Oliveira pas inquiet de la baisse de performance d'Aprilia

L'effondrement des résultats d'Aprilia en fin de championnat n'inquiète pas Miguel Oliveira, nouveau pilote de la marque au sein du team RNF.

Oliveira pas inquiet de la baisse de performance d'Aprilia

Après avoir été l'un des membres émérites du programme KTM en MotoGP durant quatre ans, avec cinq victoires à la clé, Miguel Oliveira a intégré le groupe Aprilia sitôt le dernier Grand Prix 2022 bouclé. Désormais pilote de la nouvelle équipe satellite du constructeur italien, il est directement sous contrat avec Noale et a la garantie de disposer d'une machine identique à la dernière version de la RS-GP utilisée cette saison par Aleix Espargaró et Maverick Viñales, avec la possibilité de recevoir des évolutions en cours d'année.

C'est précisément le gain de compétitivité impressionnant des motos italiennes qui a convaincu Oliveira de rejoindre ce projet, bien qu'il lui ait été proposé de rester impliqué dans le programme KTM en réintégrant le team Tech3 avec en poche un meilleur contrat. Le Portugais a refusé cette offre et préféré s'orienter vers ce nouveau challenge, visiblement en paix avec ce qu'il laissait derrière lui.

Mais alors qu'Aprilia a effectivement réalisé des performances stupéfiantes durant les premiers mois de la saison, sa courbe de résultat s'est effondrée en fin de championnat, particulièrement durant une tournée outre-mer compliquée puis lors du dernier Grand Prix, où Espargaró et Viñales ont enregistré un double abandon jamais observé auparavant cette année pour le binôme.

Il aurait été légitime pour le pilote portugais de s'inquiéter d'une telle dégringolade, pourtant il a assuré ne pas y voir d'élément préoccupant, convaincu que le contexte a sûrement joué. "Je ne suis pas très inquiet", indiquait-il à Motorsport.com juste avant la dernière course. "Oui, il y a eu une composante technique qui les a empêchés de poursuivre la progression qui était la leur, mais je pense personnellement que cette chute a coïncidé avec un moment particulier du championnat. Aleix était toujours en bagarre pour le titre et cela a créé une atmosphère au sein de l'équipe qui n'était pas celle qu'il fallait pour aller vite."

"Ça ne m'inquiète pas car ce qu'Aprilia a démontré lors des deux premiers tiers du championnat, c'est que la moto se rendait sur des circuits très différents et qu'ils étaient toujours dans le coup. Oui, il est possible qu'il y ait une explication technique, mais je pense aussi que l'atmosphère qui régnait en se battant ainsi pour le championnat a eu une influence."

Le sourire dès le premier test

Ironiquement, le dernier Grand Prix de la saison a vu l'équipe Aprilia perdre la deuxième place du classement des teams au profit de la formation officielle KTM. La deuxième place chez les constructeurs lui a également échappé et est revenue à Yamaha, et la troisième chez les pilotes a quant à elle été arrachée par Enea Bastianini lors de cette dernière course, alimentant la forte amertume d'Aleix Espargaró.

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Le test qui a suivi dans la foulée a cependant redonné le sourire aux responsables du programme, notamment grâce à l'arrivée des nouveaux pilotes, Miguel Oliveira mais aussi son jeune coéquipier Raúl Fernández.

"Plus de pilotes, cela veut dire plus de commentaires, des styles de pilotage différents", pointait Paolo Bonora, directeur de course d'Aprilia Racing, "donc on peut mieux comprendre les aspects positifs et négatifs d'une moto et on peut comprendre beaucoup plus vite comment trouver les derniers dixièmes. C'est très important pour notre département interne parce qu'à l'usine nous avons de nombreuses personnes qui travaillent beaucoup sur l'analyse des données et avoir plus de données est d'une grande aide pour nous."

Miguel Oliveira, RNF MotoGP Racing

Miguel Oliveira dans le stand RNF

"Nous avions clairement une mission", a souligné quant à lui le team manager Wilco Zeelenberg au sujet de cette première journée de travail. "Quand les pilotes passent d'une moto à une autre, il y a bien sûr beaucoup de positif mais il y a aussi du négatif. Les pilotes se souviennent de l'autre moto durant trois ou quatre jours et ensuite ils oublient tout, ils deviennent soudainement des pilotes Aprilia et jugent de façon différente. Je pense qu'avoir de nouveaux pilotes qui viennent d'un autre constructeur, en plus de Maverick et Aleix qui sont là depuis longtemps, est très important pour comprendre l'électronique, l'accélération, le wheelie et voir si c'est moins bien ou mieux chez Aprilia que sur l'autre moto."

"Nous avons entendu leurs commentaires", a ajouté Paolo Bonora en évoquant les nouveaux pilotes RNF, qui ont notamment fait part de leur satisfaction quant à la douceur de la RS-GP. "Ils sont très contents de la moto. Ils nous ont expliqué ce qui était positif et ce qui était négatif, et cela correspond aux habitudes pour notre moto. Nous sommes plutôt confiants de pouvoir leur apporter les pièces qu'ils ont demandées pour la saison prochaine et nous sommes très ouverts par rapport à tous les commentaires qu'ils ont pu nous faire."

Mais avant même de se plonger dans les données recueillies et dans le détail des requêtes techniques, Razlan Razali retenait, lui, le sourire de son nouveau leader, qui en disait long sur ses sentiments. "Je pense que le sourire qu'il avait sur le visage la première fois qu'il est monté sur la moto explique plus que tout autre chose comment il se sent sur la RS-GP et à quel point il aurait voulu avoir ce genre de moto beaucoup plus tôt dans sa carrière", observait le team principal de RNF. "Mieux vaut tard que jamais ! Il passe un bon moment, il est très content. Les deux pilotes sont descendus de la moto avec un énorme sourire sur le visage. Les voir aussi contents me rend heureux."

Avec Germán Garcia Casanova et Charlotte Guerdoux

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