Les performances de Zarco ne sont pas une surprise pour Bagnaia

Après les sept premières manches de la saison, Johann Zarco compte un joker d'avance (et même un peu plus) sur les deux pilotes de l'équipe officielle Ducati. Une situation qui n'étonne pas Pecco Bagnaia et qui ne l'inquiète pas encore.

Les performances de Zarco ne sont pas une surprise pour Bagnaia

Alors que la première partie de la saison MotoGP touche à sa fin, avec cette semaine et la prochaine un dernier enchaînement de deux courses précédant la pause estivale, Ducati fait indéniablement partie des références à ce stade du championnat. Face à un clan Yamaha qui compte essentiellement sur Fabio Quartararo, le groupe italien voit ses performances plus réparties. En dépit du fait que Jack Miller a été le seul à s'imposer avec la Desmosedici, ils sont en réalité trois à engranger de gros points de manière assez comparable.

Ainsi, c'est Johann Zarco qui occupe la deuxième place du championnat derrière Quartararo, grâce à ses quatre podiums en sept courses. Derrière lui, on trouve les deux pilotes de l'équipe officielle Ducati, Jack Miller et Pecco Bagnaia, mathématiquement très proches. À eux trois, ce trio de pilotes a cumulé dix podiums en sept courses, mais c'est bien le Français qui a rapporté à Ducati ses points constructeurs (comptant le meilleur résultat de chaque marque par course) lors de quatre manches ; Miller y a contribué deux fois grâce à ses victoires, et Bagnaia une fois avec sa deuxième place au Portugal.

Pour le pilote italien, promu cette année du team Pramac à la structure d'usine, les performances de Johann Zarco ne sont en aucun cas étonnantes. "À mon avis, Zarco ne doit pas être [vu comme] une surprise", estime-t-il. "Ça fait des années qu'il est en MotoGP, il a déjà fait des podiums, et il a une moto officielle alors je ne vois pas pourquoi il aurait dû être une surprise en début d'année."

"Ce qu'il fait est très bon, y compris pour nous", souligne le pilote italien. "Il est assurément un adversaire pour le titre, mais je trouve normal qu'un pilote de son expérience doté d'une moto officielle soit devant. Je veux aussi rappeler qu'en début d'année tout le monde misait plus sur Zarco que sur moi. À mon avis, le niveau qu'on a chez Ducati est très nivelé."

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Chez Yamaha, Quartararo a pris le leadership face à un Maverick Viñales qui, victorieux à la première manche, s'est ensuite fait distancer de 40 points. Chez Suzuki aussi, Joan Mir s'est affirmé, Álex Rins ayant enchaîné cinq zéros à cause de chutes et d'une blessure. Mais pour Ducati, cette dispersion des points n'est-elle pas cependant une façon de se tirer une balle dans le pied en vue du championnat pilotes ? "Non", rassure Pecco Bagnaia, serein à ce stade. "La bagarre est encore tellement ouverte qu'il n'y a pas de consignes d'équipe. On est tous les trois encore en lutte pour le titre, alors à mon avis personne ne prend de points à personne."

Gare aux points concédés à Quartararo

Si les trois atouts de Ducati sont contenus aujourd'hui en seulement 13 points, l'homme qui les devance, lui, a bel et bien affiché les qualités nécessaires pour potentiellement éliminer cette menace, même multiple. Il a beau être trop tôt pour faire des projections fiables, Fabio Quartararo impressionne et ses 14 points d'avance à ce stade alertent quelque peu la concurrence.

"Fabio est un très grand adversaire. Il est fort, régulier, il a trouvé sa dimension avec le team Yamaha officiel, alors il est très compétitif. Mais il est certain que l'on ne peut plus perdre trop de points sur lui parce qu'on a déjà plus d'une course de retard. Il faut donc qu'on commence dès à présent à récupérer le plus de points possibles. J'ai déjà fait un zéro donc je ne peux plus me le permettre", prévenait Bagnaia à son arrivée à Barcelone dans la foulée de sa chute au Mugello.

Le Grand Prix de Catalogne lui a finalement permis de ne concéder qu'un seul point de plus au pilote Yamaha, dont la performance pure a été entachée par un souci de combinaison et deux pénalités. Bagnaia, pour sa part, a quitté les lieux conscient qu'il va devoir élever encore un peu son niveau malgré ses propres performances plus qu'honorables en ce début de championnat.

"En ce moment je ne pense pas à Fabio. Je veux m'améliorer parce que j'ai eu beaucoup de mal ce week-end", assurait-il, mis en difficulté par la faible adhérence offerte par la piste de Barcelone. "Quand l'adhérence est normale, je suis vraiment fort au freinage et en entrée de virage, mais [cette fois] je perdais l’arrière quand j'essayais d'être fort sur les entrées. Il était toutefois très important de finir la course après n'avoir pas marqué de points au Mugello."

"Nous devons améliorer mon temps et mon rythme quand l'adhérence est faible, et j'espère vraiment trouver des solutions pour les prochaines courses car je me souviens qu'au Sachsenring l'adhérence n'est pas si élevée", précisait Bagnaia, qui comptait sur le test post-course pour rectifier le tir. "Plus régulier en pneus usés que pendant le week-end de course", il a finalement quitté Barcelone "assez satisfait par le test", précisant alors : "On a essayé différents réglages pour la moto qui, je pense, m'aideront à être encore plus compétitif lors des prochaines courses."

Il n'y a en tout cas plus de droit à l'erreur, au risque de voir Quartararo prendre une avance plus inquiétante encore. "Nous en sommes à la huitième manche de la saison et l'avant-dernière avant la pause estivale. C'est un moment crucial pour le championnat et il sera essentiel d'obtenir un bon résultat ce week-end", prévient aujourd'hui le pilote turinois à l'heure d'aborder un Grand Prix d'Allemagne pourtant peu favorable à Ducati sur le papier.

Avec Chloé Millois

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