Désabusé, Pol Espargaró ne comprend pas son manque de constance

Un Pol Espargaró perdu s'interroge d'un manque de régularité dans le comportement de sa Honda. Ses espoirs de podium à Losail se sont probablement envolés avec des qualifications décevantes.

Désabusé, Pol Espargaró ne comprend pas son manque de constance

À l'arrivée du GP du Qatar, son premier avec la Honda, Pol Espargaró affichait sa volonté de se battre pour le podium ce week-end lors du second rendez-vous de Losail, se sentant déjà performant en rythme de course mais reconnaissant être plus en difficulté dans le time attack. Les qualifications du GP de Doha ont confirmé cette faiblesse puisqu'il n'a pas atteint la Q2 pour finir classé au 15e rang samedi, ne devançant que Takaaki Nakagami parmi les pilotes qui disposent d'une Honda.

Espargaró a éprouvé de grandes difficultés à exploiter les pneus en Q1, d'abord avec des gommes "très mauvaises" dans son premier run, puis avec un comportement inattendu dans le second. C'est donc un pilote désabusé qui s'est présenté aux journalistes samedi, sa contre-performance restant un mystère. "J’aimerais pouvoir dire ce qui s’est passé, mais je n’en ai aucune idée", déplorait le Catalan.

"Très honnêtement, il est difficile de dire ce qui m’énerve le plus, je n'ai pas bien contrôlé, le premier pneu que j’ai mis en qualifications était très mauvais, je n’ai même pas pu faire un tour. Je ne pouvais même pas faire des 1'55 moyens. Ensuite, j’ai mis le second pneu et j’ai fait des 1'54,4 mais mes références ont changées, j’ai élargi dans le premier virage et j’ai perdu deux dixièmes. Si j’avais fait un tour différent, j’aurais pu avoir mes chances, mais je ne m’attendais pas à la réaction de la moto avec le second pneu.

"Donc nous ne savons pas ce qui s’est passé, et ça c’est très frustrant pour moi, donc je suis sûr qu’on va se bagarrer en course, on va mettre le pneu de course et on va doubler, comme le week-end dernier, et nous serons bien placés. Mais pourquoi cela s’est passé ainsi et pourquoi Ducati nous a mis plus de deux secondes sur un tour ? Le week-end dernier, ils ont fait 1'52,7 et ils avaient le même rythme que moi, et c’est ça qu’on ne comprend pas : pourquoi ils sont si rapides sur un tour et pourquoi nous avons tant de problèmes. C'est tout."

Lire aussi :

En début de week-end, certains pilotes, dont Espargaró lui-même, se plaignaient des performances des pneus préchauffés, des gommes non-utilisées lors du premier week-end de course et conservées par Michelin dans des couvertures chauffantes. Ces pneus n'ont pas été utilisés par le #44 en qualifications mais il a quand même constaté un manque de régularité dans les performances de chaque pneu, selon lui également existant pour les représentants de marques concurrentes, à l'exception notable de Ducati, qui a placé quatre pilotes sur les deux premières lignes.

"Il y a beaucoup d'inconstance. Je ne sais pas si c’est à cause du pneu ou à cause de la moto. Je ne peux pas donner de réponse car j’ai sans cesse de nouveaux problèmes. Mais oui, [...] avec le premier pneu je n’arrivais pas à rouler dans la fenêtre basse des 1'55 mais ensuite, j'ai fait des chronos dans la fenêtre basse des 1'54, une seconde plus rapide. On dirait que dans le box de [Miguel] Oliveira, ils ont le même problème. Rossi a des problèmes aussi, Viñales a amélioré de 1,5 secondes d’un pneu à l’autre. Mais les Ducati n’ont pas ces problèmes, on dirait qu’ils ne souffrent pas autant que d’autres pilotes."

"Donc est-ce que c’est un problème de pneus, de moto, de stratégie ou de gestion des pneus ? L'inconstance est un fait pour nous et on ne trouve pas les mêmes sensations avec les pneus, c’est pour ça que je dis qu’il nous faut un point de départ à partir duquel il sera plus facile de comprendre notre problème. Mais à l’heure qu’il est, je ne comprends rien, donc c’est important."

L'inconstance subie par Pol Espargaró et surtout son incapacité à trouver une solution commencent visiblement à miner son moral. Dans le box, son chef mécanicien Ramón Aurín a donné l'impression de vouloir le calmer, mais l'accumulation des difficultés et des erreurs empêchent le pilote d'aborder les séances avec sérénité.

"C’est difficile d’être calme lors d’un week-end de course, tout le monde est compétitif et veut être le plus rapide. En fin de compte c’est une course. Je suis le premier qui me pousse, personne d’autre va me pousser autant que je le fais moi, et je sais que parfois, je deviens trop frustré et je pousse trop fort comme je l’ai fait [en qualifications et vendredi], par exemple. J’ai fait beaucoup d’erreurs, mais ce que je ressens en ce moment, c’est qu’il y a beaucoup de changements d’une séance à une autre, d’un pneu à un autre, donc pour moi c’est très difficile de me dire 'Voici le package standard', 'voici la moto standard', 'voici l’adhérence standard'."

"Pour partir d’un point défini et travailler à partir de là, tout était très facile dans les tests. J’ai commencé, on a travaillé les réglages et les pneus, tout allait bien, j’ai établi une moto standard. Mais maintenant, on dirait que l’on a pas ce point de départ, et on a commencé a partir dans tous les sens sans changer quoi que ce soit avec la moto."

"Toute l’équipe est en train de se donner à fond, et nous voulons changer la moto pour l’améliorer et c’est pourquoi je suis perdu, parce qu'en ce moment, je ne sais pas quel est le problème avec la moto ou avec le pilote. Je peux être plus rapide, par exemple de trois dixièmes sur un tour parfait. On est très loin du haut du tableau, une seconde plus lent, c’est trop."

Lire aussi :

Le clan Honda a souvent semblé perdu depuis qu'il est privé de Marc Márquez, référence de la marque et seul homme à avoir fait gagner la RC213V depuis le dernier succès de Cal Crutchlow, en Argentine en 2018. La situation sera-t-elle plus claire lorsque le sextuple Champion du MotoGP fera son retour sur les Grands Prix ? Rien n'est moins sûr selon Espargaró.

"J’aimerais dire oui, mais je ne sais pas. J’ai parlé avec l’équipe et ils m’ont dit que l’année dernière, la différence entre Marc [Márquez] et Taka [Nakagami] n’était pas très grande. C’est sûr que Márquez faisait toujours la différence, mais ils m’ont dit que Taka était fort aussi, Bradl avait beaucoup de problèmes, donc j’aimerais voir quelqu'un aller une seconde plus vite que moi par tour, pour me filer une claque et me dire 'D’accord, tu peux le faire'."

"Mais en ce moment, nous n’avons pas ça et on est tous dans les mêmes chronos, en train de souffrir des mêmes problèmes. Et ça ne nous facilite pas la tâche, mais je suis sûr à 99% que [...] lors de la course, ce sera différent. Et ça aussi, ça m’énerve. Le week-end dernier, nous étions très loin d’un tour rapide et ensuite on était à dix sur un rythme de course. Donc c’est à se demander ce qui se passe."

Avec Marc Michon

partages
commentaires

Related video

Depuis la 3e ligne, les Suzuki auront un œil sur Viñales
Article précédent

Depuis la 3e ligne, les Suzuki auront un œil sur Viñales

Article suivant

Course - Quartararo et Zarco offrent à la France son premier doublé !

Course - Quartararo et Zarco offrent à la France son premier doublé !
Charger les commentaires