Petrucci sauve les meubles mais KTM "n'a pas encore la solution"

KTM a encore du chemin à faire pour être l'un des prétendants réguliers au podium en course. Reste qu'au Mans, sur un tracé qu'il apprécie et avec des conditions humides dans lesquelles il brille régulièrement, Danilo Petrucci s'en est rapproché.

Petrucci sauve les meubles mais KTM "n'a pas encore la solution"

Cinquième à l'arrivée du Grand Prix de France, au Mans, le week-end dernier, Danilo Petrucci a comme il l'espérait lancé sa saison d'un point de vue mathématique, en réalisant son meilleur bilan comptable depuis le début de la saison.

Décidemment à l'aise sur le tracé manceau, où le week-end avait pourtant bien mal commencé au point de faire se demander à son équipe si la solution pour inverser la tendance pourrait être trouvée à temps pour la course, le pilote italien a ainsi ramené 11 de ses 16 points 2021. Il se trouve désormais au seizième rang du championnat du monde des pilotes, ex-æquo avec Marc Márquez, qui a manqué les deux premières manches de la saison au Qatar ; manches dont Petrucci était lui-même revenu avec un double résultat vierge.

À l'arrivée, c'est donc le soulagement qui faisait rayonner le visage de Petrucci, qui a par ailleurs pu prouver une nouvelle fois qu'au-delà de son aisance sur ce tracé en particulier, il demeure l'un des plus notables acrobates du plateau MotoGP par temps humide. "C'est toujours un bon endroit pour moi ! Je crois que je suis l'un des seuls pilotes à aimer rouler ici sous la pluie. J'ai aussi été le plus rapide au warm-up, et c'était bien."

"La course a été très dure, on pouvait très facilement faire une erreur. J'ai juste fait une erreur quand j'ai pris la moto en pneus pluie, j'ai un peu élargi mais c'est parce que j'ai perdu l'avant. C'était comme rouler sur la glace. Au final, j'ai réussi à faire une bonne course. Malheureusement, la piste a séché très vite", regrette celui qui n'aurait pas été contre une course humide plus durablement après le changement de moto du sixième tour. "Pendant quelque temps, je me suis dit que j'allais pouvoir monter sur le podium pour la quatrième année de suite ici, mais je suis très content de ce résultat. Être le premier KTM, c'est un bon résultat pour nous." 

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Car la comparaison vient aussi forcément de là. Avec un Brad Binder 11e au général avec la machine de l'équipe factory et un Lecuona (neuvième à l'arrivée) qui a montré de belles choses tout au long du week-end manceau sur l'autre Tech3 au point de faire dire à son patron Hervé Poncharal que l'on "retrouvait l'Iker" attendu, Petrucci savait qu'il fallait marquer le coup.

"Je voulais vraiment obtenir un bon résultat ici car c'est l'un de mes endroits préférés et c'est aussi la course à domicile de mon équipe", souligne le pilote italien, vainqueur l'an dernier au Mans, mais aussi au Mugello, où le MotoGP se rendra la semaine prochaine. "Je suis très content pour l'équipe. On travaille dur, il est clair que l'on se trouve dans une situation difficile d'un point de vue technique, mais toute l'équipe travaille très dur pur résoudre ce problème. La prochaine course sera au Mugello, et j'y ai gagné la dernière fois qu'on s'y est rendu. Ce sera très dur cette année avec la ligne droite, mais je pense que j'ai de bons souvenirs et de bonnes aptitudes au Mugello." 

KTM se cherche encore

En tant que constructeur, effectivement, KTM compte sur son pilote d'expérience italien : les performances de l'équipe d'usine emmenée par Binder et Oliveira sont pour l'heure bien décevantes, et avec son résultat de ce week-end, l'équipe satellite Tech3 vient tout juste de dépasser Avintia au général : pas là où souhaite se trouver l'ambitieuse structure autrichienne, qui s'était habituée à des progrès notables ces dernières années. Au tableau des constructeurs, KTM, avant-dernier avec 38 points, ne devance Aprilia que d'une unité, mais reste dans le sillage mathématique de Suzuki, troisième avec 53 points. Reste que la différence entre KTM et Suzuki actuellement est que la marque japonaise peine à convertir son bon rythme en résultats, tandis que KTM recherche encore la manière de faire fonctionner sa machine sur tous types de circuits.

"Dès que je suis monté sur cette moto, j'ai senti quelque chose d'assez différent et j'ai essayé de le résoudre de nombreuses façons. Malheureusement, j'ai vraiment eu très peu de possibilités de rouler avec la moto, à part au Qatar pour les tests", poursuit Petrucci, concentré sur le reste de la saison. "Malheureusement, je suis plus lourd que les autres pilotes donc le transfert de masse est beaucoup plus important, et il me faut un plus grand empattement pour remédier à ça. Mais on perd du temps dans d'autres portions du circuit. Je peux dire qu'en ce moment, on voit assez clairement quel est le problème, surtout dans la dernière partie du freinage. On n'a pas encore la solution pour y remédier. En termes de réglages, avec la direction qu'on a prise, on est à la limite, on ne peut pas faire plus. C'est vraiment quelque chose de structurel, et comme je l'ai dit il y a aussi d'autres choses à faire." Car il n'y aura pas de la pluie sur toutes les épreuves estivales pour sauver Petrucci et son employeur.

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