Pneus, freins, Márquez maîtrise tous les outils avant la fin de saison

Lors de la dernière manche en Aragón, Marc Márquez a de nouveau fait étal du contrôle parfait de sa machine, et s'avance vers la dernière partie du championnat en pleine confiance.

Une fois de plus, l'aisance de Marc Márquez au guidon de sa RC213V aura fait mouche sur le circuit de MotorLand Aragón. Vainqueur de son cinquième succès de l'année, ce qui en fait pour l'heure le pilote le plus prolifique de la saison, le Catalan en a profité pour reprendre les rênes du championnat, avec 16 points d'avance sur Andrea Dovizioso, avec qui il était à égalité avant cette 14e épreuve de l'année. 

Contrairement à l'Italien, mais aussi à son autre rival de chez Yamaha, Maverick Viñales (ce dernier relégué désormais à 28 points), Márquez a su faire preuve d'une remarquable constance, quelles que soient les conditions, sur l'ensemble du week-end espagnol.

Alors oui, il y a bien eu un petit bémol avec cette chute en qualifications, mais la marge du numéro 93 dans la province de Teruel était telle qu'il n'a fallu à celui-ci que la moitié de la course pour renouer avec les sommets.

Le pilote Honda s'est même fendu de quelques "expérimentations" au freinage, comme lorsqu'il a failli faire coup double en passant Valentino Rossi et Jorge Lorenzo avant de tirer tout droit au virage 12.

Márquez en pleine confiance

En somme, c'est un pilote en pleine confiance qui a été vu à l’œuvre il y a une petite quinzaine de jours en Espagne. On est en effet loin du Champion du monde en titre en difficulté du début de saison, lorsque celui-ci avait chuté à deux reprises en course, en Argentine et en France.

Des chutes, il y en a bien sûr eu d'autres par la suite, mais toujours lors des essais libres, là où l'impact comptable est finalement nul. De l'aveu même de l'intéressé, ces accidents seraient la conséquence directe de sa volonté d'appréhender les limites, de sa machine et de la piste, pour ensuite afficher un potentiel optimal le dimanche. 

L'infléchissement de la courbe de résultats de l'Espagnol semble concomitante avec l'introduction par Michelin d'une nouvelle carcasse du pneu avant plus rigide, au Mugello début juin. Plus sûre, cette solution proposée par le manufacturier français a selon Márquez joué un rôle non négligeable sur la réduction du nombre de chutes constatées depuis lors. "Depuis que nous avons changé la carcasse à l'avant, il semble déjà qu'on a moins de chutes durant les week-ends, et c'est vrai pour tous les pilotes du MotoGP", a-t-il ainsi expliqué lors du dernier Grand Prix.

Pourtant, cette nouvelle carcasse a nécessité du côté de la marque à l'aile dorée une période d'adaptation qui lui a fait perdre un temps pied au championnat alors qu'à l'inverse, Ducati tirait profit à plein de cette nouvelle donne pneumatique. 

Un plus long délai d'adaptation

"Bien sûr Ducati a fait un pas en avant, mais nous avons pris un peu plus de temps à bien comprendre [son fonctionnement]", admet le triple Champion du monde. "Au final, vous pouvez avoir la meilleure moto, mais vous devez aussi adapter celle-ci aux pneus. L'équilibre de la moto et son réglage sont plus difficiles en raison des pneus."

Mais ce n'était finalement que reculer pour mieux sauter pour l'Ibère, qui après trois courses, entre le Mugello et Assen, à avoir laissé filer ses adversaires au championnat, a trouvé le déclic à partir du Sachsenring, lieu habituel de domination pour le numéro 93. "Bien sûr la carcasse plus rigide m'a procuré un peu plus de feeling, le feedback est meilleur", reprend-il. "Mais sur certaines courses je me suis mieux senti, sur d'autres non. Je pense cependant que cela aide tout le monde d'avoir plus de sécurité et d'être plus compétitif."

Inarêttable depuis l'été

Passée la manche allemande du calendrier, la trêve estivale et les essais menés courant juillet en République Tchèque ont été déterminants dans l'adaptation de l'Espagnol. "Quand nous avons essayé cette carcasse, nous étions encore sur les mêmes réglages que lors de la première partie de saison", relate-t-il. "Et ensuite nous avons commencé à changer, à nous adapter. Lors de la trêve estivale, lors des essais à Brno, et depuis nous avons un peu plus compris, et à présent la situation semble plus claire pour nous. Maintenant, quand nous arrivons sur une piste, en fonction du tracé, des virages, nous savons comment régler la moto plus rapidement."

Il n'y a qu'à voir ses résultats lors des dernières courses pour se convaincre de sa progression fulgurante : en comptant l'Allemagne, ce dernier s'est imposé à quatre reprises en six manches, ne devant s'incliner dans sa lutte face à Dovizioso que dans le dernier virage du dernier tour en Autriche, et tirer un trait sur ses chances de succès en Angleterre en raison d'une casse moteur.

La différence est flagrante, quand on sait que Márquez ne s'était imposé qu'une seule fois lors des huit premières échéances, sur un autre circuit où il a ses habitudes de victoires : Austin.

Passage réussi aux disques de freins en carbone

Si le pilote Honda se sent mieux avec les gommes Michelin, cela vient peut-être également de sa meilleure compréhension du fonctionnement du couple freins-pneus. À cet égard le passage, déjà partiellement amorcé l'an passé, à des disques de freins en carbone plutôt qu'en acier, semble se montrer payant.

"Pour ma part, j'ai commencé à l'utiliser l'an dernier lors de quelques séances d'essais libres. Mais en particulier je l'avais utilisé lors de la course en Malaisie", révèle Márquez. "Je suis très sensible avec les freins sur l'avant, et je freine très tard et très fort. Le problème avec les disques en acier, c'est que ce n'est pas constant. Sur un point de freinage vous ressentez cela, sur un autre vous ressentez ceci."

Un problème qui a été éradiqué à force d'un travail en étroite collaboration avec les équipes de chez Brembo. "Ensuite nous avons commencé à discuter avec les techniciens de chez Brembo ainsi qu'avec mon équipe", poursuit-il. "Car bien sûr vous avez besoin de vous adapter, car les freins en carbone sont moins sensibles, et plus difficiles à comprendre. Mais ils sont aussi plus constants. Mais quand vous comprenez [le comportement des disques de frein en carbone], vous êtes alors capables de garder ce même feeling lors de toutes les courses."

Avec un tel feeling lors des prochaines courses outre-mer, qui promettent d'être décisives dans l'attribution du titre, les adversaires de Márquez auront intérêt à se montrer à l'aise en toutes circonstances s'ils veulent entretenir l'espoir d'un éventuel sacre.

 
Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries MotoGP
Pilotes Marc Márquez
Équipes Repsol Honda Team
Type d'article Actualités