Oliveira a poussé Binder à travailler sur lui-même

Après avoir longuement détaillé ses sensations sur les derniers tours de course, Brad Binder est aussi revenu sur son état d'esprit avant et après un Grand Prix mémorable.

Oliveira a poussé Binder à travailler sur lui-même

Remarquée et remarquable, la victoire de Brad Binder sur le Grand Prix d'Autriche, dimanche, a été le résultat d'un pari parfaitement exécuté en fin de course, lorsque le Sud-Africain a pris la décision d'avaler les derniers tours en pneus slicks sur une piste de plus en plus humide. Heureux de son coup mais conscient du fait que celui-ci était on-ne-peut-plus audacieux, c'est avec un large sourire qu'il est revenu sur cette performance. Dans le même temps, il admettait ne toujours pas être devenu un acrobate sous la pluie et avoir été bien motivé par le niveau de performance de son équipier quand lui-même peinait à convertir ses courses en bons résultats récemment.

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Sur les quelques dernières courses, ça a toujours été Miguel [Oliveira, son équipier chez KTM] qui a fait le meilleur résultat. Est-ce que ça a été difficile pour toi de rester calme et d'attendre ta chance ?

La chose vraiment positive à propos des dernières courses, pour moi, c'est que j'ai pu voir de quoi la moto était capable et que la seule chose sur laquelle il fallait que je travaille… c'était moi-même ! Cela rend les choses beaucoup plus simples lorsque l'on voit quelqu'un d'autre qui y arrive et que vous, vous devez simplement travailler plus dur pour y arriver. Merci, donc ! C'est super d'avoir un équipier qui est super rapide et ça vous apprend des choses en permanence. Cela vous maintient alerte et donc je pense qu'au final, ça a fait de moi un meilleur pilote.

Penses-tu qu'il y ait un moyen de s'entraîner pour ce genre de situation de pneus slicks sur piste détrempée ?

Eh bien, si tu envisages de te blesser très rapidement, oui ! [rires] Mais non, ce n'est pas quelque chose avec quoi l'on peut faire quoi que ce soit pour s'entraîner.

As-tu tourné la page sur ce que tu appelais ton plus grand cauchemar, qui était de courir sur le mouillé ?

Non ! Ce n'était pas de la course cette fois, c'était de la survie ! [rires] Il s'agissait juste d'essayer de finir la course, pas d'aller vite. Mais pour être honnête, j'ai fait de bons progrès sur le mouillé cette semaine : j'ai eu un petit peu de temps pour bien mieux comprendre comment piloter avec les Michelin en MotoGP par des conditions mouillées, en tout cas avec les pneus full wet. Mais [dimanche], c'était assez effrayant ! Je suis super heureux du résultat.

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Dans ce dernier tour que tu as largement décrit, as-tu pensé que tu pourrais dépasser les limites de la piste à chaque virage et te trouver menacé par une pénalité ? Avais-tu dans l'esprit que ça pouvait se produire ?

Tout d'abord, ce n'était pas facile de rester sur la piste. Je n'avais aucune intention d'aller dans le vert, ça, c'est certain ! Et je pense que j'ai rendu mon dernier tour beaucoup plus long que ce que j'aurais dû mais il n'y a rien à faire si on ne s'arrête pas et que la roue arrière se retrouve presque à côté de vous ! On ne peut pas tourner, alors il faut décider s'il faut aller tout droit ou chuter. Alors je pense que j'ai pris la bonne décision ! Donc je ne sais pas et je m'en fiche maintenant ! Dans tous les cas, je suis content ! Et je suis certain que j'aurais été dégoûté si j'avais manqué la victoire ou le podium à cause d'une pénalité, mais ça me serait allé s'ils m'en avaient mis une en finissant comme ça ! [rires] [C'est bien ce qui s'est passé, puisque Binder avait initialement reçu une pénalité de trois secondes qui ne mettait pas en péril sa victoire, pui qui a ensuite été annulée, ndlr]

Aurais-tu pris ce pari de rester en piste si tu avais mené la course, ou t'es-tu dit que tu n'avais rien à perdre en étant dans cette position ? Tu n'as pas eu beaucoup de temps pour y penser, mais à quoi réfléchissais-tu ?

Pour moi, le truc, c'est que j'avais eu une course choquante [jusque-là] : ça ne marchait pas. La raison pour laquelle je ne pouvais pas piloter correctement était hors de notre contrôle et j'ai fait de mon mieux avec la manière dont les choses fonctionnaient… Mais lorsque j'ai vu l'opportunité alors que je rattrapais le groupe de devant, j'ai décidé de jeter les dés et de voir ce qui allait se passer.

Alors oui, ça a été une décision que je n'ai pas vraiment soupesée. Lorsque j'ai vu tout le monde rentrer, j'ai su que c'était à moi de prendre le pari. J'ai décidé d'y aller. C'était vraiment une bonne décision pendant un demi-tour parce que j'arrivais toujours à piloter très vite sur le premier secteur et plus ou moins sur le deuxième. Puis je suis arrivé dans le virage 5 et les pneus et les freins étaient froids. J'aurais pu tomber, mais j'aurais quand même été content d'avoir essayé.

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