on pourrait faire. Juste continuer et être respectueux, en tirer des leçons, peut-être réfléchir plus tard à ce qui s'est passé", a ajouté le pilote portugais. "Je ne pense pas qu'il y ait de leçon technique à tirer de la situation. C'est ce qui est malheureux, ça n'a aucun sens. Et s'il y avait des leçons à tirer, ça ne devrait pas à être à ce prix si élevé."

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"C’est un sport cruel", a concédé Oliveira auprès du site officiel du MotoGP. "Le Moto3 est une catégorie difficile. Tout le monde roule très près les uns des autres et tout le monde essaie d'obtenir une aspiration. Je crois que quand on roule sur une piste où l'on ne voit pas la sortie des virages et où il y a beaucoup d'endroits à l’aveugle, comme à Portimão ou même ici à l’Arrabbiata, si quelqu'un tombe au milieu de la piste il y a vraiment très peu de choses à faire pour éviter un impact. Je ne sais pas quoi en penser. Je ne sais pas si nous devrions changer quelque chose. Je ne sais pas pour le moment. Mais ce qui est sûr, c'est si nous y réfléchissons trop nous ne courrons plus."

Interrogé sur la pertinence d'une minute de silence observée quelques minutes avant le départ d'une course, Miguel Oliveira a vite balayé tout début de polémique. "Je suis désolé pour Jason, pour sa famille. Je ne peux pas imaginer la peine que traversent ses parents, mais on doit continuer. Continuer à courir, c'est le plus grand hommage qu'on puisse lui rendre et rendre à sa famille", a-t-il souligné. "Pour sa famille, je pense que rien ne ramènera leur fils, alors que pouvons-nous dire ? On doit juste continuer à faire notre travail et faire ce qui est en notre pouvoir, lui rendre hommage ainsi qu'à sa famille."

"En ce moment, je pense vraiment à sa famille, à ses parents, à toute son équipe. C'était un garçon extrêmement poli. Je me souviens de lui depuis la Rookies Cup. Sa mère est portugaise donc il y avait une sorte de connexion entre nous. J'ai suivi sa carrière de près, il progressait bien cette saison. C’est un moment triste", a conclu Miguel Oliveira.

Avec Chloé Millois

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