Ponsson : "Ce que j'ai vécu, personne ne peut le comprendre"

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Ponsson :
Par : Léna Buffa
10 sept. 2018 à 08:51

Son arrivée dans le paddock MotoGP a beaucoup fait parler et Ponsson a assuré l'essentiel pour calmer les critiques, en réalisant un week-end propre et en progressant tout au long de ces trois jours au guidon de la Ducati GP16.

L.B., Misano - Christophe Ponsson arrivait à Misano pour réaliser un rêve et il aurait pu tourner au cauchemar compte tenu de l'ambiance tendue dans laquelle il a été accueilli. Nombreux ont été les pilotes et autres observateurs à exprimer leur surprise de voir un pilote intégrer l'élite mondiale et prendre le guidon de la machine la plus aboutie qui soit sans compter aucune expérience précédente d'une moto de ce calibre. 

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Le Français, qui s'était dit lui-même très étonné de recevoir cette invitation, a réussi à ne pas se laisser déconcentrer par ce qu'il aurait pu prendre pour de l'hostilité personnelle, et il en a surpris beaucoup, cette fois en piste : entré dans la limite des 107% durant la deuxième séance, il a réussi à se qualifier puis à boucler l'intégralité de la course, et ce sans jamais chuter du week-end. Si ses chronos ont été un temps calés sur ceux des Moto2, il a progressé au point qu'en course il n'était plus qu'à deux dixièmes de son temps de qualifications.

Ponsson aura donc tiré le maximum possible de cette expérience, qui avait tout d'un cadeau empoisonné. Sauf contrordre, il est prévu qu'il conserve ce guidon en Aragón, la semaine prochaine, où il pourra cette fois tenter de capitaliser sur son expérience. En attendant, il a livré son sentiment à Motorsport.com à l'arrivée de la course. 

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Quel bilan dresses-tu de cette course ? Tu as l'air fatigué…

Oui, c'est normal. Le week-end a été très long, sur la piste et en dehors. C'est la première fois que je fais autant de tours. Vingt-sept tours de course, c'est vraiment très long, et d'autant plus avec ces motos-là qui sont si rigides, si dures, avec ces pneus, les freins en carbone… Forcément, même si je suis généralement bien sur ma moto, ici c'est autre chose. Donc, je suis fatigué mais j'ai pu terminer la course, c'est au moins quelque chose.

Tu n'es pas tombé du week-end et tu as été au bout de la course, c'est déjà beaucoup compte tenu du fait que tu débutais.

Ne pas tomber, c'est bien parce que tomber c'est aussi perdre du temps et perdre un peu de confiance. La confiance, j'en ai cherché tout le week-end avec les pneus, avec la moto, la rigidité de la moto, donc si j'étais tombé j'aurais fait un pas en avant pour en faire trois en arrière. En plus, j'ai compris plusieurs choses pendant la course, ça m'a servi. Ce n'était pas vraiment une course pour moi, plus une longue séance. J'ai essayé d'adapter mon pilotage au début, avec le plein d'essence, puis avec les pneus qui se sont usés et avec le réservoir plus vide. Dans mon dernier tour, le 27e, j'étais à cinq dixièmes de mon temps de qualifications, donc j'en retire du positif.

Tomber c'est aussi trouver la limite. Tu as le sentiment que tu étais encore loin de la limite de ta moto ?

Oui. Après, je ne suis pas quelqu'un qui tombe beaucoup. Il y a deux-trois fois samedi, où je ne suis pas tombé mais je n'en étais pas bien loin alors que j'essayais de comprendre des choses. Le week-end est tellement court que j'ai essayé d'avancer et de faire des choses différentes tour après tour pour passer un step et, forcément, à certains moments on a une réaction de la moto qui est très différente du tour d'avant. Donc je ne suis pas tombé, mais je n'en étais pas bien loin.

Tu as forcément entendu les craintes exprimées par les autres pilotes quant à ta participation à ce Grand Prix. Tu comprends qu'ils aient été inquiets de te voir disputer ce Grand Prix sans avoir fait de test et sans expérience du MotoGP ?

Forcément, moi le premier j'aurais bien aimé monter sur la moto avant le week-end de course. Découvrir la moto sur un test, c'est beaucoup plus facile et il n'y a aucun des pilotes de cette grille a découvert une MotoGP pendant un week-end de course, donc ce que j'ai vécu ce week-end, personne ne peut le comprendre. Eux, ils sont à fond, ils sont dans leur championnat, et à la fin de ce championnat, ils ont fait des tests il y a 15 jours. Moi je découvre tout, alors ils peuvent critiquer… Les pilotes, ils ont leur mot à dire parce qu'ils sont sur la piste avec moi, mais les journalistes ou les autres si c'est si simple qu'ils montent sur la moto.

Beaucoup de pilotes ne t'ont pas critiqué personnellement, mais se sont plutôt dit inquiets que le règlement puisse permettre un tel remplacement. Tu les comprends maintenant que tu as expérimenté une MotoGP ?

Oui, je peux comprendre, mais j'apprends au plus mauvais des moments. C'est au système de changer. Moi, je rentre dans la classification et je peux faire la course.

Quelle est la suite pour toi ?

Aragón, normalement. Déjà, je n'aurai pas besoin de découvrir la moto le vendredi, ce qui sera beaucoup moins une perte de temps. Je saurai comment ça freine, comment ça accélère et quelles sont les réactions des pneus, donc je vais pouvoir essayer de me rapprocher plus tôt. 

 
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À propos de cet article

Séries MotoGP
Événement GP de Saint-Marin
Catégorie Course
Lieu Misano
Pilotes Christophe Ponsson
Équipes Avintia Racing
Auteur Léna Buffa
Type d'article Interview