Pol Espargaró : "Les courses passent et ma frustration grandit"

Visiblement perdu, Pol Espargaró ne cesse de déplorer les mêmes difficultés douloureuses au guidon de la Honda. Après un Grand Prix d'Autriche à nouveau décevant, son équipe assure vouloir "travailler avec lui" afin de régler le problème.

Pol Espargaró : "Les courses passent et ma frustration grandit"

Pol Espargaró a vécu un calvaire lors des deux courses disputées à Spielberg. Alors qu'il y a un an il y brillait sur ce circuit, à la fois en qualifications en plaçant la KTM en pole position pour la première fois, puis en course, en se battant pour la victoire jusque dans les derniers mètres, cette fois le pilote espagnol n'était plus que l'ombre de lui-même au guidon de la Honda. Ses difficultés à s'y adapter et le recul de performance de la moto depuis l'été dernier ne sont un secret pour personne, mais la situation semble s'enliser pour la recrue 2021, alors même que Marc Márquez parvient peu à peu à remonter la pente.

Qualifié 11e pour le deuxième Grand Prix sur place, Espargaró est rapidement descendu à la 17e place lorsque le départ de la course a été donné. Il avait réussi à faire un retour timide dans les points quand la pluie est arrivée, ce qui lui a dans un premier temps servi puisque le jeu des arrêts au stand l'a fait remonter au huitième rang… avant de dégringoler à la 16e position. En cause, son propre arrêt survenu trois tours trop tard et alors que l'arrivée était en vue. "Une incompréhension avec l'équipe", se contentera-t-il de préciser du bout des lèvres.

Le fond du problème, lui, est inchangé et son explication similaire à celle de la semaine précédente : "Je n'ai pas de grip arrière, je patine en ligne droite, je n'accélère pas, je ne peux pas freiner tard, je ne peux pas stopper la moto là où je le voudrais." En quête de traction sur la RC213V, Espargaró se sent ébranlé dans la manière de piloter qui lui est propre et il apparaît perdu. "Mon style de pilotage est basé sur le grip arrière, en particulier en entrée de virage où j'utilise le frein arrière, or je ne peux pas appliquer ce que j'ai l'habitude de faire et c'est dur, c'est difficile. C'est comme réapprendre à tout faire et c'est un peu douloureux."

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Comment peut-il espérer résoudre ses problèmes ? "Je n'en ai aucune idée. On a essayé différentes choses sur la moto depuis le Qatar, comme différents réglages. Parfois c'est mieux, ça dépend du circuit, parfois moins bien, mais on n'est clairement pas là où l'on veut être, je suis très en difficulté chaque week-end et je ne sais pas quoi faire", se lamente-t-il. "C'est un travail d'équipe. On essaye tous d'améliorer la situation en changeant les réglages et tout le reste. Parfois c'est mieux, mais en course, avec la gomme Dunlop [déposée par les courses Moto2 et Moto3], l'adhérence diminue, je perds beaucoup de temps et je ne suis pas performant. Donc je ne sais pas quoi dire, quoi faire."

"Évidemment, tout le monde travaille dur, mais les résultats ne viennent pas et les courses passent et ma frustration grandit parce que je ne peux pas piloter comme je le voudrais. Je sais que Honda essaie, on essaye tous ici, on ne baisse pas les bras. Mais comme je l'ai dit, c'est un peu douloureux parce que c'est un endroit que j'aime et où je suis rapide. J'y ai fait la pole l'année dernière et je me suis battu pour la victoire dans les deux courses, alors être désormais aussi loin sur la grille et compte tenu des sensations dont je me souviens ici, c'est douloureux."

Si le binôme Espargaró-Honda semble dans l'impasse, son équipe semble vouloir se saisir du problème. "La compréhension entre Pol Espargaró et sa moto est un point négatif", admet Alberto Puig sans détour. "Il est loin de son potentiel, et il manque le potentiel de la moto. Il souffre et nous devons travailler avec lui pour surmonter cette situation."

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