Pol Espargaró contraint de tout réapprendre après 4 mois d'arrêt

De multiples blessures dans un accident survenu dès les premiers essais du Grand Prix qui lançait le championnat ont mis Pol Espargaró longuement sur la touche. L'Espagnol affiche toutefois une volonté de fer et se réhabitue peu à peu à la KTM et à la vitesse des MotoGP.

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Épargné par les chutes et les pépins techniques lors des deux Grands Prix qu'il vient de réaliser, Pol Espargaró a pu mettre un maximum à profit le temps de piste offert par le programme et a vu l'arrivée des quatre courses, de quoi lui permettre d'engranger les kilomètres et de relancer la machine. Son absence pendant quatre mois et demi après le grave accident dont il a été victime dès l'ouverture de la saison l'oblige néanmoins à tout reprendre à zéro depuis qu'il a fait son retour en piste, début août à Silverstone.

"Je me réadapte à une nouvelle moto par rapport à la pré-saison", expliquait-il pendant le week-end autrichien. "J'ai été rapide pendant la pré-saison, mais la moto est désormais complètement différente. J'ai donc deux boulots à faire : comprendre à nouveau la moto et retrouver ma vitesse normale. Et puis, ces deux dernières années je courais avec un autre constructeur. Disons que je suis pas mal occupé !"

Il lui faut notamment réhabituer son cerveau aux références très singulières du MotoGP, avec des machines qui dépassent les 300 km/h à chaque tour et dont la puissance ne se retrouve dans aucune autre moto pouvant être utilisée pour l'entraînement.

"Quand j'entre dans un virage, je me dis chaque fois que je pourrais faire un peu mieux", pestait-il, perfectionniste, au Red Bull Ring. Après avoir dû dépasser la peur d'un nouvel accident en Angleterre, l'effort mental restait très important en Autriche. "Même si c'est mieux que le week-end dernier, parfois je me dis que je vais freiner à tel endroit et mon cerveau freine plus tôt. Je réalise que je freine un plus tôt que ce que je m'attendais à faire ou que ce que je voulais faire." Un décalage qui a valu au pilote Tech3 une pénalité pendant le GP d'Autriche, après qu'il a involontairement gêné Marc Márquez lors des essais.

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Pol Espargaró s'accroche, mais il doit encore soigner un nerf.

Retrouver sa vitesse normale passe aussi, bien sûr, par sa condition physique, d'autant qu'un nerf entre son cou et son épaule gauche continue de lui poser problème. "Les médecins ne savent pas quand les nerfs seront remis. Ça semble progresser d'un millimètre tous les deux ou trois jours", a expliqué Espargaró. "Ça va prendre encore un peu de temps, mais même comme ça, j'ai livré des performances qui n'étaient pas trop mauvaises ce week-end. J'ai devancé un pilote GasGas et un pilote KTM dans la course de dimanche, et au sprint, là où il faut juste pousser de façon agressive pendant une moitié de course, j'ai été très proche de Miller, alors ça n'était pas mal du tout."

S'endormir en rêvant de battre Binder

Pol Espargaró sait bien qu'il lui faut avancer pas à pas et sa première référence est logiquement son coéquipier, le rookie Augusto Fernández. "Pour le moment, il est mon objectif. C'est sûr que je ne peux pas viser Binder pour le moment : dans tout le groupe Pierer Mobility, Brad est à un autre niveau. Par contre, je crois que je vais pouvoir rivaliser avec Jack − peut-être pas encore, mais dans un avenir proche. C'est mon objectif, d'essayer d'être avec lui."

Au cours du week-end de Spielberg, Espargaró n'était finalement pas si loin de Miller : l'Australien ne l'a devancé que de quatre dixièmes et demi au sprint et le #44 l'a dépassé dans le dernier tour de la course longue, quand il était très en difficulté, pour ne finalement perdre sa place qu'après une pénalité.

"Il faut que je continue de m'améliorer et, d'ici quelques courses, je pourrai peut-être regarder du côté de Brad, mais pour le moment il est trop loin, il est trop rapide", a souligné Espargaró, qui regarde néanmoins les données du Sud-Africain "à chaque fin de séance". Et il est admiratif : "Il freine comme un animal ! Il freine tellement tard, tout en arrivant à contrôler la moto de manière très précise. Il freine très tard, mais il peut aussi emmener une bonne vitesse à l'intérieur des virages."

"Et puis, la manière dont il fait bouger la moto, dont il maîtrise les changements de direction… Je suis encore faible dans les changements de direction, en particulier de la droite vers la gauche parce que tout le côté gauche de mon corps est beaucoup trop faible. Chaque fois qu'il y a un virage à gauche, je perds pas mal de performance."

"J'ai encore pas mal de marge, mais c'est bien de rester toujours motivé en regardant les plus rapides et de s'endormir en rêvant de celui qu'on veut battre", a-t-il ajouté dans un sourire. Et Pol Espargaró est sûrement le meilleur pour se motiver, "ça vient" et il ne compte pas s'arrêter là.

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