Un paddock ébahi par la première ligne de Rossi

Le Docteur, qui s'élancera depuis la troisième position dans quelques instants, a surpris tout son monde depuis le début du week-end.

W.Z., Aragón - Qui l'eût cru ? 24 jours seulement après avoir été victime d'une double fracture au tibia ainsi qu'au péroné, Valentino Rossi s'élancera dans quelques instants depuis la première ligne de la grille, en troisième position. 

Une véritable performance, alors que sa simple participation à cette 14e manche du championnat semblait déjà tenir de la gageure. Mais le Docteur, malgré ses 38 ans, a de la ressource, et il l'a encore prouvé tout au long du week-end.

Si ses performances du vendredi ont été plutôt discrètes – sans être non plus hors des clous –, les conditions humides, moins exigeantes du point de vue physique, et peu représentatives du reste du week-end, ce qui a sans doute incité les autres pilotes à prendre moins de risques, ont pu faire penser à certains que le rythme de l'Italien avait été en quelque sorte magnifié.

Ce dernier leur a donné tort dès le lendemain, d'abord en s'invitant en Q2 – de justesse certes alors qu'il pointait à l'issue des EL3 à la dixième place au classement des temps combinés –, puis en décrochant la troisième position sur la grille, à moins de deux dixièmes de son coéquipier et poleman, Maverick Viñales.

Une première ligne qui a fait sensation, alors que le Docteur a même évolué dans les derniers instants en tête de la feuille des temps, laissant croire à un véritable miracle en Aragón. Ce résultat a également fait réfléchir chez les pilotes les plus exigeants, notamment ceux évoluant aussi sur une Yamaha.

Les pilotes partagés entre colère, respect et admiration

"C'est incroyable, vraiment. J'ai dit jeudi que ce serait une honte pour toutes les personnes derrière lui [sur la grille], et je reste de cet avis", a ainsi expliqué Johann Zarco à l'issue des qualifications. "C'est pour cela que je peux être déçu et un peu en colère, car ce n'est pas normal qu'il soit devant. Cela veut dire qu'il est un génie, un pilote intelligent et très bon. Il sait comment attaquer, quand attaquer, et lui ou l'équipe sait comment régler la moto. Il fait de belles choses, et cela mérite le respect."

Au-delà du respect, l'admiration devant l'exploit accompli est également palpable, comme par exemple pour Álvaro Bautista. "C'est bien sûr incroyable", admet l'Espagnol, neuvième sur la grille. "Je ne m'attendais pas à ce qu'il pilote la moto. Le fait de piloter, d'aller en Q2, et de finir sur la première ligne, c'est incroyable. Je ne sais pas si c'est le meilleur pilote de l'histoire, mais ce qui est sûr c'est que ce qu'il a fait aujourd'hui, c'est incroyable. Il n'y a pas de mots pour décrire cela."

À l'inverse, Cal Crutchlow semble être l'un des rares pilotes qui n'a pas été vraiment surpris par la performance de Rossi samedi après-midi. "Je l'ai observé ce matin. Il lui faut plus de temps pour prendre de la vitesse, bien sûr, mais en qualifications il a fait un p***** de tour fantastique, et il a été rapide tout le week-end", explique l'Anglais, quatrième à l'issue des qualifications, juste derrière le pilote Yamaha.

Selon le numéro 35, c'est l'état d'esprit du transalpin qui a rendu une telle performance possible. "Honnêtement, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit différent", reprend-il. "Je m'attendais à ce qu'il soit rapide tout le week-end, je m'attendais à ce qu'il se batte pour le podium en course. Il ne vient pas juste ici pour faire le nombre. Je pense que vous pouvez juste changer votre état d'esprit si vous avez la volonté d'être aussi rapide que possible. Cela va devenir une nouvelle tendance, tout le monde va vouloir se casser une jambe à présent, de sorte de pouvoir aller plus vite."

S'il est également de son côté surpris, Andrea Dovizioso se risque au rabat-joie, estimant que la course sera une toute autre paire de manche. "Quand vous le voyez piloter, on dirait vraiment que tout va bien. Il est très rapide, ce à quoi je m'attendais, mais pas autant", a reconnu le pilote Ducati. "Mais nous devons voir [ce que ça donne durant] la course, car je pense que celle-ci va être complètement différente des essais libres car lors de ceux-ci, vous chaussez un pneu tendre, peu de carburant, et vous pouvez être à 100%. Son rythme lors des EL4 n'étaient pas mauvais, beaucoup de pilotes ont fait un bon tour, mais entre un bon tour et être compétitif sur l'ensemble d'une course, c'est une autre histoire."

Alors, Rossi va-t-il poursuivre sur sa formidable lancée ? Réponse dans quelques minutes désormais...

 

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