Petrucci : Les pilotes "pas pris au sérieux" pour raccourir le GP

Plusieurs pilotes ont émis l'idée de réduire le nombre de tours du GP des Amériques, à cause des nombreuses bosses du circuit d'Austin, mais ils n'ont pas été entendus. Ils ont été nombreux à exiger une nouvelle surface avant l'édition 2022 et devraient obtenir gain de cause.

Petrucci : Les pilotes "pas pris au sérieux" pour raccourir le GP

Le GP des Amériques s'annonce disputé entre le duel entre les prétendants au titre, Pecco Bagnaia et Fabio Quartararo, que Marc Márquez espère arbitrer en s'élançant depuis la première ligne, ou la remontée attendue de Jack Miller, contraint à un départ en milieu du classement. Mais cette course pourrait être troublée par les nombreuses bosses, très critiquées par les pilotes et sources de fortes secousses sur les motos, surtout dans le premier secteur et au virage 10.

"Lors des premiers tours, nous verrons la situation", a déclaré Bagnaia en conférence de presse. "Le premier enchaînement sera assez dangereux au premier tour, mais une fois le premier secteur passé, ça va. Au-delà du premier secteur au premier tour, je pense que tout va bien."

Márquez estime que cet aspect sera essentiel dans la gestion de la course : "Si on passe plus lentement, il y a moins de risques, si on passe plus vite, il y en a plus", a résumé l'octuple Champion du monde. "Avec le réservoir plein, ça aura une grosse influence dans le premier tour, et il faudra faire attention."

Certains pilotes ne cachent pas leur inquiétude depuis le début du week-end. Vendredi, Aleix Espargaró jugeait la piste trop dangereuse pour maintenir l'épreuve et d'autres se disaient favorables à une réduction du nombre de tours. Cette idée a été avancée en Commission de sécurité après les deux premières séances d'essais... mais vite balayée. Danilo Petrucci déplore que les pilotes n'aient pas été "pris au sérieux" par les instances dirigeantes.

"On a demandé mais disons qu'en Commission de sécurité, ils pensaient qu'on blaguait quand on disait qu'il fallait réduire la durée de la course", a déploré l'Italien. "Mais je ne pense pas que ce soit possible [de modifier le nombre de tours]. Je ne sais pas ce qu'on peut faire, je ne sais pas si tous les pilotes sont d'accord sur ça, mais je pense que 90% d'entre eux aimeraient qu'on réduise la durée de la course. J'aimerais vraiment qu'on écourte la course."

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Aleix Espargaró, victime de quatre chutes depuis le début du week-end, a confirmé que l'inquiétude était partagée par une large partie d'un plateau qui a demandé des changements en vue de l'édition 2022, faute de solution pour cette année : "En Commission de sécurité, à part un ou deux gars pour qui tout est fun, ils aiment les bosses, allons prendre une bière, tous les autres pilotes étaient très mécontents et vraiment en colère, disant que la piste n'est pas sûre, que c'est totalement dangereux et inacceptable de rouler ici", a pesté le pilote Aprilia.

"Selon beaucoup de mes confrères et selon moi, si on nous le demande, on dit qu'on ne peut pas faire la course [ce dimanche]. Mais on va essayer de s'adapter au maximum. S'il n'y a pas de solution pour l'an prochain, pour moi ça sera impossible de venir pour une course. Et tout le monde, presque 95% des pilotes, étaient du même avis."

Un précédent existe puisque la Dorna a mis en avant l'absence de travaux sur l'asphalte de Brno pour expliquer la non-prolongation du contrat. Pour Espargaró, le promoteur du MotoGP doit entendre les pilotes concernant Austin : "Il est évident que la Dorna doit faire quelque chose pour l'an prochain. Sinon, ce n'est vraiment pas sûr. Il ne faut pas attendre qu'il se passe quelque chose de tragique pour agir. Quand on a 22 pilotes, que 19 ou 20 disent la même chose, parmi les 20 meilleurs au monde, peut-être qu'on a raison, non ?"

Pas de retour à Austin sans nouvelle surface

La réunion organisée vendredi soir a néanmoins permis d'obtenir certaines assurances de la part des responsables du Circuit des Amériques. Les pilotes ont exigé que les portions les plus dangereuses soient modifiées avant le retour du championnat sur cette piste, en théorie prévu pour le début de la saison 2022 même si le calendrier n'a pas encore été annoncé.

"S'ils ne refont pas la piste, au minimum dans les deux premiers secteurs, on ne reviendra pas", a prévenu Joan Mir, favorable à une solution plus radicale : "Il y a différents types d'asphalte sur cette piste et ce n'est pas très bon. Je pense que la meilleure solution serait de refaire toute la surface mais c'est très coûteux."

Takaaki Nakagami a précisé que la décision finale "revient au circuit" mais il affiche la même détermination que le Champion du monde 2020 : "De notre côté, le MotoGP a dit que si la surface n'est pas refaite, on ne revient pas", a annoncé le Japonais.

Aleix Espargaró a précisé qu'il était prévu que l'asphalte soit refait dans l'essentiel des deux premiers secteurs : "Ils nous ont promis d'au moins refaire la surface des virages 2 au 10. On a demandé plus, mais ils nous ont demandé le minimum pour revenir l'an prochain et nous étions tous d'accord pour dire que c'était d'avant le virage 2 jusqu'à la fin du virage 10, qui est la pire section de la piste parce qu'il y a une grosse bosse à la sortie du [virage] 2 mais aussi dans le 10 et le 6. C'est très mauvais."

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